M. LE PROFESSEUR DOLBEAU
a. Fractures. — Hyponarthécie. — M. Dolbeau emploie fréquemment pour leur traitement Y hyponarthécie — hamac. — Chacun des lacs qui retiennent ce hamac présente au niveau de sa partie moyenne une anse de tube en caoutchouc à laquelle les extrémités du lien sont attachées et qui donne à la suspension du membre un caractère de mollesse, de douceur et d’élasticité tout à faitparticulier.il fait aussi usage des appareils inamovibles (bandage silicaté).
b. Pseudarthrose de l humérus. — Suture osseuse. — Si la pseudarthrose siège au niveau de l’extrémité supérieure de l’humérus et tout près de l’articulation de l’épaule, il est impossible de recourir à une opération chirurgicale, et le mieux est de s’adresser soit aux appareils inamovibles le plus légers possibles, soit à l’ingénieux appareil de Mathieu (fig. 122) qui est, de tous, le moins compliqué et le plus avantageux pour les usages du membre : cet appareil se compose d’un brassard (Gaujot et Spillmann), de cuir moulé sur un modèle en plâtre, formant une game complète, ouverte et lacée en avant, embrassant le membre et le moignon de l’épaule dans leurs contours. Il se continue en haut avec une sorte de plastron LL moulé sur les épaules et la partie supérieure de la poitrine de
^e,à Prendre un point d’appui aussi bien du côté sain que du
^Lt i ne,C0Urr0ie B maintient ce Plaslron en Passant sous aisselle. Le plastron est divisé sur la ligne médiane en deux segments reunis en arrière par une charnière et en avant par deux
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de lamelles .lacer destmés à prévenir la déformation du cuir.
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1867, hôpital Cochin, hôpital Bêaujo! ’ P ’ P’tiÜ Saint-Antoine; -
En bas, le brassard s’arrête au niveau du pli articulaire formé par le coude fléchi à angle droit. Ses deux montants, l’un interne, l’autre externe, s’articulent à pivot au niveau du coude A avec deux
Fig. 122. — Appareil de Mathieu pour la pseudarthrose de l'humérus.
Fig. 123. Perforateur de Bo'engtr fl
Feraud pour la suture des os.
autres montants descendant sur les faces latérales de l’avant-bras jusqu’au-dessus des poignets. Une gaine de cuir C, fixée à ces dernières tiges et lacée en avant, assujettit l’avant-bras sans le comprimer.
Si la pseudarthrose siège sur un autre point de l’humérus, on peut intervenir. — M. Dolbeau conseille de faire la resection oblique des extrémités osseuses, puis la suture osseuse et de prolonger l’immobilité du membre. Dans le manuel opératoire, il recommande particulière-
affections des os.
menl de bien isoler le nerf radial, de dépouiller l’humérus de son périoste et de pratiquer une résection très-obkque des fra«™cn s ( j afin de multiplier la surface d'affrontement sans nen fa, e perdre à vos de sa longueur, de faire une suture qui intéresse toute 1 è paisseur de la diaphyse et pour cela de perforer les deux fragmen s en deux points latéraux de façon à ce que l’anse soit large, médiane, et le tortillon des deux bouts médian. A cet effet, on peut se servir du perforateur de Bérenger Féraud (2), qui n’est autre (ffg. 1-3) que
l’outil connu sous le nom de dnll mis en usage par les dentistes et les ouvriers en métaux légèrement modifié dans le but de l’approprier aux exigences opératoires.
Le perforateur dont se sert M. Dolbeau est celui de Robert et Collin, composé comme celui de Laugier (ffg. 124) d’un arbre B mis en mouvement par une roue à angle A, mais qui s’en distingue par la forme des forets. Ceux-ci sont au nombre de 4 : le foret B, étant percé d’un chas à son bec, reçoit le fil métallique après avoir traversé les os : il suffit donc de retirer l’instrument pour que le lil soit en place, le foret F est armé d’un crochet pour attirer une anse métallique. — ■ Le foret E est perforé dans toute sa longueur. Le foret D ne présente rien de particulier.
Il emploie un fil de fer fin et recuit de préférence à un fil d’argent et il conseille de tordre les fils très-méthodiquement et de
(1) Dolbeau, Bull, génér. de thér., t. LXXXIX, 1875.
(2) Bérenger Féraud, De l’immobilisation directe des fragments dans les fractures compliquées (Bull. Acad, méd., t. XXX, p. S3, 1804, et Bull, de thér., p. 20, 61, t. LXXI, 18GG).
noter le nombre de tours de torsion, afin de n’éprouver plus tard aucune difficulté pour les enlever.
c. Gommes sous-périostiques du crâne. — Traitement spécifique et tonique. — Elles constituent un accident tertiaire qui ne réclame, au point de vue local, aucune thérapeutique chirurgicale. 1 gramme d’iodure de potassium en solution par jour, en y joignant, si le malade est cachectique, la médication reconstituante, les douches et les bains sulfureux. La durée moyenne du traitement est de 2 à 3 mois.
2° AFFECTIDNS KYSTIQUES-
a. Kyste hydatique du foie. — Méthode des adhérences. — Large ouverture. — Lavages. — M. Dolheau emploie Y aspiration h. l’aide du trocart capillaire, moins comme méthode curative que dans le but de confirmer le diagnostic : il a le soin, dans ce cas, de faire la ponction dans la partie la plus élevée de la poche, aün que l’ouverture ne se trouve pas ultérieurement au niveau du point déclive où se remplira le kyste dans les jours qui suivront. Il emploie, dans ce but, l’aspirateur sous-cutané de Dieulafoy (fig. 123); cet appareil se compose d’une aiguilLe creuse G terminée par une pointe acérée : deux petites fentes, ménagées un peu au-dessus de la pointe, permettent aux liquides de pénétrer dans la canule, alors môme que l’extrémité de celle-ci serait obstruée. Le pavillon C de la canule s’ajuste à frottement sur le corps de pompe. Celui-ci est composé d’un tube de verre fermé à son extrémité par deux plaques métalliques :1a plaque inférieure supporte un tube central P et un tube latéral G munis tous deux de robinets : la plaque supérieure est percée d’un orifice qui traverse une tige métallique mettant en jeu le piston destiné à faire le vide. Cette tige métallique est creusée d’un pas de vis sur lequel roule un curseur taraudé E.
Il donne la préférence au procédé de Récamier consistant, par des cautérisations successivement appliquées sur la tumeur avec la pâte de Vienne, à déterminer des adhérences solides et étendues entre les parois adventives du kyste et celles de l’abdomen. Il fait alors une incision cruciale sur l’eschare et obLient ainsi une large ouverture de la poche qui laisse facilement sortir les hvdatides et qui, entretenue par des mèches ou des sondes flexibles, permet aux injections détersives (eau alcoolisée, teinture d’iode, acide phénique (solution au ï£ü), permanganate de potasse en solution, etc.) de modifier avantageusement la surface interne et de combattre la putridité
AFFECTIONS KYSTIQUES. 215
qui trop souvent est la cause d’accidents de septicémie. Le feuillet interne finit par apparaître au niveau de l’ouverture d’où on favorise
sa sortie à l’aide des mors d une pince.
b. Grenoüillette . — Excision. — cautérisation.— Le procédé
que M. Dolbeaului applique est celui, généralement adopté aujourd’hui, dans lequel on excise la poche en produisant une large perle de substance sur la paroi libre; puis on cautérise l’intérieur du kyste.
C’est le crayon de nitrate d’argent qu’il emploie et il ne répète pas cette cautérisation, comme le veut M. Gosselin.
Nous l’avons vu essayer avec succès une méthode assez hardie que M. Th. Anger avait appliquée avant lui dans son service et qui a pour but d’injecter dans la poche, sans la vider préalablement, deux ou trois gouttes de chlorure de zinc liquide. La disparition du kyste s’effectue en quelques jours sans accident fâcheux, sans suppuration et sans aucune ouverture extérieure.
C’est une méthode encore à l’étude, mais qui a, d’après ce que nous avons vu, l’inconvénient de produire pendant les quelques heures qui suivent l’opération, une douleur épouvantable chez le patient. Estelle plus radicale et moins sujette à la récidive, qui arrive si souvent I par l’emploi des autres méthodes, c’est ce que l’avenir jugera.
c. Hydrocèle vaginale. — Injection vineuse froide. — M. Dolbeau est convaincu que les hydrocèles qui ont été soumises antérieurement aux diverses opérations palliatives (ponction simple, injection alcoolique par la méthode Monod) sont plus sujettes que les autres à la suppuration quand on est obligé d’en venir définitivement à une méthode curative; aussi s’en tient-il, dans la thérapeutique
— Aspirateur sous-cutané de Dieulafoi/,
de celte affection, à la ponction immédiatement suivie soit de l’injection vineuse froide, soit de celle de teinture d’iode.
Au lieu d’un gros vin choisi chargé de tannin ou d’alun chauffé, comme le voulait Denonvilliers, il emploie le vin ordinaire des malades, sans nulle préparation et à la température ordinaire (1). 11 résulte de sa pratique à l’hôpital Beaujon que cette injection, appliquée à l’hydrocèle simple et aux kystes de l’épididyme, donne d’aussi bons résultats que l’injection iodée, avec l’avantage de n’êlre nullement douloureuse et de ne provoquer qu’une réaction modérée. Jusqu’ici, la guérjson a été constante sans retentissement sur le testicule.
Si l’hydrocèle se complique de hernie inguinale, il pratique l’évacuation et l’injection alcoolique, d’une façon simultanée, en procédant de la manière suivante : faisant maintenir la hernie réduite parla main d’un aide, il enfonce le trocart d’une première seringue d’Anel chargée d’alcool dans la partie supérieure de la poche, et celui d’une seconde seringue d’Anel vide dans la portion la plus déclive, et, à mesure qu’il soutire un certaine quantité de liquide par cette dernière, il refoule dans la poche une quantité équivalente d’alcool à l’aide de la première. Cette méthode est à l’abri de tout danger et peut être suivie de guérison radicale.