BUREAU CENTRAL. — LE DOCTEUR J. LUCAS CHAMPIONN1ÈRE
l'attirail du pansement antiseptique, qu'il y a grand avantage à faire le Lister incomplet. 11 a employé aussi, comme ce chirurgien, une autre substance antiseptique, Yacide borique en solution, pour laver les plaies ou pour humecter les pièces de pansement (4 p. 100). Il est persuadé en un mot que, chaque fois que l'on se rapproche de la méthode antiseptique, on voit les résultats s'améliorer, et ce n'est pas là, pour lui, une médiocre preuve à l'appui de sa haute valeur, pour les cas où elle est appliquée dans toute sa perfection.
b. fièvre traumatique. ■ — Les pansements antiseptiques la induisent à un minimum. — Dans sa thèse de concours {De la fièvre traumatique, 1872) ce chirurgien s'est attaché à démontrer qu'il existe bien une fièvre traumatique distincte de l'infection purulente et des autres complications fébriles. Son étude en est rendue plus facile par l'emploi du thermomètre qui permet de la mesurer. Pour lui la théorie qui consiste à démontrer que la fièvre traumatique est le résultat d'introduction de substances septiques dans les vaisseaux, n'est rien moins que démontrée : il pense que c'est une fièvre de réaction, résultat de l'action locale sur l'organisme tout entier par l'intermédiaire du système nerveux. Peu importe, les conséquences thérapeutiques sont les mêmes : comme cette fièvre est d'autant plus intense que les phénomènes d'irritation locale sont plus prononcés et les parties à éliminer plus considérables, il conseille comme moyens propre à l'éviter ou au moins à en attéuuer l'intensité, les pansements antiseptiques du professeur Lister ou de M. A. Gnérin. •
c. plate de la paume de la main. — Recherche des bouts des vaisseaux, emploi de la bande d'Esmarch. — Partisan de la ligature dans la plaie des bouts artériels divisés qui fournissent des hémorrhagies si embarrassantes, il croit avec raison que la recherche de ces extrémités vasculaires est singulièrement facilitée par l'application de la bande d'Esmarch; il a employé plusieurs fois ce mo} en, comme bien d'autres chirurgiens, et avec succès.
a. coxalgie. — Résection. — Dans les coxalgies suppurées avec fistules anciennes, il est partisan de la resection lorsqu'on a épuisé les autres moyens classiques, pourvu qu'on n'attende pas trop long- , temps, la temporisation n'ayant d'autres résultats que de laisser succomber les malades dans le marasme, et l'élimination spontanée des parties lésées étant un phénomène infiniment rare. Le panse-
ment de Lister est encore une sûreté de plus pour la guérisonfife ces opérés. Il est d'autant plus enclin vers l'intervention qu'il a souvent vu des chirurgiens anglais, qui ont une si grande expérience de cette opération, la considérer comme de peu de gravité en elle-même. 11 est difficile de dire s'ils en abusent, ce qui a pu être vrai pour quelques-uns, mais à coup sûr ils en ont des résultats fort remarquables et qu'il faut en grande partie attribuer a ce qu'ils n'attendent pas aussi longtemps que nous. Il faut reconnaître aussi que le nombre prodigieux de tumeurs blanches que l'on observe dans certaines villes d'Angleterre leur donne l'occasion d'agir infiniment plus souvent que nous ne pourrions le faire.
b. emploi de la GUTTA-PERCHA. — Pied -bot. — Redressement des ankyloses. — M. L. Ghampionnière emploie souvent les gouttières en gutta-percha, soit pour maintenir les pieds-bots, préalablement ténotomisés, soit pour maintenir les membres dont il a opéré le redressement pour ankylose vicieuse ou consolidation vicieuse.
C. INDICATIONS TIRÉES DES LOCALISATIONS CÉRÉBRALES POUR LA TRÉ- PANATION du grane. — Méthode opératoire précise. — A propos d'un cas de trépanation du crâne faite par lui à la fin de 1874 à Lariboisière et suivie de succès, M. L. Championnière a lu à la Société de chirurgie (1) un travail sur les indications tirées des localisations cérébrales pour la trépanation crânienne.
L'homme en question, âgé de 26 ans, à la suite d'un traumatisme (instrument contondant) présente les traces d'un coup au niveau de la bosse pariétale gauche, avec paralysie du bras droit (mouvement), aphasie et difficulté de la déglutition. Accidents épileptiformes sans mouvements dans la partie paralysée ; le septième jour trépanation au niveau de la bosse pariétale. Un foyer de fracture est trouvé en avant; — une couronne 1/2; — une esquille fichée dans la dure mère est extraite avec peine. Disparition de la paralysie 4 jours après et de l'aphasie le quatorzième jour; — guérison complète. — Emploi de là méthode de Lister incomplète. C'est là un exemple de paralysie traumatique immédiate sans lésion d'excitation, telle qu'on en a observé dans certaines expériences physiologiques.
En étudiant non unpoint du cerveau, mais les régions du cerveau et les régions crâniennes correspondantes, M. L. Championnière a été amené à proposer pour la trépanation, dans des cas semblables, une méthode opératoire facile et sûre ; sur le cerveau il est facile de voir que l'espace occupé par les circonvolutions qui contiennent
(1) J. L. Championnière, Bull, de la Soc. chir., 14 février 1877.