‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 139 sur 147 · EMPLOI DU CAUTÈRE PAQUELIN · texte numérisé non relu

EMPLOI DU CAUTÈRE PAQUELIN

Irisant par première intention. Tel est le résultat de mes expériences sur les lapins. » Sur les lapins, c'est possible ; mais, malgré toute la sympathie que nous avons pour cet instrument, nous doutons que

'Fig. 628. — Cautères Paquelin. — A, cautère cylindro-conique. — B, petits couteaux pour les opérations délicates (trachéotomie). — C, pointe à ignipuncture. — D, pointe très-fine pour les tumeurs érectiles.

sur l'homme on obtienne, avec son emploi, des réunions par première intention, car toute plaie produite par le feu donne inévitablement des eschares, quelque minces qu'elles soient.

M. Paquelin a bien voulu nous communiquer les figures de certaines espèces de cautère, imaginées par lui et qui ne sont pas encore connues : on voit par là qu'on pourra les varier à l'infini. Ce sont :

1° Pour l'ensemble des figures 628 : le cautère cylindro-conique A

fl!

ijk

Fig. 629. — Cautères Paquelin. — A, cautère courbe à grand diamètre transversal pour l'utérus. — B, cautère courbe à petit diamètre transversal (polype naso-pharyngien) .

Fig. 630. — Cautère Paquelin. — Ciseaux droits et courbes dont une lame est en acier et s'applique à froid.

de petits couteaux pour les opérations délicates telles que la tra-

chéotomie (B), le cautère pointu (C) à ignipuncture, le caulère à extrémité encore plus pointue (D) pour le traitement des tumeurs érectiles ; les cautères courbes à grand diamètre transversal (fig. 629 A), pour agir sur le col utérin, à petit diamètre transversal (B) pour les polypes naso-pharyngiens, enfin les ciseaux (fig. 630) droits et courbes (pour les tumeurs pédiculées et les hémorrhoïdes) dont une lame est en acier et peut s'appliquer à froid.

a. arthrite suppurée de l'épaule. — Resection de la tête /minérale. — Dans bien des scapulalgîes suppurées,il est permis d'espérer, on peut même obtenir une guérison, et cela surtout chez les enfants, sans opération : mais dans beaucoup d'autres cas, la suppuration fournie par les os nécrosés est telle que l'économie, déjà épuisée par une affection à marche lente, ne peut plus résister et ne tarde pas à succomber à l'hecticité. En pareil cas, il est impossible de compter sur l'élimination spontanée et on serait blâmable si on s'en tenait à l'expectation. Il faut de toute nécessité intervenir afin de de tarir la source du pus et de chercher à rendre au malade un membre utile, en un mot, faire de la vraie chirurgie conservatrice.

Chloroformisation. — Pour pratiquer cette resection, M. Gillette préfère le procédé de Langenbeck et de Malgaigne qui découvre bien mieux la tête humérale que les incisions externe ou postérieure dans lesquelles on est gêné par la présence de la saillie acromiale. — Incision verticale de 15 centimètres environ faite en avant et en dedans : repousser le tendon de la longue portion du biceps en dedans après avoir incisé toute l'épaisseur du deltoïde : section des brides qui retiennent encore la tête humérale à la cavité glénoïde. — Protéger les parties molles profondes avec une petite attelle; — faire basculer en avant et en dehors l'extrémité humérale, que l'on saisit à l'aide de la pince-davier si commode du Dr Farabeuf (fig. 631 et 632), et la réséquer dans une étendue variable avec celle de la lésion, soit avec la scie à chaîne, soit mieux avec la scie à main. — Tels sont les principaux temps de l'opération. Explorer le vaste cloaque avec le doigt, et s'il reste des fongosités tapissant la cavité glénoïde et la voûte acromio-claviculaire, les ruginer fortement. Établir à la partie postérieure de l'épaule une contre-ouverture par où on fait sortir un gros drain traversant toute cette cavité.

Pendant l'opération, M. Gillette fait usage des pinces hémosla-

Fig. 63t. — Davier à résection, du Dr Farabeuf. Une double articulation permet de saisir les os petits ou volumineux sans fatiguer les doigts.

Fig. G32. — Le même, avec une branche traversufit l'autre cl sans double articulation.

tiques appliquées sur les artères qui donnent et retirées au bout de quelques minutes sans avoir besoin de faire aucune ligature.

Bourrer l'intérieur de la cavité avec une masse de charpie imbibée d'alcool pur et maintenir l'avant-bras dans la demi-flexion et le bras dans l'immobilité par l'application d'une gouttière plâtrée prenant tout le moignon de l'épaule et descendant jusqu'au poignet. Ne lever l'appareil qu'au bout de trois jours : puis laver la cavité avec l'alcool pur et panser avec la charpie trempée dans un mélange à parties égales d'alcool et de glycérine neutre. Surveiller l'appareil plâtré de peur qu'il n'exerce une trop forte compression sur quelque point du corps; n'enlever le drain qu'au bout d'un mois.

M. Gillette a présenté à la Société de chirurgie un homme de 54 ans (1) opéré par lui par ce procédé et chez lequel le résultat avait été très-satisfaisant. Tous les mouvements se passaient dans l'omoplate3 celui d'abduction était seul limité. 11 soulevait des fardeaux lourds.

b. tumeur de la mâchoire inférieure. — Resection partielle du maxillaire. — Emploi du thermo cautère Paquelin. — Usage de la sonde de Blandin et de la scie à main. — M. Gillette emploie le thermo- cautère pour sectionner les parties molles. Voici comment dans la resection partielle du maxillaire inférieur (parties molles envahies également) il a réglé l'opération dans un cas d'épithélioma enlevé par lui chez un homme de 68 ans (2).

Premier temps. — Circonscription de la tumeur (parties molles) par le thermo-cautère. — Dans ce temps veillera ce que le couteau soit constamment chauffé au rouge sombre ; n'intéresser lamuqueuse buccale et gingivale que dans les derniers moments pour éviter l'effusion du sang dans l'arrière-gorge, si toutefois elle vient à se produire.

Deuxième temps. — Section du maxillaire. — Division de la muqueuse buccale. — Pour pratiquer cette resection, M. Gillette préfère de beaucoup se servir, au lieu de la scie à chaîne, de la sonde de Blandin. (fig. 633) et de la scie à main. Il introduit rapidement cette sonde (bien commode dans les resections), pour la partie postérieure de bas en haut, pour la partie antérieure de haut en bas (après avoir enlevé les deux dents correspondantes) derrière le corps de l'os et le

(1) Gillette, Présentation de malade. Bull, de la Société de chir., 10 janvier 1877.

(2) Gillette, De l'emploi du thermo-cautère dans l'ablation des tumeurs {Société de médecine de Paris, 26 août 1876).

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LE DOCTEUR P. GILLETTE

sectionne facilement avec une petite scie à main. Il ne communique de cette façon aucun ébranlement à la mâchoire.

Troisième temps. . — Pédiculisation de la tumeur. — Emploi de Vécraseur. — Ces deux premiers temps ont pour effet de pédiculiser la masse qui ne tient que par sa partie profonde au plancher de la

Fig. 633. — Sonde à resection de Blandin. À, articulation permettant des mouvements de flexion.

bouche : il passe alors une anse d'écrasé ur derrière les sections osseuses et termine l'opération sans écoulement sanguin notable. Préalablement, avoir soin d'attirer et de fixer la langue hors de la bouche avec un fil pour éviter la rétraction et par suite l'asphyxie. Les deux figures (fig. 634 et 635) représentent la tumeur enlevée, vue d'un côté par sa face externe, de l'autre par sa face interne.

c. resection du maxillaire supérieur. — Procédé de Nélaton. — C'est le procédé de Nélaton côtoyant le rebord orbilaire pour suivre le sillon naso-génien qu'applique M. Gillette : il se sert de la scie à chaîne pour sectionner le pont osseux malaire (Qg. 636), et de la pince de Liston pour couper l'apophyse montante et la voûte palatine.

d. coxalgie. — Appareil de Bouvier. — L'appareil en cuir moulé de Bouvier (fig. 637 et 638) lui parait très-commode pour la coxalgie ne s'accompagnant pas de fistule ou d'abcès. Il immobilise presque aussi bien que l'appareil de Bonnet et ne condamne pas tout le corps à une immobilité des plus absolues.

e. corps étranger du genou. — Opération de Desault. — M. Gillette ne saurait vulgariser cette méthode et préconiser dans tous les cas de ce genre l'extraction directe du corps étranger, ce qui peut exposer à des accidents dont on a plus d'un fois enregistré les funestes ré-

sultats dans la science. Toutefois l'opération de Goyrand d'Aix qui

uifcu

Fig. 634. — Cancer (épithetioma) de la région maxillaire inférieure {face externe).

met incontestablement à l'abri de ces accidents est loin d'être tou-

Fig. 635. — Même tumeur vue par sa face interne.

jours facile, et nous voyons dans bon nombre d'observations l'opérateur qui avait d'abord pour but de faire préalablement passer le

Fig. 636. — Resection du maxillaire supérieur.

l'ig. 637. — Appareil contentif de Bon nev pour le traitement de la coLlS C , Vulves ouvertes ayant l'application.

Fis. 638. — Appareil contenté f de Bouvier pour le traitement de la coxalgie.

C, Valves fermées après l'application.

corps étranger dans le tissu cellulaire sous-cutané, y renoncer par suite de ses nombreuses tentatives infructueuses, abandonner le corps dans l'article, ou terminer par l'extraction directe.

Desault, Spruyt, Velpeau, Huguier ont eu des exemples de succès à la suite d'extraction en un seul temps : aussi M. Gillette pense que, dans certains cas, les précautions minutieuses dont on doit s'entourer pendant le cours de l'opération, et celles qui sont relatives au pansement immédiat, influent beaucoup sur le résultat.

La grande rapidité avec laquelle il faut opérer en ayant soin de faire maintenir le corps étranger bien fixe en place, la formation d'un pli cutané fortement accentué à la base duquel l'incision est faite, la compression méthodique et continue du genou pendant tout le temps par un aide bien à son affaire, l'occlusion immédiate et rapide de la plaie avec le collodion et la baudruche, l'immobilisation immédiate de l'article et sa compression à l'aide d'un appareil ouaté irréprochable, sont autant de précautions dont on doit s'entourer minutieusement, et grâce auxquelles les craintes de l'extraction directe ont été peut-être un peu exagérées par les auteurs.

M. Gillette a opéré l'année dernière (juillet 1876) par cette méthode, à l'Hôpital Temporaire, un fort gaillard de 26 ans, portant depuis longtemps un corps étranger du genou droit représenté ici du côté de sa face convexe et du côté de sa face concave : cartilagineux, il offrait des bosselures multiples et affectait la forme d'une petite carapace de tortue (fig. 639). Le malade n'a eu à la suite de

Fig. 639. — Corps étranger (mobile) du genou droit (faces convexe et concave mamelonnées (grandeur naturelle).

.cette opération aucun accident (pas la moindre douleur); un léger épanchement a seulement persisté un peu longtemps.

Ce succès ajouté à plusieurs autres ne doit pas toutefois nous faire oublier les résultats comparatifs signalés par M. H. Larrey, et nous ne conseillons d'avoir recours à cette méthode que dans des conditions toutes particulières. Le pansement de Lister vient cependant ajouter une chance de plus de sécurité à ce procédé opératoire.

f. OSTÉOSARCOME ARTICULAIRE ET PÉR1-ARTICULAIRE. — Amputer le

plus haut possible ou désarticuler. — Dans un mémoire (15 observations) lu à la Société de chirurgie (1), M. Gillette a appelé l'attention sur les difficultés du diagnostic de cette variété d'ostéosarcome. Il a insisté sur la marche rapide de cette affection, sur son peu de tendance à la suppuration, sa résistance aux divers moyens thérapeutiques, l'exaspération des douleurs par la compression ouatée, la facilité avec laquelle la masse produit l'écartement des deux os au niveau de l'avant-bras et de la jambe, l'intégrité des surfaces articulaires.

La seule opération à tenter est évidemment l'amputation pratiquée le plus loin possible du mal. A propos de cette question, faut- il amputer? faut-il désarticuler? il rappelle, entre autres, un fait bien important -ayant trait à un malade de M. Guyon dont le sarcome était limité à la partie inférieure du fémur, qui subit la désarticulation de la hanche, et chez lequel on trouva un noyau sarcomateux dans la tête fémorale et dans l'épaisseur du grand trochanler.

g. FRACTURES ET LUXATIONS DES PHALANGES. — FRACTURES DU COL

anatomique de l'humérus. — Emploi de la gutla-percha. — Ce chirurgien emploie souvent, dans ces sortes de traumatisme, les gouttières de gutta-percha (2), qui lui paraissent d'une grande commodité et immobilisent facilement la région : il fait fréquent usage aussi des attelles et gouttières plâtrées et silicatées.

h. abcès par congestion. — Ponction aspiratiice. — La méthode aspiratrice par le trocart capillaire permet maintenant d'attaquer les abcès congestifs volumineux sans crainte d'y laisser pénétrer l'air, aussi M. Gillette l'emploie-t-il fréquemment. Il se sert, à cet. égard, soit de l'aspirateur à encoche de M. Dieulafoy à deux robinets et pourvu de trois trocarts et de quatre aiguilles (fig. 640), soit du grand aspirateur horizontal (fig. 641).

a. hernie étranglée. — Kélolomie de bonne heure. — Section des (issus par pincement. — M. Gillette est partisan, comme presque, tous les chirurgiens de notre époque, de la kélotomie hâtive. Dans cette opération, il ne divise pas couche par couche les téguments,

(1) Gillette, De l'ostéosarcome articulaire et péri-art iculaire au point de vue clinique et. des difficultés de son diagnostic (Bull, de ta Soc. de chirurgie, février, 1875).

(2) Voy. le service de M. le Dr Désormeaux.

Fig. 640. — Aspirateur à encoche et à deux robinets du Dr Dieulafoy, muni de

trois irocarts et d'aiguilles.

Fig. 641. — Grand aspirateur du Dr Dieulafoy. Gjliette. — Chirurgie journ.

c'est par transfixion faite à la base d'un pli produit aux dépens de la peau et des tissus sous-jacents, qu'il sectionne les tissus : il agit alors avec le bec de la sonde cannelée jusqu'à ce qu'il soit arrivé sur le sac ; à ce moment, pour éviter de blesser l'intestin, il emploie un moyen qu'il croyait lui appartenir, car il y a recours depuis deux ans, mais qu'il a trouvé formulé tout au long dans une communication de M. Rigaud (1); une fois au voisinage de l'intestin, il abandonne le bistouri et la sonde cannelée, et essaye de faire un léger pli à la surface de la tumeur en la saisissant entre le pouce et l'index; s'il sent au-dessous de ce pli une tumeur globuleuse, c'est qu'il n'est point sur l'intestin; il coupe alors avec la pointe des ciseaux et écarte avec la sonde cannelée ; il recommence pour la coucbe sous-jacente jusqu'à ce qu'au-dessous du pli il perçoive une cavité et non une tumeur globuleuse : il est sûr alors d'être sur le viscère. Ledran et Lawrence avaient également depuis longtemps indiqué cette manière de faire pour éviter de blesser l'intestin.

Les petits débridemenls multiples lui paraissent les meilleurs : au moment où il réduit le viscère, il ne le repousse jamais profondément dans l'abdomen, il le laisse pour ainsi dire à la porte, ce qui évite la propagation de l'inflammation au péritoine pelvien. — S'il y a de l'épiploon, il le laisse à l'extérieur, en pratique la ligature et la mortifie par des applications successives de percblorure de fer. — Usage de l'opium ; — il n'emploie jamais le chloroforme, il n'y a du reste que la section de la peau qui soit très-douloureuse, et comme M. Gillette la pratique par transfixion, la douleur est de courte durée. Il a eu recours une fois à l'opération de J.-L. Petit (kélotomie sans ouverture du sac) et a réussi (Saint-Louis), mais il est en général peu partisan de cette méthode.

b. fistule a l'anus. — Incision suivie de cautérisation. — Ramonage avec le nitrate d'argent. — Ce chirurgien a employé les diverses méthodes qu'on a préconisées dans ces derniers temps, et il est revenu, après ces essais, à l'ancien procédé, qui est plus expéditif et donne d'excellents résultats, à savoir l'incision simple ou suivie, s'il y a lieu, de l'excision des bords indurés et des tissus fongueux qui sont un obstacle à la cicatrisation ultérieure : il y ajoute, comme MM. Verneuil, Duplay, L. Labbé, les cautérisations au fer rouge de la surface cruentée, si ces masses fongueuses sont en quantités trop considérables. L'emploi du thermo-cautère lui a donné cependant de bons résultats et il le préférerait à la ligature élastique des trajets

(1) Rigaud, Bull, de la Soc. c/ttr., 1S75.

qui est très-douloureuse, agit lentement et expose à des accidents nerveux d'une certaine gravité : si on en faisait usage, il conseillerait, à l'exemple de M. Delens, de serrer d'emblée très-fortement le fil, et pour cela d'employer l'artifice décrit par ce dernier chirurgien (I). M. Gillette croit que, pour la thérapeutique de cette affection, les caustiques sont peut-être abandonnés d'une façon trop absolue; aussi a-t-il appliqué, dans certains cas, le moyen employé une fois par A. Forget et qui consiste à fondre une petite quantité de nitrate d'argent dans la rigole d'une sonde cannelée et à cautériser le trajet fisluleux, quelleque soitsa hauteur, dans toute sa longueur et sur tous les points de la surface interne, en faisant éprouver des mouvements de rotation au porle-caustique.

c. rétrécissement du rectum. — Rectotomie linéaire avec le thermocautère. ■■ — Ce procédé lui paraît de beaucoup supérieur à tous les autres. Introduction de la grande valve du spéculum américain écartant fortement la paroi antérieure du rectum, écartement latéral avec deux petites valves en bois, comme celles de Jobert (2) pour l'opération delà fistule vésico-vnginale. Section lente et graduée de toute la paroi postérieure du rectum, depuis l'anus jusqu'au coccyx (longueur variable suivant les cas) avec le couteau galvanique chauffé tout le temps au rouge sombre. Se guider de temps à autre avec le doigt et continuer cette section jusqu'à ce qu'on soit arrivé au rétrécissement, qui est également divisé dans sa partie postérieure. Mèche de glycérine introduite dans l'anus jusqu'au rétrécissement divisé, bandage en T : avoir préalablement débarrassé l'intestin par un purgatif et un lavement; — usage de l'opium par pilules de 1 centigramme (10 ou 15 centigrammes dans les vingtquatre heures), ne faire le premier pansement qu'au bout de trois à quatre jours. Dilatation avec une mèche trempée dans le mélange d'alcool et de glycérine neutre.

d. imperfo'ration anale. — Entérotomie périnéale . Proctoplastie . — Procédé à essayer avant tout autre (méthode de Littre ou de Gai 11sen). Cathétériser l'urèthre, ne point avoir recours au trocart; petit malade couché dans le décubitus dorsal; incision de la racine des bourses au coccyx; recherche de l'ampoule avec la sonde cannelée; se frayer la route à l'aide de la resection du coccyx qui est une excellente ressource ; saisir l'ampoule avec une pince à griffe, l'attirer., la suturer aux lèvres de la plaie cutanée (fig. 642) avec des fils de soie,

(1) Voy. le service de M. le D' Delens.

(2) Voyez le service du professeur Gosselin.

ouvrir l'ampoule; dilater ultérieurement. — M. Gillette a (1) présenté tout récemment à la Société de médecine de Paris un enfant de 6 mois complètement guéri par ce procédé, et chez lequel il n'y

Fig. 642. — Etablissement d'un anus artificiel ; opération terminée.

avait eu ni incontinence dans les premiers jours qui avaient suivi l'opération, ni aucun rétrécissement. La figure 642 représente la suture de l'orifice périnéal.

a. testicule tuberculeux. — Ignipuncture . — Ne pratique la castration qu'en dernière ressource; commence à faire de l'expectation et à combattre les phénomènes inflammatoires. Une fois les abcès formés, M. Gillette a recours à la méthode mise en usage par M. Verneuil (2), et qui consiste à ponctionner ces abcès et en même temps l'intérieur du testicule et de l'épididymè avec le cautère Paquelin le plus effilé ou des cautères pointus chauffés au rouge. Celte ignipuncture répétée plusieurs fois imprime au parenchyme lesticulaire une modification telle, qu'il se ratatine, et reste dans les bourses à l'état de corps inerte privé certainement de fonctions, mais donnant une satisfaction morale au malade.

b. peimosis. — Circoncision de la peau. — Incision de la muqueuse.

(1) Gillette, Imperforation ano-rectale, alrc'sie complète, entérotomie périnéale avec resection (tu coccyx; proctoplustie, gneriso», sans incontinence des matières fécales et sans rétrécissement consécutif; in Ctinique chirurg. des hôpitaux de Paris, p. 309, 1877.

(2) Voy. le service du professeur Verneuil.

— C'est le procédé décrit déjà a propos du service de M. Duplay, que préfère M. Gillette. Resection oblique d'une petite portion de

Fig/643. — Serres-fines, vues sous toutes leurs faces après VopératiorCdu phimosis.

peau seule, de façon à ce qu'après la guérison le gland puisse rester recouvert : incision de la muqueuse et excision de ses angles.

Fig. G44. — Opération du paraphimosis, réduction.

Application d'une couronne de serres-fines (fig. 643) comprenant

peau et muqueuse. Chez un petit garçon qu'il vient d'opérer eQ viiWe il a obtenu la réunion par première intention malgré une hémorrhagie survenue le soir, et qu'il put arrêter en déplaçant deux serres-fines qu'il laissa comme pinces hémostatiques, sans les retirer de peur de perdre le bénéfice de la réunion sans suppuration.

c. paraphimosis. — Réduction. — Ne jamais débrider. — Il suit, à cet égard, la pratique de M. Gosselin (1), et croit que, s'il est impossible de rien obtenir par le taxis, il vaut mieux temporiser. Dans la manœuvre il décrit trois temps, le premier (fi g. 644) qui consiste à malaxer le gland qui est toujours plus ou moins gonflé ; le second a pour but non-seulement d'attirer tout le prépuce en avant en refoulant le gland avec les doigts, mais de faire glisser fortement les deux feuillets de ce prépuce l'un sur l'autre de façon à dégager surtout i'orifice muqueux (temps capital) ; dans le troisième on repousse fortement le gland en arrière : ce qu'il y a de difficile dans cette manœuvre, c'est que ces trois temps doivent s'exécuter simultanément et que les doigts ont fort peu de prise sur l'orifice préputiai. - — 11 vient de réduire en ville chez un jeune homme de 25 ans un paraphimosis datant de neuf jours (limite extrême des tentatives), et chez lequel les adhérences formées déjà n'ont pas apporté à la réduction un obstacle invincible. — Maintenir la verge relevée sur la paroi abdominale, pendant quelques jours, lavages émollients.

d. orchi-épididymite . — Ponction du testicule. — N'emploie ni les applications de sangsues, ni surtout le collodion qu'il désapprouve complètement en cette circonstance, et se contente la plupart du temps de compresses résolutives. Si les douleurs sont très-vives, il s'est bien trouvé, à l'exemple de certains chirurgiens anglais et américains, de la ponction faite au centre du testicule : elle produit un bon débridement et en même temps favorise la saignée locale. Il fait usage également, quand la tunique vaginale est ti ès-descendue, de la ponction de Velpeau, mais il croit que le premier moyen est meilleur pour amener une sédation dans les douleurs parfois trèsvives qu'accuse le malade.

e. végétations de la vulve. — Emploi de la ligature élastique, du thermo-cautère, de l'acide chromique. — Si les masses sont peu volumineuses, se détachent bien de la surface du derme et sont pédiculisables, M. Gillette emploie la ligature élastique en ayant soin pour tous les points qui ont échappé à la ligature (et il en. reste toujours) de cautériser avec l'acide chromique, qui est le meilleur

(1) Voyez le service du professeur Gosselin.

caustique à employer en pareil cas. Si la masse est trop grosse (fig. 645), sessile, au lieu d'avoir recours à l'instrument tranchant et aux ciseauXxqui donnent toujours lieu à un écoulement de sang considérable, il emploie le thermo-cautère, mais il faut agir très-

Fig. 645. — Végétations de la vulve.

lentement et par saccade, l'instrument porté au rouge très-sombre? sans quoi on a inévitablement du sang et en grande quantité.

/. déviations et prolapsus de la matrice. — Emploi du pessaire à anneau de M. Dumontpallier. — M. Gillette a employé avec avantage dans le cas de prolapsus utérin le pessaire anneau de M. Dumontpallier (fig. 646), composé d'un ressort de montre très-souple, très-élastique, entouré d'une enveloppe de gutta-percha. Sa souplesse permet l'introduction facile et fait que, se modelant sur les parties avec lesquelles il est en rapport, il ne gêne ni le rectum ni la vessie (1); nous avons pu nous rendre compte par nous-même que ce pessaire, qui offre des analogies avec celui de Meigs (de Philadel-

(1) Dumontpallier et Geny, observations de déviations et de prolapsus de la matrice traités par l'application de Vanneau pessaire {Gaz. des hôpitaux, 1875-76).

phie) et de Gairal (de Carignan) est facilement supportée et soutient bien mieux que tout autre la matrice en faisant disparaître les dou-

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