‹ Chirurgie journalière des hopitaux de ParisChapitre 28 sur 213 · DE AN · texte numérisé non relu

DE AN

lenteur du développement, l’absence à peu près totale de douleurs, l’absence de tout retentissement ganglionnaire, l'intégrité des téguments, la mobilité et la fermeté de la tumeur ; — succède souvent à un traumatisme; attendre le plus possible avant d’intervenir, car la tumeur peut ne pas grossir ; si elle fait souffrir, essayer la compression (I), comme le veut M. Broca. — Si la malade insiste pour se faire opérer et surtout si la tumeur est le siège de douleurs vives, on peut se résoudre à l’opération légitimée par l’opinion de M. Kanvier qui dit que la distance entre le sarcome et le fibrome n’est pas bien grande; aussi, d’après M. Trélat, ce n’est pas le cas d’appliquer le proverbe de l’abstention en cas de doute.

c. Lympho-sakcome. — Nouveau moyen de diagnostic — Temporisation. — M. Trélat a entretenu tout récemment (2) la Société de chirurgie des difficultés de diagnostic dans le lympho-adénome ou le lympho-sarcome ; il a formulé un principe d’une grande valeur au point de vue de l’intervention ou de la non-intervention en pareil cas; ce principe, le voici : Lorsqu’on est en présence d’une tumeur néoplasique dont les caractères sont mal tranchés, qu’on ne peut franchement rattacher à aucun des types habituels et fréquents, épithéliome, sarcome, carcinome, s'il existe en Un autre point du corps des tumeurs, si petites, ignorées et indolentes qu'elles soient , ressemblant à de simples lipômes par exemple, il faut examiner avec soin l’hypothèse du lympho-sarcome, étudier le sang, au besoin enlever, pour en faire l’analyse histologique, une des petites tumeurs ; et si le microscope répond lympho-sarcome ou lympho-adénome malin et généralisé, ce qui est tout un, s'abstenir absolument de toute opération ultérieure, car, malgré l’absence apparente de cachexie, la généralisation est faite, et votre opération ne remplirait plus aucune indication. Vous n’enlèverez, dit M. Trélat, qu’une tumeur en laissant toutes les autres qui grossissent et vont se développer dans les ganglions, le mésentère, le foie, les os, etc., — c’est un point de pratique appuyé sur une notion de doctrine de haute valeur, et que nous ne saurions trop approuver : nous irons plus loin en disant qu’on pourrait môme se dispenser de faire cette opération exploratrice en quelque sorte, en pratiquant simplement dans le parenchyme de la petite tumeur en question une ponction avec l’emporte-pièce de Duchenne (de Boulogne) (fi g. 75), permettant d’en retirer une

(1) Voir te service de M. le professeur Broca.

(2) Trélat, Bull, de ta Soc. chirurg. 21 février 1877.

TUMEURS

petite quantité qu’il serait facile de soumettre à l’examen histologique. On épargnerait, de la sorte, au malade la souffrance d’une opération, quelque petite qu’elle soit.

Fig. 75. — Emporte-pièce histologique de Duchenne (de Boulogne).

Cet instrument se compose d’une tige cylindrique abc, divisée en deux moitiés, dont l’une b est fixée sur un manche C par la vis B et dont l’autre a est mise en mouvement, sur la première, par une pression exercée sur le bouton quadrillé A. Ou fait pénétrer l’emporte-pièce fermé (F), puis on l’ouvre (G). Pendant ce mouvement, le fragment de tissu qui s’est engagé au-dessous du crochet est divisée par la pression exercée par le bord tranchant du crochet sur l’extrémité libre de la tige a. Le petit fragment se trouve ainsi enfermée daus la cavité a M.

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