AFFECTIONS DE LA BOUCHE, DE LA FACE ET OU COU
a bec-de-lièvre. — Procédé ostéo-plastique intéressant la sous-cloison de l'arcade alvéolaire. - Dans le bec-de-lièvre unilatéral compliqué de division de la voûte palatine et de l’arcade alvéolo-dentaire on sait qu’il existe d'habitude, comme déformation, non-seulement un aplatissement considérable de l’aile du nez du même côté, mais encore une disposition vicieuse du squelette telle, que les deux moitiés de l’arcade dentaire ne se trouvent plus sur le même plan, la moitié correspondant au bec-de-lièvre étant le plus souvent rejetée en arrière.
M. Duplay a apporté à l’opération du bec-de-lièvre une petite modification assez ingénieuse à laquelle nous pouvons donner 1 épithète d’ ostéo-plastique et qui répond aux deux indications suivantes : corriger l’aplatissement de l’aile du nez en transportant la cloison vers le côté de la solution ; faire son possible pour que les deux moitiés de l’arcade alvéolo-dentaire se correspondent. Voici comment il opère :
\° Il satisfait à la première de ces indications, en sectionnant avec des ciseaux la portion cartilagineuse de la cloison, après avoir préparé les bords de la fissure 'labiale, et après avoir pratiqué la dissection rapide de la muqueuse alvéolaire et des adhérences qui peuvent exister : ce premier temps effectué, il est alors facile de ramener le nez en masse, de façon à ce que le lobule se trouve placé sur la ligne médiane; l’aplatissement disparaît en entier.
Il donne la préférence ou bien au procédé de Clémot (de Rochefort) (fig. 236), qui fait servir les deux lambeaux d’avivement ren-
Fig. 257. — Procédé de Henry (de Nantes).
Fig. 258. — Résultat obtenu par le procédé de Henry.
versés et appliqués Tun à l’autre : l’avivement est faii de haut en bas et avec un bistouri, ou bien à la méthode’ de Henry (de Nantes) (fig. 257 el 258) dans laquelle les bords de la division avivés offrent une
surface traumatique en sens inverse et présentent, par conséquent, une surface bien plus étendue que celle du procédé précédent. Dans les cas simples le procédé de M. Cusco (1), qui est 1 analogue de celui de Giraldès qui est représenté dans les figures ci-jointes (fig. 259 et 260), peut rendre également de très-grands services au
Fie 259 - Opération du bec-de-lièvre Fig. 2(i0. - Opération terminée.
' f procédé Giraldès). Sutures.
A lambeau interne ; B, lambeau du côté externe ; c, incision latérale.
AB, incision verticale; c, lambeau inférieur; C, lambeau supérieur, inc.s.on correspondant i l’incision C.
point de vue de la conformation ultérieure de la nouvelle lèvre.
M. Duplay termine par une suture entortillée, en conservant les deux lambeaux labiaux (procédé Clémot), dont les extrémités libres
(1) Voir le service de M. le Dr Cusco.
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AFFECTIONS DE LA BOUCHE, DE LA FACE ET DU COU. forment une petite trompe qu’il sera toujours temps de raccourcit, s’il y a lieu.
2° S’il y a, de plus, division de la voûte palatine et de l’arcade dentaire, avant de suturer les lambeaux de la lèvre, il corrige la différence des deux moitiés de cetle arcade par 1 ostéoplastie suivante . il détache de l’extrémité libre de l’une de ces moitiés (la plus antérieure, par conséquent celle du côté sain) un petit tubercule osseux qu’il laisse encore adhérer par sa partie postérieure et qu’il fart basculer pour le suturer avec l’extrémité libre de l’autre moitié de l’arcade, avivée préalablement. Ce dernier temps, comme on le vort, consiste à produire artificiellement une espèce de tubercule médran analogue à celui qui existe dans le bec-de-lièvre bilatéral. Le fragment détaché, alimenté par les parties molles, se consolide parfaitement en comblant l’énorme hiatus du maxillaire et en régularisant l’arcade alvéolaire.
Dans un cas opéré par M. Duplay, le succès a été si complet, que les germes contenus dans le tubercule fracturé, en grande partie au moins, ont donné naissance à des dents, comme les autres points de l’arcade alvéolaire.
C’est là une modification heureuse ayant pour avantage de favoriser le travail d’oblitération qui doit combler ultérieurement la fissure palatine; mais elle a l’inconvénienfde prolonger la durée de l’opération et surtout de faire perdre à l’enfant, comme nous en avons été |émoin, une quantité de sang considérable, ce qui n’est pas sans danger chez les très-jeunes sujets. C’est, en un mot, une opération délicate, nécessitant une grande sûreté de main de la part du chirurgien, et dans laquelle la rapidité d’exécution nous semble une condition indispensable à sa réussite.
b. épithélioma de la lèvre inférieure. — Emploi de V instrument tranchant. — Incision libératrice. — Ce chirurgien, au lieu d'avoir recours aux caustiques, croit plus simple et plus avantageux de se servir du bistouri. Il fait saisir par les doigts d’un aide les deux côtés de la lèvre, de façon à comprimer l’artère coronaire, et enlève la tumeur en la circonscrivant par une incision en V ou plutôt par une double incision curvilignè en C renversé. S’il existe en même temps que le néoplasme de la lèvre un ou deux VJL/ ganglions médians sushyoïdiens, il en pratique également l’extirpation en faisant partir du milieu de la con- l> vexité (fig. 261) de l’incision curviligne a une seconde in- Fig. 2CI . cision verticale ab qui permet d’arriver sur ces ganglions.
— Au point de vue de la conformation ultérieure de la région, il croit
préférable d’employer ce procédé à cet autre qui consiste à faire une
incision isolée sur les ganglions dégénérés. — Rapprochement des surfaces cruentées et réunion par suture entortillée. — Un fait d’observation est que les pertes de substance qui paraissent, au premier abord, très-considérables et devoir rétrécir notablement l’orifice buccal, ne donnent lieu, la plupart du temps, après la cicatrisation, qu’à une diminution fort minime de cet orifice et qui ne gène en rien les fonctions de la cavité buccale.
C. RÉTRÉCISSEMENT DE l’(Esophage. — Dilatation à l’aide de grosses bougies. — Les rétrécissements spasmodiques de ce conduit sont plus fréquents, selon M. Duplay, que ne le disent la plupart des auteurs.
Ils sont susceptibles de se laisser vaincre par un cathétérisme répété, et à cet effet il fait usage de grosses bougies en gomme élastique à bout olivaire et de plus en plus volumineuses (fig. 262, 263). 11 n’a pas eu occasion d’expérimenter la méthode de dilatation par les olives aplaties de M. Chassagny. Yoici comment il procède :
Après avoir introduit un 1 doigt au fond de la gorge pour
Fig. 263.— Bougieoli- abaisser fortement la base de veuve ü courbure fixe. jangue> jj introduit la grosse
bougie élastique jusqu’à la paroi pharyngienne, puis il la pousse
Fig. 2G2. — Bougie olivaire.