‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 102 sur 147 · M. LE DOCTEUR POLAILLON · texte numérisé non relu

M. LE DOCTEUR POLAILLON

a. FRACTURE DE L'EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DE L'HUMÉRUS. — Moule

plâtré. — Dans ces fractures, situées plus ou moins près de l'articulation de l'épaule, il est toujours extrêmement difficile de maintenir la coaptation : quelquefois on est obligé de se contenter d'une coaptation incomplète, et même dans ce cas la difficulté d'immobiliser l'épaule et par suite le fragment supérieur retarde la consolidation et expose à la formation d'une pseudarthrose.

Pour atteindre le but de maintenir les fragments immobiles, M. Polaillon façonne, avec plusieurs doubles de tarlatane trempée dans du plâtre liquide, une sorte de large attelle qui recouvre l'épaule jusqu'au cou, la moitié externe du bras et qui passe sous le coude, celui-ci étant maintenu dans la position fléchie ; — au bout de quelques instants, on obtient par la solidification du plâtre un moule exact des parties à contenir. Lorsque ce moule est complètement sec, on l'applique sur les parties dont il a pris l'empreinte, après avoir préalablement recouvert ce dernier d'une épaisse couche d'ouate. On le fixe au bras et au coude au. moyen d'une bande roulée et on le fixe au tronc au moyen d'une bande qui passe obliquement sur l'épaule du côté malade, sous l'aisselledu côtésain, qui revient sur l'épaule malade, etc., en décrivant ainsi des doloires qui embrassent d'abord le tronc et le bras pour s'arrêter au-dessous du coude; un coussin est placé entre le bras fracturé et le côté correspondant de la poitrine.

b. fracture de la clavicule. — Moule plâtré. — C'est encore au même moyen que M. Polaillon donne la préférence pour les fractures (partie moyenne) de la clavicule. La plupart de ces nom-

(1) 1870. Chirurgien du Bureau central; — 1873, Maternité-Cochin. u

576 HOPITAL DE LA MATERNITÉ-COCIILV — LE DOCTEUR POLAILLON. breux appareils (croix de fer, corset de Brasdor, glossocome de Dauvergne) (fîg. 504) qui ont été imaginés pour cette variété de frac-

Fig. 504. — Le bras est fixé à la partie inférieure du glossocome, et, par conséquent, fait l'effet du bandage de Desault ou mieux de la ceinture et du bracelet de Boyer. La crosse du glossocome est fortement abaissée, son coussin à air est même un peu désempli (Dauvergne).

ture sont ou bien compliqués ou bien assez mal supportés par les malades; — on parvient du reste à maintenir la coaptation exacte des fragments, avec bien moins de gêne pour les malades, à l'aide des appareils moulés. Ainsi l'appareil de Demarquay (1) agit non-seulement par le ressort dont il est muni, mais aussi en moulant exactement les deux épaules et la base du cou avec une plaque de cuir bouilli : M. Lesueur (2) d'autre part recouvre la région d'un plastron de gulta-pereha de plusieurs centimètres d'épaisseur, qui se moule sur la partie supérieure de la poitrine et des épaules.

La gutla-percha, après avoir été ramollie, adhère naturellement à la peau et est maintenue au moyen d'un bandage -de Desault ou de courroies; — mais c'est à l'appareil moulé en plâtre que M. Pool Voy. service de Demarquay.

(2) Lesueur, Revue médico-chirurgicaiè, 1852.

laillon a plutôt recours. — Après avoir réduit une fracture, Ilubenthal eut l'idée de couler du plâtre sur la région claviculaire ; il dit avoir obtenu ainsi une guérison sans difformité. Au lieu d'employer le plâtre seul, il est préférable d'imbiber de sa bouillie liquide un linge usé ou une pièce de tarlatane repliée en plusieurs doubles ; avant que le plâtre soit pris, on recouvre la partie supérieure du bras, l'épaule, la région claviculaire, le haut de la poitrine et du dos et la partie correspondante du cou avec le linge ou la tarlatane bien imbibée. On obtient ainsi un moule qui par son contact exact avec toutes les parties qu'il recouvre maintient l'immobilité des fragments. Il va sans dire que ce moule doit être fixé à la poitrine par des tours de bande et que le bras doit être immobilisé.

c. fracture du maxillaire inférieur. — Suture avec fils d'argent. — Lorsqu'il y a impossibilité de maintenir les fragments par d'autres moyens tels que (la fronde ordinaire, l'appareil de Morel- Lavallée ou l'ingénieuse fronde du professeur Bouisson (fig. 505),

Fig. 505. — Appareil de Bouisson pour les fractures du maxillaire inférieur. Fronde appliquée.

Les chefs B, C, se distinguent de ceux des frondes en cuir ordinaires par l'addition d'une partie élastique, représentée par une série de petits ressorts à boudins ou par des cordelettes en caoutchouc enveloppées et assujetties par de l'étoffe plissée et extensible. Des lanières en cuir prolongent les extrémités de la fronde et sont percées de trous pour graduer à volonté l'appareil (Bouisson, Tribut à la chirurgie, t. II).

M. Polaillon fait la suture osseuse avec un ou deux fils d'argent bien recuit, suffisamment minces et malléables. Dans ces cas le perforateur de Bérenger-Feraud, qui n'est autre (Gaujot et Spilîmann)

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