‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 42 sur 147 · HOPITAL DE LÀ PITIÉ. — LE DOCTEUR LÉON L'ABBÉ · texte numérisé non relu

HOPITAL DE LÀ PITIÉ. — LE DOCTEUR LÉON L'ABBÉ

sur la lésion osseuse, M. L. Labbé (1) recouvre presque complètement la poche de caustique , voici son procédé : large ouverture circulaire

découpée dans une bande de diachylon, et un peu moins large que la tumeur, application de ce diachylon sur la tumeur, pâte de Viennesur toute cette large ouverture, pendant une demiheure; large escbare noirâtre qu'on recouvre de diachylon, élimination facilitée par les cataplasmes : ne pas presser sur la partie pour la vider, abandonner ce soin à la nature : le pus sort lentement et, à mesure qu'il s'écoule, la paroi postérieure de la poche se met de niveau avec les téguments environnants, en sorte qu'après la chute de Teschare on n'a plus affaire qu'à une plaie déjà rétrécie et couverte en général de magnifiques Uourgeons charnus : application alors sur la plaie sous-jacente d'une ou de plusieurs couches de pâte de canquoin, ne pas recourir au bistouri.

Cette méthode est excellente, cependant elle est très-douloureuse au moment de l'application de la pâte de Vienne, et la réparation de la plaie est quelquefois très-longue ; toutefois elle nous semble mettre le malade plus sûrement à l'abri d'accidents que les autres méthodes.

Fig. 121. — Jambe de Goyrand et de Mille (amputation susmalléolaire).

6° AFFECTIONS KYSTIQUES.

a. Kyste hydatique du foie. — Canule à demeure. Lavages antiseptiques. — 11 n'emploie la ponction aspiratrice que comme complément de diagnostic, mais il repousse les aspirations successives comme méthode générale curative: elles ne font en effet le plus souvent que tuer f'hydatide mère et laissent par conséquent dans le foie

(1) D' H. Fourestié, Etude sur les différents traitements des abcès ossifluents externes suivie de l'exposition d'un procédé particulier de la méthode des caustiques appliqués aux abcès ossifluents externes volumineux, th. inaug. Paris, 1870.

AFFECTIONS KYSTIQUES. 209

une membrane épaisse qui peut quelquefois se résorber ou s'enkyster, mais qui fréquemment joue le rôle de corps étranger et détermine des accidents. Il préfère le procédé dont se sert M. Verneuil, depuis plusieurs années, et qui consiste à ponctionner la partie la plus saillante de la tumeur avec un gros trocart dont la canule est pourvue d'une chemise de baudruche pour empêcher la pénétration de l'air dans la poche au moment de la sortie du liquide et des hydatides. Une grosse sonde en caoutchouc rouge, bien molle et bien malléable, est laissée à demeure dans la poche et permet l'issue facile des liquides inflammatoires et les lavages de l'intérieur du kyste avec des solutions antiseptiques ou modificatrices (solution phéniquée, teinture d'iode, etc.).

b. Grenouillette. — Excision. — Perchlorure de fer. — Faire suppurer la poche, telle est la meilleure indication qui met à l'abri de la récidive. M.L. Labbé soulève la tumeur avec une érigne, retranche à l'aide de ciseaux courbes toute la portion saillante au-dessus du niveau du plancher de la bouche, il remplit ensuite la partie du kyste largement ouverte avec de la charpie imbibée de perchlorure de fer pour provoquer la suppuration. Peu à peu cette cavité se comble par la formation de bourgeons charnus. Le pansement devra être renouvelé assez fréquemment et des injections d'eau alcoolisée faites fréquemment dans la cavité du kyste hâteront son oblitération. Cette excision donne lieu quelquefois à un écoulement sanguin qui peut se reproduire, mais que l'on combat avec une injection d'eau froide et l'application de rondelles d'amadou perchlorure comprimant la poche.

c. Kyste suppuré des grandes lèvres. — Large incision. Tampon de charpie. — Si la poche n'a pas des parois trop épaisses, le drainage est un mode de traitement en même temps efficace, suffisant et commode, car, une fois le tube passé, on n'a plus à se préoccuper que de faire quelques injections détersives, mais il en est autrement quand les parois sont épaisses et indurées: dans ce cas, le meilleur moyen est de pratiquer une incision très-grande, car une ouverture étroite aurait tendance à se refermer avant l'achèvement du travail de la membrane pyogénique, comme lorsqu'il s'agit de kystes situés au voisinage des cavités naturelles (bouche, vagin, anus, etc.). Les bords de cette incision sont maintenus écartés par un fort tampon de charpie qui, par sa présence au fond de la cavité, détermine une irritation donnant naissance aux bourgeons charnus. Ce pansement est renouvelé tous les jours.

Gillette. — Chirurgie journ. 14

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