‹ Chirurgie journalière des hopitaux de ParisChapitre 54 sur 213 · BOURSES SÉREUSES · texte numérisé non relu

BOURSES SÉREUSES

a. emploi de la compression ouatée. — Il fait usage de cette compression dans le cas de fongosités articulaires, d’hydarlhrose considérable du genou, d’hygroma séreux ou séro-sanguin de la bourse pré-rotulienne ou rétro-olécrânienne. La partie malade est entourée d’une bonne couche d’ouate, puis placée dans une gouttière métallique, et la compression se fait à l’aide de bandes roulées tout autour de cette gouttière sur la partie postérieure de laquelle le membre prend un point d appui solide. De cette manièie il peut exercer une compression très-énergique sans déterminer des souffrances chez le malade.

Dans le cas d’hygroma il fait une simple ponction et applique immédiatement cette compression. Pour l’hygroma de la bourse rétro-olécrânienne, il a le soin de fléchir l’avant-bras sur le bras pour que la poche ne puisse se déplacer et reste bien appliquée sur le plan osseux sous-jacent.

b. ANKYLOSE fibreuse du coude INCOMPLÈTE . — Redressement manuel et mécanique. — M. Félix Guyon fait usage du massage et des manipulations, mais il faut que ces différents mouvements communiqués à l’articulation malade soient exécutés par des mains intelligentes et que le bras soit solidement fixé quand on les exécute. Il emploie aussi, outre le redressement manuel, l’appareil de Bonnet dans le-

’ quel les deux segments du membre sont compris dans deux gouttières articulées, et qui permet de fixer pour un instant l’avant-bras dans la position fléchie qu’on a obtenue graduellement, puis de le retirer ensuite (ûg. 178).

(1) Guyon, Journ. de méd. et de chtr. pratiques, 18 i 5.

c , fracture de la jambe. — Appareil inamovible. — Après réduclion, il obtient au bout de quelques jours l’immobilisation absolue à l’aide de l’appareil plâtré, et il insiste tout spécialement sur l’emploi de Y attelle plâtrée postérieure coudée au niveau de la plante du pied qu’elle maintient bien relevée. S’il existe une plaie communiquant avec le foyer de la fracture, il en pratique l’occlusion immédiate

Fig. 1/8. Appareil de Bonnet pour le rétablissement des mouvements de flexion x ’ et d’extension du coude.

avec des nuages d'ouate imbibée de collodion qu’il applique directement sur la solution de continuité.

La combinaison du collodion et de l’ouate que nous lui avons vu employer bien souvent, depuis quelques années, à l’hôpital Necker, nous semble être un excellent mode d’occlusion : pour qu’il mit parfait et puisse résister à l’action des cataplasmes prolongés, aux lavages et même aux grands bains, cet amalgame doit être fait de la manière la plus intime : pour cela, dit-il (1), la plaie et les téguments voisins sont imprégnés de collodion, on passe une seconde couche de collodion : puis on met une pellicule nouvelle d’ouate et

COn|.inue de la sorte Jusqu'à ce que l’on ait constitué une croûte artificielle, épaisse de quelques millimètres. Plus les particules

(1) Félix Guyon, Éléments de chir. clinùi., 1873, p. 510.

Gillettb. — Chirurgie journ. i o

d’ouate sont légères, mieux se fait l’amalgame et plus grande est la solidité de l’occlusion.

<1. fracture de la botule. — Combattre les phénomènes inflammatoires.— Vésicatoire. — 1 Dans cette fracture, M. Félix Guyon (1) pense que l’on se préoccupe trop de la contention des fragments et pas assez des phénomènes inflammatoires qui en provoquent le dépla-

cement. Il combat l’arthrite et l’épanchement; par l’immobilité du membre dans une gouttière, puis par un grand vésicatoire sur la face antérieure du genou (fig. 179) et une compression consécutive avec l’ouate. La consolidation a lieu sans autre moyen spécial, au lieu de tourmenter les blessés par des appareils souvent inutiles, quelquefois dangereux.

a. rétrécissement cicatriciel de l’cesopuage. — Dilatation. — L’usage classique des boules œsophagiennes métalliques ou en ivoire lui ayant paru occasionner beaucoup de douleurs et provoquer des efforts de vomissement fort pénibles chez certains malade*, M. lelix Guyon pratique la dilatation du point rétréci à l’aide des grosses et longues bougies imaginées à cet effet par M. le professeur Richet. Elles sont de volume gradué, terminées en olive et possédant dans leur intérieur de petites masses de plomb qui les rendent plus ouides et facilitent leur acheminement dans la cavité de l’œsophage. . Leur extrémité supérieure est vissée à un mandrin terminé par un anneau qui sert à conduire plus commodément la sonde jusqu à

destination. .

(I) Félix Guyon, Juurn. deméd. eide chir. prat. Août 1874.

b. otite suppurée. — Drainage du conduit auditif externe. — Ce moyen est des plus simples, il n’a rien d’effrayant pour les malades. Son application est facile et son but bien défini. Il a pour effet'(i) d’assurer à l’aide d’un drain de moyen volume et de 3 centimètres de longueur, plongé dans le conduit auditif, mais sans toucher la membrane du tympan, le libre et continuel écoulement au dehors du pus versé ou sécrété dans le conduit auditif externe. Ce libre et facile écoulement, dit M. Félix Guyon, modifie avec rapidité le symptôme douleur: les crises perdent de leur intensité et bientôt disparaissent; la marche de la maladie peut môme être très-favorablement influencée.

Comme le fait remarquer très-judicieusement ce chirurgien, la disposition normale du conduit auditif se prête mal à cet écoulement libre et continu, nécessaire à la guérison régulière de toute cavité suppurante; il est donc facile de comprendre que le pus doive s’amasser dans la partie profonde du conduit auditif et qu’il puisse, en s’y accumulant, déterminer des symptômes douloureux et entretenir par son évacuation imparfaite les lésions qui en ont déterminé la sécrétion. Le conduit auditif subit donc, à cet égard, la loi pathologique qui régit toutes les cavités suppurantes.

Il a appliqué ce mode de traitement et avec succès sur deux malades : l’une d’elles avait une otite externe suppurée dont les phénomènes, douloureux étaient dus à la rétention du pus accumulé dans la partie profonde du conduit; chez l’autre, il s’agissait d’une otite moyenne suppurée avec perforation du tympan et envahissement des cellules mastoïdiennes. Dans ce dernier cas, les symptômes douloureux, à la suite de l’établissement du drain, s’amendèrent très-rapidement. Ce gonflement œdémateux de la ré-ion mastoïdienne diminua, puis disparut le quatrième jour, eL la malade se trouva dès lors à l’abri des complications menaçantes nées sous 1 influence de l’inflammation des cellules mastoïdiennes.

a pansement des plaies. - Ouate préparée remplaçant les éponges “ la charpie (2 . - M. Félix Guyon a été conduit en quelque sorte Pi" 0 'L "nc nouvelle préparation d'ouate: obligé par

ZTalo„ ,'„5e,PaSSer d'él)0"ge de « - servant

tampon d ouate comme moyen de lavage, ce chirurgien

(1) Guyon, Annales des maladies de l’oreille et du larynx , n° fi Décembre 1S7G

(2) Guyon, Journal de ihér., I0 fév. 1S7G. , o. uecenun e IS7G

remarqua que l’immersion répétée de l’ouate lui donnait de plus en plus la propriété de l’imbibition : il en prépara donc de la manière suivante : il plongea des carrés d’ouate pendant cinq à six minutes dans un bassin d’eau, en les retournant fréquemmeiH et en exerçant sur eux des pressions répétées : ce fut d abord de 1 eau ordinaire qu’il employa; puis, dans la pensée d avoir un mode de pansement antiseptique, il substiLua à 1 eau la solution d acide phénique (1 p. 100). Une fois imprégnée de ce liquide, l’ouate est soigneusement exprimée par une forte pression, roulée en boule et déposée dans un bocal en verre hermétiquement fermé par un bouchon de liège. Cette ouate, ainsi préparée, et qui peut se conserver pendant quelques jours, remplace pour M. Félix Guyon les éponges

et la charpie. ,

b. AMPUTATION DE LA JAMBE. — 1° SUS-MALLÉOLAIRE. / rOCedc tt

lambeau talonnier. — Ce procédé, décrit par M .Félix Guyon (1) et qui est l’analogue de celui qui a été imaginé par M. Marcellin Duval, a pour but de supprimer le lambeau antérieur qui est défectueux etde prendre à la partie postérieure du membre le plus possible de parties molles. C’est un procédé elliptique comme celui du poignet. Incision concave en bas, qui commence sur la face antérieure de a jambe, à trois travers de doigt de l’extrémité de la malléole interne, descend sur le côté interne du membre et gagne l’axe de la ma léole Elle se continue en obliquant légèrement jusqu’à la limite la plus inférieure du talon ; là, elle devient transversale et aboutit au côLé externe du membre : elle remonte alors pour gagner obliquement le sommet de la malléole, puis la demi-courbe à concaviié inférieure primitive. Dissection : on détache le tendon d Achille de ses insertions. Section des muscles par transfixion. Su tures. Emploi de l’alteUe en liège postérieure et volumineuse de

L“gT'uBO d’élection. - Prothèse. - M. Félix Guyon a employé plusieurs fois le procédé à lambeau externe de SédillotW et n a eu nu’à s’en louer. L'appareil de M. de Beaufort (3), dont il se sert comme prothèse, et dont le principal avantage réside dans son bon marché qui le rend accessible h la classe ouvrière, est le seul qui

soit fourni dans nos hôpitaux. p n;c ordinaire

Le pilon (fig. 180) est constitué par une jambe de bois ordinaire

A, qui présente au bas un pied de tilleul B creusé en C d’une mor-

(1) Guvon, Bull, de h, Soc.chir., p. 334. 1809.

(2) Sedillot, Contributions à la chirurgie. Paris, 1809.

(3) De Beaufort, Prothèse des membres. Pans, 1807.

taise carrée recevant le montant de frêne E. En D est une plaque de liège.

La jambe (fig. 181) se compose de deux attelles latérales de hêtre (Gaujot et Spillman) brisées en F et réunies par un bouton rivé aux

deux extrémités. Ces deux attelles sont fixées sur une gaine en cuir D. Une courroie II fixe les attelles fémorales autour de la cuisse. Pied artificiel analogue à celui du pilon et terminant l’appareil. Aucune m o,b i 1 i l é au niveau de l’articulation tibio-tarsienne.

c. ongle incarné. — Déplacement du bourrelet par glissement. — Au lieu de retrancher les chairs malades, M. Félix G uyon a cherché à dégager 1 ongle en raccourcissant la peau exubérante et en la faisant glisser latéralement. Par trois incisions (deux transversales pratiquées aux extrémités des parties ulcérées, une tr oisième antéro-

postérieure parallèle à l’ongle et située en dehors du bourrelet) il transforme ce bourrelet en un lambeau carré qu’il n’enlève pas, mais qu’il veut simplement déplacer latéralement. Pour cela, il retranche une portion du derme rectangulaire comprise entre les deux incisions transversales prolongées et une seconde incision antéro-postérieure réunissant leurs extrémités (fig. 182). L’étendue de ce rectangle enlevé est proportionnée au déplacement qu’on veut obtenir. C’est dans cette portion rectangulaire cruentée, de la longueur de l'ongle et d’une largeur de 2 à 3 millimètres qu’il fait glisser, pour Ij loger, le lambeau carré également rectangulaire représentant le bourrelet. Il réunit ensuite par la suture aYec des fils d argent le bord du lambeau et le bord de la plaie : de cette façon il est facile de comprendre que l’on a dégagé le bord incarné de l’ongle. Parfois il ne place pas de sutures et il lui suffit, pour maintenir le bourrelet dans sa nouvelle loge cruentée, d’appliquer sur lui un petit rouleau de diachylon qui est immobilisé à l’aide d’une bandelette également agglutinative.

Fig. 182. — Ongle incarné.

Procédé de F. Guyon.

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