‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 108 sur 147 · HOPITAL DE LA MATERNITÉ- COCHIN. — LE DOCTEUR POLAILLON · texte numérisé non relu

HOPITAL DE LA MATERNITÉ- COCHIN. — LE DOCTEUR POLAILLON

convenable. Chez un homme de 23 ans qui présentait une plaie transversale-dorsale de la main, il y avait section des tendons extenseurs de l'index, du médius et de l'annulaire. Il fit la suture métallique et, malgré un phlegmon suppuré de l'avant-bras qu; ne se termina pas par exfoliation, le malade sortit trois mois et dem. après en étendant à volonté les doigts.

Voici comment il agit : les bouts supérieurs s'étant rétractés, il incisa, pour les rapprocher, de bas en haut la peau et le ligament annulaire dorsal du carpe, dans l'étendue de 3 centimètres: — avivement, sutures avec fils d'argent; l'un des chefs fut coupé au-dessus de la torsion et l'autre amené au dehors. Il insiste sur l'application d'un épais bandage ouaté.

d. plaie du cou (transversale). — S'abstenir de suture, flexion forcée de la tête sur la poitrine. — Dans les plaies cervicales superficielles ou profondes, le mieux est de ne pas pratiquer de suture ou tout au moins de suture complète : l'indication est de combattre les accidents primitifs, puis consécutifs, et de mettre la tête dans une posi-

Fig. 516. — Baiidage du ce u pour flexion forcée de la tête.

lion telle que les lèvres de la plaie soient naturellement le plus rapprochées possible, à l'aide du mouchoir en cravate passant sur le sommet de la tête et la forçant de rester fléchie (fîg. 516).

M. DE SAINT-GERMAIN (1

a. ophthalmie purulente. — Lavages continus. — Crayon de Desmarres. — M. de Saint-Germain insiste sur les irrigations répétées un grand nombre de fois dans la journée en ayant la précaution d'écarter les paupières à l'aide d'élévateurs : elles devront être faites avec le plus grand soin, de façon à éviter de mouiller les enfants si sujets aux bronchites : deux éponges placées sous les yeux au moment de chaque irrigation empêchent le liquide de couler sur le corps et évitent tout refroidissement. Ces irrigations peuvent être pratiquées de trois façons :

Ou bien par le procédé de Chassaignac (entonnoir se terminant par unbec fin muni d'un robinet et laissant couler l'eau à volonté), toile cirée pour éviter de trop mouiller le malade;

Ou bien par le procédé de Desmarres (canule à double jet en Y s'adaptant a un irrigateur quelconque) ;

Ou bien à l'aide de Yirrigateur de Margouillès (de Londres) (fig. 517), composé d'une poire en caoutchouc à laquelle s'adapte un tuyau bifurqué supportant deux coquilles ou œillères, C,C. Le liquide revient par le conduit.

Il emploie également, à l'exemple de M. Guéniot, le crayon de Desmarres (composé de nitrate de potasse et de nitrate d'argent à parties égales), qui a le grand avantage de ne porter sa cautérisation que sur le point touché sans fuser au delà : il ne pratique cette cautérisation qu'une seule fois par jour sur la face interne des paupières, ou tout au plus deux fois si l'inflammation est portée à son summum d'intensité. — Cette cautérisation est immédiatement

(1) 1865, chirurgien du Bureau central. — 1867, hôpital Cochin, chirurgien adjoint de la Maternité. — 1872, hôpital Saint-Antoine et Enfants-Malades.

M. DE SAINT-GERMAIN

suivie d'une injection "d'eau tiède. — Éviter, surtout si la cornée est déjà altérée et ramollie, de la toucher avec le crayon. — A cause

Fig. 517. — Appareil de Margouil/ès Fig. 518. — Cathétérisme par le point

pour irrigations oculaires.

C, C, deux coquilles ou œillères; A, A, robinets du récipient; BD, conduit pour l'échap pement de l'eau.

lacrymal inférieur incisé (Galezowski).

de l'indocilité de ces petits malades il faut au moins deux aides pour les maintenir, car, pour avoir chance d'efficacité, ce traitement doit être fait d'une façon complète.

b. cataracte siliqueuse. — Extraction linéaire. Deux temps. — 1er temps : fixation de l'œil avec la pique de Pamard; — introduction du couteau lancéolaire dans la chambre antérieure par le côté temporal de la cornée; il retire le couteau brusquement. 2° temps : il va saisir la cataracte avec la petite pince courbe à crochet ou avec la pince à trois branches, l'ébranlé légèrement pour en rompre les adhérences et l'extrait par la petite plaie cornéenne.

c. tumeur et fistule du sac lacrymal. — Dilatation. — M . de Saint-Germain applique souvent la dilatation par les voies naturelles à l'aide du procédé de Méjean, modifié par Bowman. — 11 incise d'abord le conduit lacrymal inférieur en introduisant par le point

correspondant l'extrémité boutonnée d'une des branches des ciseaux employés à cet elfet; puis il dilate le canal en se servant des sondes en argent flexible de Bowman : il laisse la sonde en place (fig. 518) pendant trois ou quatre minutes et a soin de commencer la dilatation par le numéro le moins élevé, c'est-à-dire celui dont le volume ne dépasse pas la grosseur d'un crin assez fort.

a. coxalgie. — Immobilisation. — Cautérisation. — Appareil spécial. — Pour obtenir l'immobilisation de la jointure, l'appareil de Bonnet est très-bon ; mais chez les enfants il n'est guère applicable à cause des difficultés qu'il y a à maintenir les malades dans un état de propreté suffisante. M. de Saint-Germain préfère l'apppareil suivant : il applique tout le long de la face externe du membre malade une grande attelle dépassant la hanche en haut et descendant plus bas que le pied correspondant: de la ouate matelassant toutes les parties du corps, il fixe cette attelle au bassin, d'une part, par plusieurs tours de bande silicatée, et à toute la longueur du membre, d'autre part, également par une bande de même nature. Cet appareil est d'une extrême simplicité; il a le grand avantage de revenir bien moins cher que la gouttière de Bonnet et se confectionne avec facilité. On laisse les malades environ deux mois et demi à trois mois dans l'immobilité absolue et on ne néglige pas en même temps le traitement général.

S'il existe des abcès ossifluents, il attend un peu pour en revenir à l'immobilisation : avec un cautère pointu chauffé au rouge il pratique une ou deux ponctions profondes, perforant même le grand trochanler, et qui, tout en modifiant le foyer de suppuration, donnent lieu à des trajets fistuleux par où le pus s'écoule librement : ce n'est que lorsque ces accidents inflammatoires et de suppuration se sont calmés qu'il pense à immobiliser la jointure.

L'appareil de Mathieu, dont il s'est souvent servi, est destiné (fig. 519) à supporter le poids du corps pendant la station et par suite à épargner aux surfaces articulaires des pressions douloureuses à l'aide de deux tuteurs à béquilles F, F qui donnent un point d'appui aux aisselles et soutiennent le tronc.

Dans la séance du 24 janvier 1877, M. de Saint-Germain a mis sous les yeux de la Société de chirurgie un appareil quia été construit sur ses indications par M. Monlon et qui a pour objet de permettre aux enfants atteints de coxalgie de marcher et de porter les membres

malades dans la flexion, l'abduction, la rotation en dehors, quand ils sont arrivés à cette période de la maladie où le séjour dans la

Fig. 519. — Appareil mécanique contentif de Mathieu, pour le traitement de la coxalgie.

A, Cuissard embrassant le membre" malade ;

B, double coulisse à crémaillère que l'on peut faire glisser l'une sur l'autre. Au moyen de la clef C. D, cuissard embrassant le membre sain ; E, ceinture pour maintenir les hanches et le bassin ; F, F, tuteurs à béquilles articulés de chaque côté au niveau de la ceinture, avec des montants fémoraux.

Fig. 520.

- Appareil de J. Guérin pour la l/ioracocentèse.

gouttière de Bonnet ou dans les appareils inamovibles n'est plus nécessaire.

Il se compose d'une ceinture pelvienne sur laquelle s'adaptent, au niveau du grand trochanter, trois roues à engrenage.

La première a pour objet de porter le membre inférieur de l'adduction dans l'abduction.

La seconde est destinée à obtenir la rotation en dehors et à cor-

riger la position en sens contraire, à savoir la rotation en dedans.

La troisième fait obtenir l'extension graduelle de la cuisse sur le bassin. Enfin un verrou permet de mobiliser ou d'immobiliser l'articulation coxo-fémorale, en même temps qu'une crémaillère donne la facilité d'allonger le membre à volonté.

b. abcès par congestion. — Appareil de J. Guérin. — Appareil Dieulafoy. — Avant l'emploi, si fréquent aujourd'hui, de la seringue aspiratrice M. de Saint-Germain faisait usage de l'appareil Guérin pour vider les abcès par congestion qui menacent de s'ouvrir tout seuls. Cet appareil simple, commode et sûr (fig. 520), se compose d'un trocart plat (Gaujot et Spillmann) : a pointe de la flamme A est assez effilée pour traverser la peau et les muscles : la canule légèrement courbe, près de son bec, est percée en ce point d'un grand nombre de trous pour permettre le passage du liquide. La canule est munie d'un robinet C, et d'une rondelle D, sur laquelle se fixe une pompe munie d'un robinet à doublé effet (système Charrière) (fig. 521) afin de permettre alternativement le double effet de l'aspiration et de l'évacuation. — Il emploie surtout au-

Fig. 521. Robinet à

jourd'hui la seringue aspiratrice, qui est moins 'double effet de

Compliquée. - Charrière.

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