HOPITAL DE LA PITIÉ. — LE DOCTEUR LÉON L'ABBÉ
amputations partielles du pied : la réunion immédiate peut être, dans les cas douteux, d'autant plus facilement obtenue que les lambeaux sont bien moins épais et que la surface cruentée a moins d'étendue. Cependant, pour la locomotion et quand le malade ne peut se procurer un appareil prothétique convenable, il porte un segment inutile (manche à balai) susceptible de se conLusionner, tandis que, s'il a été amputé au lieu d'élection, il marche beaucoup plus commodément avec le pilon classique (fig. 117). Si le malade est dans
Fig. 117. — Pilon classique pow l'amputation de la jambe.
Fig. 118. — Bottine de Ravaton, {amputation sus-malléotaire).
l'aisance, on ne doit pas hésiter à pratiquer la sus-malléolaire. Ce chirurgien préfère le procédé de Lenoir modifié : incision circulaire le plus près possible des malléoles, incision verticale antérieure, dissection des deux manchettes surtout en avant et sur les côtés, section des muscles obliquement en avant et en haut, s'abstenir du couteau interosseux, ligature des artères tibiale, antérieure et postérieure et artère péronière, réunion des deux lèvres de l'incision verticale par deux points de suture.
Dans labottine de Ravaton (fig. 118, 119, 120), le poids du corps est bien supporté par la surface de la jambe, mais la peau est repoussée
en haut, tiraillée et souvent déchirée. Aussi M. L. Labbé préfère-t-il l'appareil de Mille et de Goyrand (d'Aixj (fig. 121), qui a l'avantage de prendre un point d'appui sur la cuisse et l'échiné et dans lequel la jambe est libre et comme suspendue entre quatre attelles, ce qui permet une locomotion facile.
b. Pied valgus. — Le. traitement varie selon la cause. — S'il est dû à des/e's?orcsar^'cwferes(Gosselin),condamnerlemaladeau reposabsolu pour faire cesser la douleur, combattre les contractures par l'anes-
Fig. 119. — La jambe mise dans la bottine Fig. 120. — L'appareil lacé et caché avec ses différentes attaches. dans un soulier ordinaire.
thésie ; comme la rétraction tendineuse n'est pas la cause, mais la conséquence de la maladie, il vaut mieux s'abstenir de faire la ténotomie, car elle ne peut produire aucun bon résultat. S'il est dû à l'impotence ou à la contracture du long péronier latéral (Duchenne de Boulogne), électrisation ou section le plus haut possible du tendon. Lorsque la difformité est ancienne, M. L. Labbé croit qu'il est souvent utile de redresser le pied pour rompre les adhérences qui peuvent fixer les extrémités articulaires dans des positions vicieuses. c. Abcès ossifluents externes. — Large application de caustiques. — Afin d'éviter la formation de clapiers où s'accumule le pus, de modifier la membrane pyogénique pour y déterminer une inflammation de bonne nature et de se préparer des voies faciles pour agir