‹ Chirurgie journalière des hopitaux de Paris (volume 2)Chapitre 75 sur 147 · ANESTOÉSIE, PLAIES ET GANGRÈNE · texte numérisé non relu

ANESTOÉSIE, PLAIES ET GANGRÈNE

tance de la bouche, et d'un flacon à double tubulure qui projette le chloroforme goutte à goutte sur la flanelle; grâce à cet appareil,

Fig. 353. — Appareil à anesthésie de Demarquay (deuxième modèle).

l'inhalation se fait lentement, mélangée à l'air, et n'est pas excitante sur lès muqueuses. L'idée de l'emploi d'un masque pour l'anesthésie n'est pas nouvelle du reste, car

on la retrouve dans l'appareil de Skinner (fig. 254) (I).

Le Dr Hugues (2) a insisté sur les propriétés hypnotiques et jusqu'à un point anesthésiques de Veau de Cologne en inhalation.

Les essences renfermées dans cette eau joueraient, selon lui, un rôle hypnotique important, mais non point parce qu'elles impressionnent directement la sensibilùé olfactive. .-l'action anesthé- Fig- m Appareil de skimer pour sique de l'eau de Cologne résul- l'anesthésie.

terait probablement du mélange de l'alcool et des essences, chacun de ces corps concourant

(1) Druitt, The surgeon' s vade-mecum, London, p. 714. 1865.

(2) Hugues, Nice médicale, n° 2. 1876.

par ses propriétés spéciales. C'est en versant une grande quantité de ce liquide sur un mouchoir appliqué sous le nez du malade qu'on arriverait à produire une anesthésie semblable à celle du chloroforme. 11 a observé le fait chez une jeune personne phthisique. Nous avons expérimenté ce moyen à l'hôpital Saint-Antoine, et nous devons dire que nous n'avons remarqué aucun des effets que mentionne le Dr Hugues dans son Mémoire.

b. pansement des plaies. — Emploi des désinfectants. — Les principaux moyens dont ce chirurgien fait usage dans ses pansements sont : la charpie sèche ou humide selon les cas, les compresses froides, Y alcool, la glycérine, le permanganate de potasse (1), Yiodoforme (ulcères atoniques), la teinture d'eucalyptus. Ce dernier pansement, dont il fait un emploi fréquent, n'est pas seulement agréable par son odeur, et utile par ses propriétés désinfectantes, il est aussi tonique et légèrement excitant, car il favorise le développement des bourgeons charnus. Quant à la méthode de Lister (pansement phéniqué), elle ne lui paraît pas avoir de grands avantages sur les autres procédés mis habituellement en usage, et elle offre, au contraire, certains inconvénients qu'il a signalés (2). Ainsi, dans huit opérations où il a employé cette méthode (4 tumeurs de la mamelle, 2 castrations, 1 tumeur parotidienne, 1 tumeur fibroplastique de la paroi abdominale), quatre opérés eurent une hémorrhagie veineuse le jour même, un eut une hémorrhagie artérielle, un mourut d'infection purulente : les plaies étaient atoniques, pâles et indolentes, et le pus était de nature séreuse ; l'acide phénique semble rendre le sang plus fluide, empêcher la coagulation, favoriser les hémorrhagies primitives à la surface des plaies. De plus, d'après les examens microscopiques qu'il a faits, il a trouvé constamment dans le pus des microzoaires, ce qui n'est pas du reste particulier à ce genre de pansement, car il a constaté le même phénomène dans les pansements à l'alcool, à la glycérine, à la teinture d'eucalyptus, etc., ce qui n'empêche pas du tout la bonne réunion des plaies. — Il fait usage aussi de Y acide carbonique dans la cicatrisation des plaies et de l'oxygène pour arrêter et limiter la mortification dans les gangrènes des extrémités des membres.

d. solutions de continuité. — Bains d'acide carbonique. — Sac en caoutchouc. — MM. Demarquay et Lecomte ont cru reconnaître (3),

(1) Du permanganate de potasse comme désinfectant, Thèse inaug. de Le Dreux. 1862, sous les auspices de M. Demarquay.

(2) Demarquay, Note adressée à ['Académie des sciences, 1874.

(3) Demarquay et Lecomte, Cicatrisation des plaies sous l'influence de l'acide carbonique {Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1859, t. XLIX, p. 893).

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