PLAIES, HERPÈS, ÉRYSIPÈLE, ICTÈRE TRAUMATIQUE, ULCÈRE
conséquences, sont susceptibles de réagir sur les affections cardiaques antérieures, de façon à les aggraver et à provoquer prématurément des symptômes qui n’appartiennent, en' général, qu’à leur période ultime.
L’influence de la grossesse (I) sur les traumatismes et réciproquement celle des traumatismes sur la gestation sont deux points de chirurgie qui ont attiré et attirent fréquemment l’âttention des chirurgiens. Dès 1872 (2), un élève de M. Verneuil soutenait, sur ce sujet intéressant, une thèse qui n’était que l’écho accentué des opinions de ce professeur. Selon lui, la gangrène serait une fréquente complication des plaies ayant lieu pendant l’état puerpéral. Cette crainte doit faire reculer la suture du périnée (dans les déchirures) jusqu’au quatrième ou cinquième mois et peut-être à une époque plus éloignée, comme il en a émis l’opinion plus récemment encore à la Société de chirurgie (3).
b. Hémostase par la forcipressure. — M. Verneuil est un des chirurgiens qui ont fortement attiré l’attention sur les moyens capables d’arrêter provisoirement et même d’une façon définitive l’hémorrhagie dans certains cas difficiles et graves où il est impossible d’appliquer la ligature ou de faire la torsion, et cela par le séjour prolongé dans la plaie d’une pince (à mors variant de forme) avec laquelle on saisit le vaisseau d’une façon médiale, c’est-à-dire comprimant les tissus qui l’entourent. Il a donné à ce procédé le nom de forcipressure ( forceps , pince, tenaille).
La forcipressure ou plutôt la forcipression , qui agit absolument comme le feraient les doigts, est une méthode de nécessité dont on retrouve du reste 1 indication dans les ouvrages anciens, que nous avons vu employer, depuis quelques années, par bien des chirurgiens, et, entre autres, par M. Péan, à l’hôpital Saint-Louis, et qui nous parait, comme le dit M. Verneuil, bien digne d’être vulgarisée. Elle peut surtout rendre de grands services dans le cours de grandes opérations où il faut agir rapidement et où l’application de plusieurs pinces hémostatiques est évidemment plus rapide et aussi sûre que l’emploi de la ligature; elle permet d’achever l’opération sans être arrêté à chaque instant par l’obligation où l’on est d’apposer un fil à ligature sur le vaisseau. Enfin, lors des hémorrhagies qui ont lieu
(1) Verneuil, Gaz. hebdomad., 1873.
(2) . Cornillon, Des accidents des pluies pendant la grossesse et Vêlai Tl), inaug., Paris, 1872.
(3) Verneuil, Bulletin de la Soc. de chirurgie. .1876.
puerpéral.
Giu.ettk — Chirurgie journ.
dans la profondeur des cavilés (bouche, vagin) et où il est si difficile d’apposer une ligature, elle peut rendre de grands services.
Nous ne saurions mieux faire, du reste, qu’en rapportant textuellement les conclusions posées par M. Verneuil (1).
« 1° La forcipressure appliquée sur de gros vaisseaux, aux lieu et place de la ligature, a été introduite dans la pratique en 1790, par Desault, elle est donc d’origine essentiellement française.
« 2° Depuis elle a été étudiée, surtouL théoriquement, en France par Percy, Duret, etc., et pratiquée souvent en Italie, par Assolini et ses contemporains. Condamnée injustement et sans motif sérieux, elle a disparu longtemps pour renaître dans ces dernières années, en Angleterre d’abord, puis en France, où elle sera sans doute plus équitablement jugée.
« 3° Elle constitue l’un des deux modes, et, à notre avis, le meilleur de la méthode désignée sous le nom d’aplatissement des artères.
« 4° Pratiquée sur les plus gros vaisseaux, et dans les cas cliniques les plus variés et les plus graves, elle a donné d’assez bons résultats pour être placée parmi les meilleurs moyens d’hémostase définitive. Sur vingt-six cas, en efFet, on relève seulement trois accidents légers, sans insuccès ; dans un cas seulement il y eut hémorrhagie secondaire.
« 5° Elle paraît convenir surtout en cas d’anévrysme et d’hémorrhagies consécutives.
« G0 Comme innocuité et efficacité, elle vaut certainement la ligature, si elle ne lui est pas supérieure. Son application est fort aisée, et sa suppression, surtout, très-facile. A ce dernier point de vue, elle remplace avec avantage tous les essais de ligature temporaire et amovible.
« 7° On a beaucoup exagéré la gêne qu’elle cause aux patients et les obstacles qu’elle apporte à l’opération. Ces inconvénients d’ailleurs peuvent être passagers, car, au bout de 24 ou de 48 heures, en moyenne, robliléralion vasculaire parait assurée. Plus d’une fois, du reste, les pinces ont été laissées en place jusqu’il chute spontanée, sans déterminer d’accidents notables.
« 8° Les très-nombreux instruments employés peuvent se réduire à deux : 1° les pinces à mors lisse, à action graduelle par l’aplatissement vrai et simple des artères; 2° les pinces à anneaux, à mors denLés, qui aplatissent brusquement le vaisseau, l’obturent du pre-
(1) Verneuil, Bulletin de la Soc. de chic., 19 mai 1875.