BUREAU CENTRAL.— LE DOCTEUR J. LUCAS CHAMPIONNIÈRE
notre tarlatane fine est toute préparée (imprégnée de résine et de paraffine mélangée d'acide phénique) : elle cède l'acide phénique qui se volatilise peu à peu surtout au contact des corps chauds. Le mackintosh ou imperméable, coloré en rose, est une étoffe de colon mince et souple revêtue d'une couche de caoutchouc mince, mais bien résistante et pouvant facilement se chiffonner sans se casser. Voici comment on les applique par-dessus le protective :
On prend quelques fragments de gaze antiseptique, on les trempe dans la solution faible, et ils sont directement placés sur le protective : la dernière pièce principale du pansement se compose de huit feuilles de gaze superposées, et entre la septième et la huitième feuille se place l'imperméable ou mackintosh avec la surface lisse tournée vers la plaie. Ce pansement doit couvrir une étendue assez considérable au delà de la plaie, la dépasser largement. Enfin le pansement est fixé en place à l'aide de bandes de gaze antiseptique.
Ligatures de catgut. — Lister emploie, pour faire les ligatures, une substance qui, ne jouant pas le rôle de corps étranger, s'unit avec les tissus, contracte avec eux une sorte d'intimité et finit par se résorber: celte substance est le catgut, vulgairement boyau de chat, corde à boyau, corde à violon, fabriqué avec des intestins de mouton, il est trempé dans l'huile phéniquée. La ligature se fait comme avec le autres fils connus, seulement le lien est coupé court et abandonné. Keilb les emploie même pour les ovariolomies et sans accident : M. Polaillon et moi en avons fait usage dans les mêmes circonstances.
Drainage. — Les liquides doivent toujours et en tout point s'écouler facilement au dehors ; aussi, bien que Lister pratique la réunion immédiate, il ne fait jamais un pansement sans tubes de Chassaignac, comme il les appelle : il ne fait pas passer une anse d'un point à un autre, il introduit un tube assez volumineux debout dans l'ouverture et assez long pour se terminer juste au ras de la plaie (fig. 625) ; à l'extrémité externe sont fixés deux fils destinés aie retenir et à le tirer au dehors à chaque pansement. Ils sont préalablement trempés dans l'eau phéniquée forte.
Pour les introduire ainsi debout, dans les trajets, il se sert d'un instrument appelé pince à fistule (fig. 626), pince à pansement trèsétroite. 11 emploie aussi les réunions profondes avec un fil d'argent passé profondément et en faisant usage, comme Lister, de deux plaques de plomb.
Pour les pansements ultérieurs (le premier au bout d« 24 heure?,
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les autres plus rarement), découvrir la plaie en prenant les mêmes précautions pour l'atmosphère, les mains, les instruments.
Fig. 625. — Drain préparé pour être mis en place.
Pour les trajets fistuleux anciens Lister emploie, à l'exemple de Volkmann, de Halle, le chlorure de zinc en injections au 1/10°
Fig. 626. — Pince à fistule.
après avoir ramoné les trajets et les avoir débarrassés de leurs granulations ou fongosités avec la cuillère tranchante de Volkmann
Fig. 627. — Cuillère tranchante de Volkmann (demi-grandeur).
(fig. 627) (cupules d'acier étroites de formes diverses et à bords tranchants).
M. L. Championnière pense, lorsqu'on ne peut se procurer tout
Gillette. — Chirurgie journ. 45