‹ Chirurgie journalière des hopitaux de ParisChapitre 36 sur 213 · PLAIES, HERPÈS, ÉRYSIPÈLE, ICTÈRE TRAUMATIQUE, ULCÈRES · texte numérisé non relu

PLAIES, HERPÈS, ÉRYSIPÈLE, ICTÈRE TRAUMATIQUE, ULCÈRES

cheville (fragment de sonde en gomme) comprime les tissus sur une grande étendue, gêne la circulation dans les lambeaux et, s’il y a un peu de gonflement, peut amener un véritable étranglement. M. Yerneuil, pour éviter cet inconvénient, emploie la suture à points passés, mais se sert d’un expédient très-simple pour arrêter le fil, applicable du reste dans bien des cas : il consiste à le passer dans - un bouton de chemise qui vient s’appliquer sur les lambeaux dont il ne comprime qu’une partie très-limitée et à arrêter le fil au-dessus du bouton au moyen d’un grain de plomb qu’on écrase sur lui. Ce mode de suture n’amène aucun accident de compression et a l’avantage de s’enlever très-facilement.

Pansement ouaté. — Ce chirurgien, qui emploie souvent dans son service le pansement de M. A. Guérin (1), ne croit pas comme lui qu’il agisse efficacement en filtrant l’air et en interceptant le passage aux germes infectieux de l’atmosphère. 11 pense qu’il doit ses bons effets à l’élévation et à l’uniformité (2) de la température de la plaie. Il insiste aussi sur un fait capital, à savoir, surveiller les malades et bien voir à l’aide du thermomètre si leur température ne s’élève pas; sans cette précaution, il peut arriver des accidents très-graves.

Depuis quelques années, M. Yerneuil s’est particulièrement occupé de l’influence des diathèses (scrofule, syphilis, rhumalism, diabète, alcoolisme, scorbut, albuminurie, etc.) sur la marche, l’évolution des affections chirurgicales et sur les troubles qu’elles apportent dans la cicatrisation des plaies accidentelles ou d’amputation (3). Réciproquement, il a envisagé les lésions traumatiques comme pouvant être la cause du réveil des diathèses et le motif de leur détermination locale (4).

Chez les alcoolisés , ces tissus ont une grande tendance à être frappés d’inflammations nécrosiques à la suite du moindre traumatisme soumis à la chloroformisation, ils sont aussi frappés fréquemment de congestion pulmonaire. Ce sont là, selon ce professeur, des accidents graves qui doivent mettre en question la moindre opération chirurgicale et faire rejeter l’emploi du chloroforme ; du reste, dans

(1) Voir le service do M. le D' A. Guérin.

(2) Yerneuil, Gaz. hebdomad., n° 35, 1872.

(3) Deriaud, Influence réciproque de l'impaludismeet dutraumatisme, th. inaue Paris, 1808. Peronne De l'alcoolisme aigu et chronique , th. inaug. , 1870. — H. Petit, Rapport entre le traumatisme et la syphilis , th. inaug. 1874. — Sir James

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(4) Yerneuil, Revue mensuelle de méd. et de chir., n° 1, janvier 1877 .

ces cas une petite quantité d'opium suffit pour obtenir l'insensibilité.

M. Longuel (1) vient de démontrer l’influence considérable des afl'ections chroniques du foie sur la marche des traumatismes: d’une part, à la suite de traumatismes insignifiants, complications trèsgraves, constatation de lésions hépatiques : réciproquement, les traumatismes peuvent aussi déterminer l’apparition de manifestations du côté du foie : ictère, coliques hépatiques, etc. Si la lésion . traumatique est de longue durée et si elle s’accompagne d’une suppuration prolongée, dégénérescences graisseuses du foie et des reins. Les maladies chroniques de la rate jouent aussi un rôle très-manifeste dans la marche des traumatismes (2). Quant à l’influence des lésions du rein sur les traumatismes et réciproquement, elle est depuis longtemps connue et admise de tous les chirurgiens surtout en ce qui concerne les maladies des voies urinaires : il est fréquent de voir éclater des érysipèles qui s’étendent avec rapidité et causent la mort de l’opéré (3). Il faut donc, comme le dit M. Duret, pour mettre , toutes les chances de son côté après un traumatisme, non-seulement un milieu favorable et un traitement rationnel, mais encore un sujet sain.

Tout récemment encore (février 1877) ce professeur a fait une communication à l’Académie de médecine sur l 'influence des maladies du cœur sur le traumatisme. Il a eu l’occasion d’observer dans un court espace de temps deux blessés chez lesquels existait une '] affection organique du cœur; or chez tous les deux la blessure a non-seulement offert une gravité notable due au développement d’accidents locaux particuliers, mais encore, réagissant à son tour sur la cardiopathie, elle en a singulièrement hâté et aggravé la marche, ; au point de faire apparaître les symptômes ultimes. Les miclusions ^ suivantes, qui nous semblent un peu trop hâtives, car elles ne reposent, somme toute, que sur deux faits, ont été posées par M. Verneuil :

1° Les affections cardiaques préexistantes paraissent capables de r retarder ou d’empêcher la guérison de certaines blessures, et suscitent des accidents locaux parmi lesquels figurent des hémorrhagies et des inflammations diffuses ;

2° Les blessures, par ces mômes accidents locaux et par leurs

(1) Longuet, De t'influence des maladies du foie sur la marche des traumatismes, tli. inaug. Paris, 1877.

(2) Deriaud, thèse inaug. Paris, 1SG8. — Tremblay, th. inaug. 1876.

(3) M. Revouy, Des relations de l'érysipèle avec les a/fections rénales, th. inaug.

Paris, 1876.

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