‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 73 sur 147 · ANESTIIÉSIE, PLAIES ET GANGRÈNE · texte numérisé non relu

ANESTIIÉSIE, PLAIES ET GANGRÈNE

chargera d'éliminer de la cavité : le drainage est aussi un excellent mode de pansement en ce cas.

Nous irons même plus loin, en disant que non-seulement la conservation de cette membrane conjonctive isolante restreint le processus inflammatoire consécutif, mais encore qu'elle favorise singulièrement, dans bien des exemples, la manœuvre opératoire elle-même, car elle adhère m'oins au lipome qu'aux tissus périphériques : une fois que cette membrane est incisée , la masse adipeuse s'énuclée souvent avec la plus grande facilité, pourvu que les doigts se chargent de déchirer les prolongements celluleux assez minces qui rayonnent de la face interne de cette enveloppe dans les sillons interlobulaires de la tumeur.

c. cnÉLOi'DE. — Temporisation. — Si on opère, faire une ablation large. — Deux espèces de chéloïdes peuvent se présenter :

1° Des hypertrophies partielles du derme, fausses chéloïdes, observées surtout à la suite de brûlures, qui diminuent et peuvent même disparaître complètement avec le temps. Ce sont celles que Nélaton refusait d'opérer.

Nous en avons vu, en 1874, un très-bel exemple dans le service de M. Tillaux à Lariboisière : il s'agissait d'une jeune fille sur l'aVantbras de laquelle un médecin avait appliqué plus de quarante vésicatoires pour conjurer les menaces d'un phlegmon diffus, il en était résulté une multitude de cicatrices chéloïdiennes de forme et de grosseur différentes, qui ne furent pas opérées et qui disparurent par le repos et la simple application de cataplasmes.

2° Les véritables chéloïdes (hypertrophie du derme avec prolifération du tissu cicatriciel) dans la composition desquelles on ne retrouve pas du tout les éléments constitutifs du derme, et qui, dans leur nature intime, selon M. Demarquay, semblent présenter quelque chose de spécifique (1), car elles récidivent très-fréquemment quand on les a enlevées. Dans ces cas encore, ce chirurgien est assez d'avis de temporiser, et, s'il est forcé d'intervenir, ayant toujours en vue le danger de la répullulation delà masse morbide, il conseille d'opérer largement et de ne pas craindre, dans l'ablation, de dépasser les limites apparentes du mal.

Page 1