‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 122 sur 147 · GALANTE · texte numérisé non relu

GALANTE

Fig. 582. — Serre-nœud de Wilde, pour l'écrasement des polypes.

M. S. Duplay pour l'exploration des profondeurs de Toreille. A l'aide de ce bon instrument il est facile d'examiner] directement les

(I) Voyez service de M. le Dr Duplay.

affections du nez et de porter des topiques sur les ulcères syphilitiques ou autres.

Pratiquer l'excision. — La tête du malade étant fortement fléchie en arrière et l'orifice nasal étant dilaté et éclairé par les deux moyens précédents, on commence par explorer la cavité et par se rendre compte du volume, du nombre et du point d'implantation des polypes, en engageant le patient à faire du côté atteint des expirations brusques par lesquelles le myxome se déplace et apparaît avec tous ses caractères : le chirurgien introduit alors dans le spéculum et jusqu'au polype l'extrémité ou anse du polypotome de Wilde (fig. 581 et 582), qui n'est autre chose qu'un petit serre-nœud de M. Maisonneuve, seulement coudé, ou bien le même instrument modifié par S.Duplay (fig. 583) et muni de trois anneaux, un termi-

Fig. 583. — Polypotome de Wilde modifié par S. Duplaij.

nal (pouce) et deux latéraux (index, médius) qui permettent de le manœuvrer aisément avec une seule main. Une poulie de renvoi que M. S. Duplay a fait ajouter à cet instrument facilite le glissement du fil de fer, dont la grosseur est variable. L'anse du fil a été préalablement inclinée selon le degré d'inclinaison du polype, ce dernier s'y engage, grâce à l'expiration brusque que l'on l'ait effectuer au malade, et il se trouve sectionné au niveau de son pédicule par le rapprochement des trois doigts passés dans les anneaux. L'introduction du polypotome est répétée autant de fois qu'il y a de myxomes. Cautérisation avec le chlorure de zinc li-' quide.

Cette opération est délicate et certainement fort ingénieuse, mais elle a, selon nous, l'inconvénient d'être plus compliquée et de nécessiter l'emploi d'instruments spéciaux qu'il est parfois difficile de se procurer ; aussi je crois que, dans bien des cas, il est plus si mple et tout aussi efficace d'avoir recours à la méthode classique et peut-être routinière, que nous voyons sans cesse appliquer dans les hôpitaux, que nous avons appliquée nous-même bon nombre de fois et qui consiste à saisir, tordre et arracher le polype avec une pince à anneaux à mors plats. Quoi qu'on en dise, cette méthode est peu douloureuse, ne donne pas lieu, en général, à un écoulement de sang trèsconsidérable et l'hémorrhagie du reste s'arrête facilement : elle n'est jamais suivie d'inflammation bien marquée et le mouvement de torsion imprimé aux pinces (petites et légèrement coudées de M. S. Duplay) suffit à enlever le pédicule dans toute sa longueur. Mais, me dira-t-on, vous vous exposez à saisir soit la muqueuse, soit un cornet. En suivant la manœuvre qu'indique M.Tillaux,il est impossible que cet accident arrive : on introduit les pinces fermées, dont on ouvre les mors au milieu de la cavité nasale, on engage le malade à faire une expiration brusque et, le polype s'étant engagé de lui-même entre les mors de l'instrument, il ne reste plus qu'à le tordre, mais sans avoir aucune chance de léser ni la muqueuse ni l'un des cornets. Je le répète, c'est là une méthode excellente et qu'on emploiera encore longtemps, car bien des praticiens seraient fort embarrassés si on les obligeait à enlever un myxome avec le polypotome de Wilde.

b. tumeur et fistule lacrymale. — Méthode de Bowmann. — Cautérisation. — Il ne pratique pas la ponction du sac et n'emploie par

Fig. 584. — Canule de Dupuytren. Fig. 585. — Mandrin de Dupuytren.

ROBERT ET COLLIN

Fig. 586. — Clou de Scarpa. Fig. 587. — Clou de Richet.

conséquent ni la canule de Dupuytren avec son mandrin (fig. 584 et 585) , ni le clou de Scarpa ou de Richet (fig. 586 et 587). Tumeurs et fistules lacrymales sont traitées par M. F. Terrier de la manière

LE DOCTEUR F. TERRIER

650 HOSPICE DE BICETRE.

suivante. Il commence par débrider le point lacrymal inférieur avec

le petit couteau de de Gisefe et introduit le stylet cannelé de B w-

Fig. 588. — Stylet de Bowrnann.

marin (fi g. 588) : si aucune amélioration ne se produit, section du canal lacrymo-nasalavec le couteau deWeber (fig. 589), petit scalpel

Fig. 580. — Couteau de Weber.

très-mince dont la pointe est remplacée par un bouton qui lui permet de traverser le conduit à la façon d'une sonde : lorsque celte pointe est arrivée dans le sac, il suffît de relever perpendiculairement l'instrument, le trancbant en haut, pour diviser la paroi supérieure du conduit : il pratique ensuite le calbélérisme ou bien emploie le lacrymotome caché de M. Giraud-Teulon (fig. 590), suivi de cautérisations avec le nitrate d'argent coulé dans

Fig. 590. — Lacrymotome de Giraud-Teulun.

la cannelure de la sonde de Bowrnann (fig. 591) ou avec la sonde rougie au feu pour modifier l'intérieur du sac : on reprend ensuite le calbélérisme avec les sondes de Bowrnann. Le lacmnolome de

Fig. 591. — Sonde cannelée de Bowrnann.

Giraud-Teulon se compose d'une tige cannelée montée sur un manche: une lame tranchante glisse dans la lige cannelée sous l'impulsion d'un bouton placé sur le manche : la lame doit faire une saillie suffisante | our couper taule l'épaisseur du canal, y compris la muqueuse. RI. F. Terrier emploie également les injections aluminées pratiquées à l'aide d'un des calhélères creux de Bowrnann ou. de la sonde île Weber portant un ajutage sur lequel se visse une

seringue d'Anel ou de Pravaz (fig. 592). Il préfère de beaucoup ce

Fig. 592. — Sonde de Weber, munie d'un ajutage, pour les injections.

moyen à la cautérisation faite, comme le veut Desmarres, au moyen d'une sonde creuse (1) portée dans le canal nasal par l'ouverture

Fig. 593. — Érigne et bistouris de Fig. 59 i. — Porte-ligature et serre- Bonnafont. nœud de Bonna font.

B, érigne double; C, bistouri droit; D;E, bistouri, à tranchant concave.

du sac: dans ce cas la sonde, qui est graduée, donne passage à un (1) Voyez le service de M. le docteur Marc Sée.

HOSPICE DE BICÉTRE.

LE DOCTEUR F. TERRIER

porte-causlique également gradué dont la cuvette est remplie de nitrate d'argent. Ce chirurgien croit que la perméabilité du canal lacrymal peut parfaitement se rétablir et que l'obstruction permanente n'est pas toujours le résultat de cette affection, comme le pensent certains autres chirurgiens.

c. polype de l'oreille. — Polypotome de Wilde. — L'excision pra-

Fig. 595. — Spéculum de Toynbee.

tiquée avec l'érigne B et les bistouris C, D, E de Bonnafont (fig. 593)

donne lieu toujours à un certain écoulement de sang : aussi M. F. Terrier préfère-l-il la ligature; l'instrument de Bonnafont (fig. 594) lui paraît trop compliqué, aussi conseille-t-il à cet effet de recourir aux mêmes temps que pour les myxomes des fosses nasales. — Emploi du spéculum de Toynbee et du miroir monté sur les branches d'une paire de lunettes. Toynbee a donné à l'extrémité tubulaire de son spéculum ({\g. 595) une forme ovalaire plus convenable que la forme ronde puisque la coupe du conduit auditif externe est ovalaire et non pas eircuaire. Il est indispensable de disposer de spéculums de divers diamètres (1, 2, 3) car les dimensions du conduit auditif externe ne sont pas identiques chez tous les sujets. — Emploi du petit serre-noeud, dit polypotome de Wilde, dont l'anse métallique est inclinée suivant la disposition, le volume et la prolinèaire fondeur du polype.

On peut également se servir à cet effet

Fig.596.

de Gurrigou-Desarènes

du petit écraseur de Garrigou dont l'anse A est conduite jusqu'à la

base du. polype (fig. 596). On procède alors lentement à la section de celui-ci en tournant le volant F sans exercer aucune traction avec l'écraseur. L'opération, une fois le polype saisi, dure de 20 à 30 secondes. On est averti que le polype est coupé (1) quand le volant tourne sans difficulté. M. F. Terrier préfère se servir du polypotome de Wilde modifié par M. S. Duplay.

d. otite. — Incision sur V ajophy se mastoïde. — Dans l'otite suppurée qui s'accompagne brusquement de douleurs très-vives dans l'oreille et la tête, et de gonflement du côté de l'apophyse mastoïde avec fièvre et surdité ne laissant aucun doute sur la propagation aux cellules mastoïdiennes, il fait (quand bien même il n'y a pas d'apparence de suppuration extérieure) une incision de 5 à 6 centimètres, selon le conseil de Wilde, sur l'apophyse mastoïde : cette incision intéresse tous les tissus jusqu'au périoste, mais sans dénuder le squelette de la région. En même temps il pratique dans l'oreille, dont la suppuration a détruit la membrane du tympan, des injections d'alun et fait des cautérisations iodées. A la suite de ce débridement qu'il a pratiqué sur un malade de l'Hôtel-Dieu, les phénomènes inflammatoires et douloureux qui avaient résisté aux antiphlogistiques répétés, et aux narcotiques, s'amendèrent et le malade put recouvrer même un certain degré d'audition.

e. cancer de la langue. — Ecra&eur linéaire. — Il fait usage suivant la'nature, l'étendue et les limites du néoplasme, soit de l'écraseur linéaire, soit du bistouri, soit du thermo-cautère. Il a pratiqué, dans le cas de cancer inopérable, la ligature de la linguale dite atrophiante; mais il n'a vu survenir ultérieurement aucune modification heureuse du côté de la masse morbide. Dans une ligature de ce genre qu'il vient de pratiquer, ilafait remarquera quelle profondeur considérable (6 cent.) il afallu pénétrer pour trouver le vaisseau : ce n'est pas dans le triangle formé par les deux ventres du digastrique et le nerf grand hypoglosse qu'il va lier l'artère, mais bien en dehors, au moment où elle s'engage sous le muscle hyoglosse. Un phénomène physiologique intéressant, qui eut lieu dans ce cas, fut l'anémie extrêmement prononcée qui se manifesta dans le côté de la langue correspondant à la ligature. Cette opération, en pareille circonstance, n'est donc guère indiquée que dans le cas d'hémorrhagie répétée.

(1) Garrigou, Gaz. des hôpitaux, p. 578. 18G6.

HOSPICE DE BICETRE.

LE DOCTEUR F. TERRIER

a. ulcères variqueux. — Pansement à l'alcool. — Elévation du membre. — Repos. — Compression ouatée. — Ce chirurgien attache une grande importance au repos le plus absolu et à l'élévation du membre placé dans le hamac dont se sert M. Cusco (1). Le système des nœuds coulants qui correspondent aux cordons fixés aux quatre angles du hamac permet d'élever ou d'abaisser le membre à volonté et (Je lui donner l'inclinaison désirable. A cette suspension il joint un pansement modificateur : il emploie souvent la charpie trempée dans l'alcool presque pur. Enfin il fait également usage pour les ulcères variqueux de la compression ouatée.

£. ulcères atoniques. — Emplâtre de Vigo. — Dans les ulcères de celte nature dont les borJs sont durs et épais, et pour les engorgements scrofuleux et syphilitiques, M. F. Terrier fait usage de l'emplâtre de Vigo qu'il regarde plutôt comme un modificateur excitant que comme un résolutif d'une activité bien grande. Il l'emploie en cuirasse que Ton forme par des bandelettes superposées et imbriquées comme le diachylon. 11 prescrit aux sujets scrofuleux la bière, dont l'administration lui a paru être mieux supportée, dans certains cas, que les autres boissons alcooliques.

Page 1