Ligatures organiques, hémostase parfaite
3. Drainage profond, maintien solide du drain par des bandelettes collodionnées près des ouvertures ;
4. Suture entortillée avec des épingles lixes, faisceaux intermédiaires collodionnés, cuirasse autour; sortie des épingles séance tenante après dessiccation ;
5. Affrontement des lambeaux le plus près possible du drain par des pinces à larges mors qui demeureront en place jusqu’au premier pansement;
6. Protection de la peau à la partie inférieure contre l’action des liquides sortant du drain ;
(1) Azam, Bull, de l’Acad. de médec., 22 mai, 1877, et Progrès médical , 21 février 1877.
7. Bandage au coton; pansements très-rares, lavages à l’eau phéniquée.
a. corps étranger de la vessie. — Taille. — Chez un homme entré le 28 octobre 1876 à Saint-Antoine et qui s’était introduit un crayon dans l’urèthre, M. Terrillon commença par une tentative d extraction avec le lithoclaste ; on peut se servir dans ces cas avec avantage du redresseur de Robert et Collin : le lendemain il recommença; mais, comme après chacun de ces essais le malade fut pris de frissons violents et de fièvre intense, il pratiqua la taille périnéale et put extraire le crayon. Le malade succomba aux lésions classiques de l’infection purulente, et on trouva un abcès périvésical avec perforation de la vessie : cette perforation avait été le résultat des contractions de la paroi musculaire de ce réservoir sur le corps étranger pointu.
J’ai rapporté (t) un cas analogue observé dans le service deM.Péan à Saint-Louis. Le chirurgien ayant pratiqué la taille prérectale retira le crayon qui avait une longueur de 10 centimètres 1/2 et de 1/2 centimètre de diamètre : un de ses bouts, parfaitement taillé, présentait encore la mine de plomb intacte : c’est par l’extrémité mousse que cet homme (27 ans) l’avait fait cheminer par le canal. La perforation vésicale avait donné passage h une certaine quantité d’urine qui, s’infiltrant dans le tissu cellulaire pelvien, avait été le point de départ des accidents terribles auxquels avait succombé le malade.
Ces deux exemples nous montrent une fois de plus les effets désastreux des corps étrangers piquants sur la muqueuse génitourinaire et peut-être la nécessité qu’il y aurait en pareil cas à recourir toujours et séance tenante à l 'extraction périnéale immédiate, sans temporiser et sans s’arrêter à faire, parles voies naturelles, des tentatives qui n’ont pour effet que d’augmenter le traumatisme exagéré encore par la contraction de la vessie et l’application de ses parois sur les deux extrémités du corps étranger.
b. TROUBLES DE LA MENSTRUATION APRÈS LES LÉSIONS CDIRURGICALES
OU traumatiques. — Thérapeutique en rapport avec la variété de trouble produit par ces traumatismes . — M. Terrillon dans un Mémoire (2)
(1) Gillette, Clinique chirurgicale des hôpitaux de Paris , 1877, p. 87.
(2) Terrillon, Des troubles de la menstruation après les lésions chirurgicales ou traumatiques. ( Progrès médical, 187 4.)
a attiré l’attention des praticiens sur l’influence que peuvent exercer les traumatismes chirurgicaux ou autres sur les troubles de la menstruation. Voici les conclusions auxquelles il est arrivé dans ce travail n’ayant pas moins de vingt-une observation pour base :
L’action produite par ces traumatismes sur les menstrues est variable et se rapporte aux trois cadres suivants : ou bien les menstrues sont respectées; ou bien elles sont supprimées, accélérées ou retardées ; ou bien ces traumatismes déterminent en dehors de l’époque menstruelle une épistaxis utérine de courte durée ordinairement (2 jours environ) sans symptômes concomitants et qui n’agit que faiblement sur l’époque menstruelle suivante. Ces traumatismes correspondent à plusieurs zones.
La première zone (appareil sexuel; utérus, ovaire, vagin, vulve) agit en provoquant le plus souvent une épistaxis utérine ou le rappel des règles suspendues.
La deuxième zone (zone voisine de l’appareil sexuel ou génital : rectum, anus, vessie, partie supérieure des cuisses) amène une épilaxis ou une avance des règles.
La troisième zone (seins) peut produire tous les troubles.
La quatrième zone (autres régions du corps, membres) peut provoquer également toutes les variétés, mais est plus rarement la cause de quelques troubles.
Ces différents troubles de la menstruation ne paraissent pas avoir une influence bien fâcheuse sur la santé des malades; par conséquent, ils n’exigent pas une intervention thérapeutique indispensable ; si elle est nécessaire, cette thérapeutique variera du reste, on le comprend, avec le genre de trouble apporté par le traumatisme ; mais, en général, l’expectation suffit, et, au bout de quelque temps et spontanément, les règles reprennent leur périodicité normale.
M. Terrillon ne peut préciser à quelle cause exacte on doit attribuer ces perturbations : est-ce à l’ébranlement nerveux, à la fièvre traumatique, à la perte de sang ? etc., il ne peut l’affirmer : il est probable que la plupart de ces causes agissent conjointement.