AFFECTIONS DE LA BOUCHE, DE LA FACE ET DU COU
récurrente est de 18 millimètres; l’écart entre cette partie récurrente à la tige est de 6 centimètres ; l’aiguille pique quand on attire le manche vers soi, comme s’il s’agit d’une érigne fortement recourbée. Quant au porte-ligature que Langenbeck a préconisé pour ce genre d opération (flg. 268), M. Duplay ne croit pas qu’il est indispensable d’en faire usage.
e. tumeur érectile veineuse, face. — Flè-
ches de pâte de Canquoin, injection de perchlorure de fer. — M. Duplay, pour*se mettre en garde contre tout écoulement sanguin, perfore la tumeur en divers endroits par de petits trocarts et introduit dans ces trajets de petites flèches de pâle de Canquoin, ce qui a pour effet de congeler le sang : peu à peu la rétraction se produit dans la masse; s’il reste une partie de la tumeur encore perméable, il emploie les injections de gouttes de perchlorure de fer à 30° à l’aide de g
la seringue de Pravaz.
f. LYÎU'II adénome et lymphosarcome paroti- | |f^ dien. — Intervention chirurgicale. — Autrefois, tout engorgement ganglionnaire chronique était regardé comme le résultat d’une irritation primitive (cuir chevelu, œil , nez, oreille, etc.).
Celte doctrine, défendue surtout par Velpeau, est évidemment beaucoup trop exclusive. 11 en est qui sont parfaitement primitifs, appartenant à ce groupe d'hyperplasie nouvellement décrit, qui offre encore quelques obscurités, mais qui ne peut se rapporter directement ni à la scrofule, ni à l’inflammation, ni au cancer proprement dit. Ces hyperplasies se présentent à nous sous Fig. 268. — Portediverses formes qui se trouvent en rapport avec l£j£ure de Lanaen~ la structure intime du ganglion lui-même; en C<
effet ce dernier se compose , d’une façon générale :
a. D’un- réticulum de tissu conjonctif;
h. D éléments figurés ( éléments cellulaires ).
Or, dans une première variété il y a hyperplasie simple, lymphadénome, c est-à-dire développement régulier et égal de ces deux éléments, le réticulum conjonctif et l’élément cellule prenant simultanément de 1 extension. Au point de vue de la thérapeutique et du
pronostic, ce premier degré offre déjà une gravité différente suivant que l’affection reste limitée au ganglion ou a tendance à envahir une grande surface et à se généraliser. L histologie ne ié\èle pas pour quelle raison tantôt la maladie reste localisée, tantôt elle prend, au contraire, une plus grande extension.
Dans une deuxième variété , c’est l’un des deux éléments précédents qui se développe outre mesure, on a alors le lymphosarcome lympho-sarcome dur de Ranvier (à réseau large et épais), quand c’est l’élément conjonctif qui prédomine, lympho-sarcome mou ou à qrosses cellules des Allemands, quand c’est l’élément cellulaire.
Eu égard à la thérapeutique, il serait important de pouvoir dire si on a affaire, en clinique, à un lymphadénome qui restera localisé, ou à un lympho-sarcome susceptible de se généraliser. Or, c est là un point du diagnostic très-délicat et qu’il est impossible de
oréciser.
Quant à l’intervention chirurgicale, elle est jugée différemment nar les chirurgiens de notre époque. Ainsi M. Trélat n’est pas d a-
àvoir tendance a a dans la science
m Plantcau, Th. inaug. Paris, 18“ 6 .
' . r* A 7 nVl'll
(2) Dupjay, Progrès médical , 7 avril 1Sm
tuées par des éléments complexes dont les uns sont nés aux dépens des éléments épithéliaux glandulaires, dont les autres dérivent du tissu conjonctif péri-acineux et péri-lobulaire à divers degrés de développement ou d’altération-
Au point de vue clinique, ces tumeurs complexes se montrent sous trois formes variables, eu égard à la marche et au pronostic . ou bien elles paraissent bénignes, ou bien elles revêtent les 'allures dune tumeur presque aussi maligne que le carcinome vrai, ou bien , après avoir revêtu pendant un temps plus ou moins long- (10, 15, 20 ans) les caractères de bénignité du premier groupe, elles semblent subir une modification brusque, parfois sous l’influence d’une contusion légère et devenir rapidement malignes. L’existence de l’hémiplégie faciale précoce est d’un mauvais augure, car elle indique non pas seulement une compression, mais un envahissement du nerf par la production morbide : les tumeurs •bénignes de la parotide même très-volumineuses ne donnent généralement pas lieu à cette complication.
11 n’y a pas à compter sur l’influence d’une médication interne ou externe pour amener la résolution de ces tumeurs. On ne peut penser qu’à une chose, l’ablation de la tumeur. Incision verticale suivant le grand diamètre de la masse et décrivant une légère courbé à convexité -postérieure : dissection de la peau qui se rabat en avant, de manière à mettre à découvert toute la masse morbide, extirpation de la tumeur, en ayant soin de commencer par la partie- inférieure, en liant les vaisseaux à mesure qu’ils sont divisés, de manière à ne pas les couper plusieurs fois dans le cours de 1 opération. A mesure qu’il pénètre plus profondément dans le creux parotidien, M. Duplay a le soin de disséquer le plus possible avec les doigts. Dans cette opération la section du nerf facial est souvent inévitable, et la présence de la carotide externe au fond de la région parotidienne peut être cause de complications graves. Il croit qu’il est inutile d’en pratiquer la ligature : se borner à faire faire la compression de la carotide primitive et avoir sous la main tout ce qu’il faut pour poser une ligature sur les deux bouts de l’artère carotide externe divisée.
a. ectropion. — Procédé de M. Richet. — Blépharorrhaphie . — M. Duplay choisit, selon la variété à laquelle il a affaire : soit la méthode française, dite par glissement, soit la méthode indienne, déplacement d’un lambeau autoplastique.
Fig. 269.
Méthode française. — Dans l’eclropion cicatriciel, suite de brûlure, par exemple, le procédé de W. Jones est souvent inefficace, parce qu’il ne peut pas exister une quantité suffisante d étoffe pour relever la paupière et corriger la luxation plfts ou moins complète du cartilage tarse qui s’est produite.
Le procédé de M. Richet permet, dans certains cas, de redresser plus facilement la paupière basculée. Il consiste, par une double incision sous-palpébrale, semi-lunaire et concentrique, à circonscrire un lambeau ou pont que Ton fait glisser en haut. Ce glissement laisse une surface cruentée que le chirurgien prend soin de combler à l’aide d un second lambeau de même forme ou deuxième pont pris plus bas et remonté également par glissement après l’avoir disséqué. Ces deux ponts, pour faciliter leur déploiement, peuvent êlre séparés en deux par une ligne verticale, de façon à représenter, après les sutures, le dessin • ci- contre (fig. 269) :
Quant à la méthode indienne , elle consiste à emprunter, si !a perle de 'substance faite pour redresser la paupière est trop grande, un lambeau sur une région voisine, le plus souvent la région temporale, et à le faire pivoter autour d’un pédicule adhérent de manière il ce qu’il vienne combler cette perte de substance.
Dans ces opérations une précaution qui doit primer toutes les autres et sur laquelle Denonvilliers a insisté avec tant de raison, est de pratiquer la blépharorrhaphie ou suture des paupières, qui est de nature àcontre-balancer le renversement ayant tendance à se produire après toute opération d ectropion.
Pour pratiquer celte blépharorrhaphie, on avive le bord de chacune des paupières, mais on a le soin, dans ce temps, de ne faire cet avivement que sur le bord glandulaire et non sur le bord ciliaire : c’est avec des ciseaux courbes fins qu’on peut enlever le plus commodément une petite lanière étroite de ce bord libre.
be chirurgien, pour éviter toute récidive, doit prendre à tâche de laisser cette suture palpébrable intacte pendant plusieurs mois, une année même; puis, lorsqu’il juge que le tissu cicatriciel a perdu presque complètement ses propriétés rétractiles, de ne précéder que graduellement à la désunion des bords des deux paupières et de temps en temps par petits coups de ciseaux.
b. cataracte. - Procédé de de Graefe. — C’est le procédé de de Graefe (extraction linéaire périphérique avec iridectomie) qu’emploie le plus souvent M. Duplay; - il opère, le malade étant cou-
AFFECTIONS DES YEUX. 3oI
ché, se met en arrière pour l’œil droit en avant ou de côté pour l’œil gauche : il ne se sert pas de blépharostat, mais des doigts d’un aide pour écarter les paupières ; pour fixer l’œil, il saisit la conjonctive
Fig. 270. — Pince fixatrice de de Graefe.
avec la pince de Waldau analogue à celles de de Graefe et de Daviers (fig. 270, 271), qui permet de diriger le globe oculaire en bas : le couteau de de Graefe étroit et pointu, et tenu le tranchant vers la partie supérieure, est enfoncé dans la sclérotique à 1 millimètre environ de la circonférence cornéenne et à 2 milli-
Fig. 271. — Pince fixatrice de Daviers.
mètres au-dessous de la ligne horizontale tangente à la partie supérieure de celte membrane transparente. On fait cheminer ce couteau dans la chambre antérieure, de façon à ce que sa pointe vienne ressortir au point diamétralement opposé à son entrée ; quelques petits mouvements de va-et-vient suffisent pour diviser la sclérotique.
La section de l’iris se pratique en deux temps de la manière suivante : une pince à iridectomie attirant cette membrane au dehors, la main d’un aide armée de petits ciseaux courbes sectionne la
Fig. 272. — Curette d' écaille de de Graefe.
moitié du segment de l’iris qui est rendu saillant, le chirurgien continue à tirer sur cet iris, et les ciseaux achèvent la section de ce qui reste : pour faire sortir le cristallin, il emploie le kyslitome droit ou coudé, et, s il est besoin, la curette en caoutchouc durci ou en écaille de de Graefe (fig. 272). Pansement avec des rondelles de charpie superposées sur chacun des yeux et légère compression avec une bande de flanelle.
S’il y a douleurs oculaires le soir, injections répétées sous-cuLtnées de chlorhydrate de morphine au niveau de la tempe.
e PLAIE DE LA cornée, HERNIE de l’iris. — Rédaction de Fins, atropine ou ésérine selon les cas, bandeau compressif, modérer les phénomènes inflammatoires. — Le diagnostic de la hernie de 1 bis cstplus simples, mais il n’en est pas de môme de son pronostic (1). Dans les cas heureux sans doute la hernie de l’iris se réduit peu à peu, et la cornée se cicatrise, le malade en est quitte pour une alteration plus ou moins grave delà vision ; il ne faut pas toutefois trop compter sur cette terminaison. M. Duplay estime que la guérison sans complication ne survient pas dans plus de là m0lllé des ^ ‘ ces accidents sont le phlecpnon oculaire (ophthalmie, panoph halm e} Yhypopion, la cataracte traumatique, enfin l’iris et ^.do-choroidi e chroniques suivies de l’atrophie de l’œil et delà perte complète de a vision On voit donc combien il est important de s opposer dès le début à des accidents dont les suites sont si graves, et, comme la her- • Hp l’iris dit M Duplay, est la cause de tous ces acccidents, c es contre elle que doivent si concentrer tout d’abord les efforts du ch, rureien • d’abord il n’est pas impossible, dans certains cas très-fa rlbles et au premier moment, d’obtenir la réduction de cette hernie nar de légères frictions à travers les paupières, soit en la 'repoussa nîus directement à travers les lèvres de la plaie corticale au moyen d’un stylet ou d’une curette, moyen plus puissant : emploi de cer- ^ • c alcaloïdes agissant sur les fibres musculaires de 1 iris : atr opine attirant vers la périphérie la petite circonférence de l’iris en agissan |
âsssss
n'ée‘ 1 ires et tirer vers hf centre la partie marginale de 1 iris. - Les circulaires ettirei veis échouer exciser la portion
tentatives de réduction Menu Dimlav insiste tout parti-
herniée avec de lins ciseaux ^0Ul ^ j réduction de l'iris,
culièrement sur I « èi“e cSoforure pour faciliter
et n liés, te pas à emplo) er réduction obtenue, bandeau com-
Métrisation de la cornée. Quand 1. est trop tard (1) Duplay, Progrès médical, 3 février 187 1 •
et que l’inflammation est survenue, ne plus tenter de rentrer l’iris, modérer les symptômes inflammatoires par l’usage de mydriatiques pour dilater la pupille et produire une diminution dans la tension inlra-oculaire .
rupture des tendons. — Anastomose des tendons. — Dans un cas de rupture sous-cutanée du tendon du long extenseur du pouce de la main droite qui entravait singulièrement l’usage de ce doigt, M. Duplay, après avoir appliqué la bande d’Esmarch, si utile en pareil cas, pratiqua une incision de 3 à 4 centimètres au niveau de la tabatière anatomique en suivant la direction du long extenseur propre du pouce. — Il constate la rupture, mais il ne peut trouver le bout supérieur ; il prolonge l’incision, découvre cette extrémité et reconnaît l’impossibilité de mettre en contact les extrémités du tendon, même en plaçant le pouce dans l'extension forcée : il fait alors à travers le tendon du premier radial et en se rapprochant de son insertion inférieure au deuxième métacarpien une boutonnière dans laquelle il engage l’extrémité du bout inférieur du tendon du long extenseur. — Un point de suture métallique : réunion des lèvres de la plaie cutanée, attelle plâtrée maintenant l’extension du pouce, pansement simple légèrement compressé avec la ouate. — La réunion manque, et la suppuration est abondante. — Peu à peu la plaie se cicatrise, et le pouce jouit, à peu de chose près, de ses mouvements normaux.
La même opération (1) a été pratiquée par M. Tillaux, et cette fois pour une plaie faite par une glace de voilure au tendon du longextenseur du pouce, et non pour -une rupture, comme dans les cas de M. Duplay.
(l) Tillaux, Bulletin de la Soc. de chirurgie , 29 novembre 1870.
fiiu.ETTE. — Chirurgie journ.
HOPITAL LARIBOISIÈRE
M. LE DOCTEUR PANAS (1)
|o AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITO-URINAIRES ET SYPHILIS (HOMME ET FEMME).
a CYSTITE DU COL vésical. - Pilules composées. - Dans .e cas de cvsîite se caractérisant par des douleurs assez vives au niveau de rhvDoVastre se propageant parfois jusqu’à l'extrémité de la verge cf s'accompagnant de ténesme rectal et vésical avec, recrudescences assez marquées, M. Panas emploie parfois, s il n existe surtout au cun phénomène inflammatoire aigu, les mjectiom baham .ques el narcotiques : les injections ou irrigations d 'eau froide ou plulô ■Yctiu tiède lui ont donné aussi de bons résullats, mais il s est parlita, .(ment bien trouvé de l'emploi de pilules mixtes, composées de "^ de potassé de sulfate de quinme et d’opium, formutt ZZon à faire prendre au malade 2 grammes du premier
^rlescr^m et M. Panas , rejette
repos au ht et d P Velpeau, les mouchetures cm,
V' ’ nraüoué'es à l'aide de la lancette, el que l'on peut répéter “a \Pnl rieurs reprises suivant les indications. Elles agissent
„,lTemont en débridant la tunique vaginale et aussi en, ès'P., , l’écoulement d’une certaine quantité de sang. H cm
* évite surtout de les faire applique,
(I) 18113, chirurgien du bureau
'•'^'SS^ÏS.7^ - «J.* n,«piuiurib.lsit™.
"(îfvu’ir le service de >1. le F**”" Rlclie'’
sur le scrotum : c’est sur le trajet du cordon qu’elles doivent être posées.
c. phimosis. — Pince spéciale. — Les pinces que ce chirurgien a imaginées pour l’opération du phimosis et qu’il a présentées à la Société de chirurgie le 23 octobre 1867, se composent d’une première fixatrice placée sur le prépuce, et d’une seconde fenêtrée glissant sous la première dans une direction oblique et parallèle à la base du gland : à l’aide d’une vis mobile à écrou et placée en haut, on ramène les deux branches fenêtrées au parallélisme. Le gland se tasse, et fuit en arrière comme un noyau entre les doigts. — La peau et la muqueuse se trouvent excisées au même niveau. — Réunion au moyen de serres-fines, après avoir eu soin d’arrêter tout écoulement sanguin, pour avoir une réunion par première intention se traduisant par une cicatrice linéaire dans les vingt-quatre heures qui suivent l’opération. Il ne faut pas laisser les serres-fines plus de quelques heures, afin d’éviter la formation de petites eschares correspondant à chacun des points touchés par la serre-fine et, par suite, la suppuration qui en est la conséquence inévitable.
Si, au lieu de serres-fines pour la réunion, on veut recourir à la suture, M. Panas emploie une pince à deux fenêtres; après avoir passé les points de suture au préalable par la fenêtre la plus rapprochée et la racine de la verge, il fait courir le couteau dans la fenêtre antérieure de la pince.
d. hydrocèle vaginale. — Emploi de la teinture dé iode. — M. Panas (I) reconnaît le plus souvent comme déterminant l'hydrocèle l’induration épididymaire (épididymite essentielle subaiguë indolente) que l’on rencontre si fréquemment en pareil cas, et qui ellemême dépend d’un travail irritatif sourd des altérations du col de la vessie et de la prostate (âge de 40 k 50 ans). Comme fondant de l’induration épididymaire et testiculaire, on doit donc de préférence dans l’injection se servir de l’iode plutôt que du vin et de l’alcool, et même administrer à l'intérieur l’iode de potassium et une indication alcaline.
e. kyste ovarique. — Trocart spécial. — Le trocart imaginé par ce chirurgien a pour but d’empêcher la moindre goulte de liquide de s’épancher dans le péritoine. Il se compose (fig. 273) d’une canule munie de quatre ailettes s’écartant en A sous l'influence d’un mouvement de la vis de rappel E; un curseur à plateau R glisse sur le canal et peut être fixé dans une position quelconque par la vis de
(1) Panas, Arch. gin. de mid., janv. 1872.
pression D : quanl au Irocart, il est fixé sur un manche au moyen de la vis de pression F. Lorsque le trocart a été poussé dans le kyste, on fait saillir les ailettes AA, afin qu’elles s'appliquent contre la face interne du kyste, on fait descendre le plateau B jusqu’à ce
qu’il soit appliqué sur les téguments.
Il en résulte que la paroi du kyste est serrée contre la paroi abdominale, et qu’il ne peut s’échapper de liquide dans la cavité péritonéale.
Dans une note lue à l’Académie (1),
M. Panas dit qu’il existe parmi ces kystes une classe à liquide spécial et dont le traitement est des plus simples : ce liquide est d’une diaphanéilé parfaite (peu de matière protéique, beaucoup de chlorure de sodium) et un peu analogue à celui des kystes spermatiques de l’homme. — Le traitement consiste simplement à en faire la ponction, qui, sans injection iodée, donne lieu à une guérison définitive :
il est donc bien plus facile que celui de l’hydrocèle qui exige l’emploi d’injections instantes.
M. Panas a également attiré l’attention sur la nature véritablement maligne de certains kystes ovariques qui ne semblent pas différer sensiblement des autres variétés tout d’abord mais qui, opérés pa l’ovariotomie, récidivent et se généralisent dans les ganglion,
mercurielles. - Selon M. Panas, les fric
rions mercurielles constituent une des meilleures manières d adnn- • ... i„ mercure — Ce moyen est actif, puisqu il est un <. e ceux 1 pnt lp D|US rapidement la salivation : pour prévenir
SePJerXe, il s'attache surtout, dès le commencement du Ira.i pAtoi dp la bouche du malade en faisant usage d une la çoTpréventive de gargarismes astringents, un de ceux qui lui ont particulièrement réussi est le suivant :
(l) Nature e « traitent d, «rtf» ***« * HrtpV*. *
méd., 10 mars 1875).
e £.rut
Fis.
— Trocart de Panas.
Pondre de quinquina j & j5 grammes.
Extrait de cachou )
Tannin 2 —
Alun 1 —
Essence de menthe ou d’anis.. .. Q. S.
M. Panas pense que l’emploi des frictions mercurielles abrège singulièrement le traitement de la syphilis dont les accidents résistent moins à leur usage qu’aux autres modes d’application. — Ce moyen a le gxand avantage de ne point fatiguer l’estomac, et, si l’on veut employer le bi-iodure, c’est par l’administration de l’iode à l’intérieur et du mercure à l’extérieur, qu’on obtiendra le résultat désiré sans accidents fâcheux pour le malade. — De plus, il est bien plus facile que pour toute autre préparation de doser le mercure en frictions (de 4 à 6 grammes par jour d’onguent mercuriel double). — Elles agissent contre les syphilis rebelles de préférence aux autres moyens connus; enfin elles trouvent surtout leur application dans la syphilis infantile; car, en ce cas, elles ne déterminent aucune salivation.
g. végétations vulvaires. — Excision, acide chromique, tannin , gomme adragante , poudre de sabine et d’alun. — Ces végétations ne sont pas de nature syphilitique, elles sont surtout le résultat de l’irritation produite par l’écoulement des liquides vaginaux; les femmes enceintes y sont bien plus sujettes : M. Panas rejette toute opération, dans ces conditions, par crainte de l’avortement : nous avons vu à Lariboisière M. Tillaux pratiquer l’excision suivie de cautérisation à l’acide chromique, de végétations vulvaires énormes chez une jeune femme grosse de huit mois, qui réclamait absolument l intervention ; l’avortement n’eut pas lieu, et la guérison fut complète.
M. Panas emploie l’excision avec les ciseaux (ébarbement), de préférence aux cautérisations qui lui paraissent produire plus volontiers des indurations après l’excision; couvrir les surfaces cruenlées avec un mélange de poudre d’amidon et de calomel ou d’oyxde de zinc. Toutefois, ces moyens sont fort douloureux, et chez les lemmes pusillanimes il fait usage aussi de badigeonnages avec un mélange de tannin et de gomme adragante. Enfin il saupoudre, dans certains cas (1), les végétations du mélange escharotique suivant :
Poudre de sabine 4 grammes.
Poudre d’alun 16
(I) Voirie service de M. leDrAl. Guérin.
qui produit la dessiccation de ces végétations quand elles sont
d’un petit volume.
h. PÉRiNÉORimAPniE. — Dédoublement de la paroi recto-vaginale. Dans les cas de déchirure très-prononcée, M. Panas recommande tout particulièrement le dédoublement de la cloison recto-vaginale comme un excellent procédé, en ayant soin de faire des incisions latérales très-profondes du côté des fesses pour favoriser 1 aürontement des surfaces. Il recommande également de ne point opérer trop tôt après l’accouchement attendre : de deux à quatre mois.
i. catarrhe du col utérin. — Douches utérines. — Ce chirurgien est partisan dans certaines affections du col de l’utérus et, en particulier,
Fiü. 214. — Appareil à douches de Mayer (de
Vienne).
dans le cas d'engorgement, de catarrhe de ce col, etc.; on je ut à cet effet se servir de tonte espèce d'irngateur, mais cependant,
affections des. organes génito-urinaires et syphilis. 359
leur usage, la projection du liquide n’offre pas une intensilée suffisante. L’appareil de Mayer (de Vienne) est certainement un des meilleurs que l’on puisse employer (fig. 274). C’est une pompe foulante se fixant sur le bord d’une table (Gaujot et Spillmann). Le tube flexible supérieur sert à l’aspiration du liquide, et celui qui est inférieur au corps de pompe est le conduit de transmission; — lige
Fig. 275. — Appareil à air comprimé de Mathieu pour les douches internes.
A, -vis servant à fiver l'appareil ; B, pompe foulante; réservoir de cuivre; D, ajutage continué par un tube en caoutchouc ; E, canule.
de piston munie d’une crémaillère s’engrénant dans une demiroue dentée à laquelle s’adapte un manche à levier qui, par la pression de la main, fait monter et descendre le piston. L’appareil de Malhieu (fig. 275) à air comprimé nous paraît tout aussi commode, plus simple et surtout moins cher, ce qui n’est pas à dédaigner : pompe foulante s’ajustant sur un réservoir de cuivre C. On modère la force du jet par la rapidité plus ou moins grande des mouvements imprimés au piston.
a. rétrécissement du RECTUM. — Rectotomie par incision. — M. Panas n’emploie pas la dilatation qui est, en général, supportée difficilement par les malades et qui est le plus souvent inefficace,
Fig. 27G. — Reclotome de A. Amussat,. fermé.
môjme lorsqu’elle a le bonheur d’être tolérée. — Il ne fait pas non plus usage de la cautérisation ou de l’écrasement linéaire. — Il donne la préférence à l 'incision du rétrécissement et de la paroi rectale postérieure qui a fourni des succès entre les mains de Nélaton.
A. Amussat a imaginé un rectotome ressemblant pour la forme au dilatateur (fig. 270,-277, 278) de M. H. Larrey. A la tige inférieure E est adaptée une gaine creuse représentée isolément en N (fig. 278) dans laquelle joue un mandrin D muni d’une lame articulée L : un pas de vis G fait sortir ou rentrer cette lame à volonté. M. Panas croit que la plupart du temps on peut se dispenser d’avoir
recours à cet instrument spécial : il se sert simplement d’un bistouri boutonné conduit à plat sur le doigt indicateur . — Il est rare qu’il pratique des débridemenls multiples.
b. fistule stercorale. — Entérotome modifié.
— Ce n’est qu’après avoir essayé, à diverses reprises et sans succès, l’entérotome de Dupuytren que M. Panas lui a fait subir certaines modifications par lesquelles cet instrument plus épais et moins long est manié avec beaucoup plus de facilité : chacune des branches (fig. 279) peut être introduite isolément dans l’intérieur
âADOUREAU.
r/iUET.
l'ig. 277. Rectotome de A. Amussat, ouvert.
I1 ig. 27 S. — La tige creuse et la lame du rectotome.
L, lame du rectotome. — N, tige creuse glissant dans la rainure de la branche E. — D vis — Lfrire E S6r °" é,CVW lamC- - B’ PN- ***** à faire mouvoir îà tige N
déjà fistule, et toutes les deux se réunissent aisément, grâce à une
arLiculation qui a quelque analogie avec celle du forceps anglais.
M. Panas insiste beaucoup sur la différence qui existe entre la fistule slercorale et l’anus contre nature proprement dit: selon lui, la fistule
existe une véritable muqueuse de nouvelle formation qui se continue avec la peau environnante comme le bord des lèvres, ce qui ne laisse presque aucune chance de guérison spontanée dans la fistule stereorale: au contraire, il n’existe qu’une pseudo-muqueuse tapissant ♦
• i > * l w-v-» ni onnn i
toutes les parois du trajet anormal, conditions anatomo-pathologiques qui ont leur
méthodes thérapeutiques.
c. chute du rectum. — Cautérisation
bonne couche de collodion, attendre qu elle soit bien sèche, puis appliquer à la marge de l'anus et dans l'épaisseur même du derme cinq pointes de feu au moyen du cautère à pointe de platine.
a. fracture de la rotule. — Plan incliné.— Il laisse à découvert l’endroit fracturé et surveille le rapprochement des deux
l’extension la plus complète sans chercher Fis:. 279. — Entérotomo , ;iff>onter ces fragments, à l’aide de ban-
ne.diffère pas seulement de ce dernier par l’étroitesse de son orifice, comme on le répète dans les livres classiques; mais bien par sa constitution anatomique : tandis que, dans l’anus contre nature, î
/ h] llULlb -x-
1) importance au point de vue du choix des
•péri- anale. — Recouvrir les parties d’une
fragments.il se contente, en général, de placer le membre sur un plan incliné dans
~ nhûp/'hpr
ploralion axillaire, on exagère de l’autre main l’abduction du bras : il est alors possible, dans cette situation, de toucher la tête; mais on ne peul pas introduire les doigts entre elle et la paroi thoracique : on ne rencontre, en un mot, qu'un angle rentrant.
M. Panas insiste particulièrement sur l’examen de la contractilité musculaire, afin de porter un pronostic exact sur les fonctions ultérieures du membre et de dégager la responsabilité du chirurgien aux manœuvres duquel on pourrait imputer les troubles consécutifs à la réduction. Il commence par examiner la contractilité ‘physiologique de chacun des muscles de l’épaule (y a-t-il ou non paralysie du nerf circonflexe, du bras, de l’avant-bras ?) : dans ce dernier cas, il faut se méfier et bien distinguer la supination véritable qui est due à l’action des muscles de l’avant-bras lui-même, de celle qui peut être imprimée par le muscle biceps : vient ensuite l’exploration de la contractilité électro -musculaire.
Si, avant la réduction, les muscles se contractent à l’aide de l’électricité, on en déduit que cette contractilité n’est pas complètement abolie, ce qui vous permet de porter un pronostic plus favorable ; sinon, le pronostic est grave, car il y a tout lieu de croire que la paralysie persistera après la réduction. Sans établir, comme plusieurs ont voulu le faire, une différence bien tranchée de contractilité musculaire, suivant qu’on a affaire à la cause rhumatismale ou au traumatisme, M. Panas pense, dans ce dernier cas, que le plus ou moins de résistance des phénomènes de cette contractilité indique le degré de compression des nerfs. Les dissections pratiquées par ce chirurgien l’ont amené à bien établir que ce n’est que dans cette variété intra-coracoïdienne qu’il y a paralysie, et que cette dernière est due non pas à une compression du plexus entre la clavicule et la première côte; mais à celle du plexus par la tête humérale.
M . Panas commence toujours par essayer la réduction par des procédés de douceur, sans employer le chloroforme et en faisant la tiaction sur le coude et la contre-extension ordinaire. Un. temps sur lequel il insiste tout spécialement est la fixation de l'omoplate au moment de la coaptation: on y parvient soit en faisant appuyer par un aide de haut en bas sur l’acromion, soit en appuyant soimême avec la main gauche : on pourra trouver dans Hippocrate de curieux détails relatifs aux divers procédés mis en usage pour fixer le scapulum et le repousser en bas, tels que : appuyer l’épaule du patient sur le barreau d’une chaise, ou bien au moment de la coaptation, donner avec son front un coup sur l’acromion pour pennettie à la tête de reprendre définitivement sa place.
Lorsque les moyens de douceur ont échoué, il fait usage des moufles avec le dynamomètre de Gharrière (lig. 28Ü et 281) et la pince
à échappement de Nélaton. C’est l’instrument, disent MM. Gaujot et Spillmann (1), le plus simple et le plus généralement adopté. Un
lenon B, s’engageant (0g. 282) clans un double
branche inférieure, maintient 1 anse de corde A. L autre extrén
(,) Arsenal de ta Chirurgie conte, poraine * *** dation des appareils el instruments. Pans, 1867, tome I, P- 3W.
de cette même branche donne attache au lien opposé. Il suffit de presser sur la branche supérieure qui supporte le tenon pour dégager celui-ci et ouvrir la pince.
La contre-extension se fait sur un point fixe à 1 aide de coui-
Fig. 282. — Pince à échappement de Nélat.on pour la réduction des luxations
à l'aide de la moufle.
roies rembourrées. Elle doit porter sur le tronc ou sur les membres par des surfaces larges, convenablement garnies d’ouate ou de tout autre remplissage afin d’éviter les froissements. L 'extension est appliquée sur le membre luxé et s'exécute au moyen de bracelets de cuir épais et solides matelassés et garnis de peau de chamois. Une bande de flanelle est d’abord enroulée autour du membre placé dans la position qu’il doit garder pendant toute l’opération. Ainsi l’avant-bras sera fléchi à angle droit, et les doloirs de la bande remonteront jusqu’à l’aisselle, d’où l’on conduira un jet de bande au poignet pour empêcher tout mouvement d’extension de l’avant-bras. Le bracelet sera mis au-dessus de l’épicondyle et de l’épitrochlée et fortement serré avec des cordes dont on enroulera les extrémités sur des bâtons arrondis, afin d’exercer une conslriclion plus énergique. Il doit être échancré en avant pour s’adapter à la saillie de l’avant-bras fléchi : latéralement il supporte deux anneaux d’acier auxquels se fixent des œ métalliques, destinés à recevoir une anse de corde se continuant avec le reste de l’appareil.
Nous avons vu, il y a cinq ans, dans son service, une femme de cinquante-neuf ans chez laquelle des tractions modérées suffiren l à amener la réduction de la tête humérale : la malade fut envoyée au Yésinet et revint au bout de quelques jours avec un épanchement de sang énorme partant de l’aisselle, envahissant le bras et s’é-
HOPITAL LARIBOISIÈRE
LE DOCTEUR PANAS.
tendant môme jusqu’au bassin : il y avait eu anévrysme ditt'us par rupture de l’artère axillaire; la ligature de l’artère fut pratiquée en dehors des scalènes, une eschare se forma, se détacha et laissa sortir une quantité énorme de caillots : la malade était alors en bonne
Alèze en cravate servant à faire la contreextension bi-latcrale dans l’appareil du Dr Hennequin modifié, en comprimant les racines des deux membres dans les anneaux lormés pai le contournement des chefs de l’alczc.
Serviette en cravate servant à faire la contre extension uni-latérale dans l'appareil du Dr Hennequin modifié. — Elle comprend en anse la racine du membre, prend scs points d’appui sur l’ischion, le pubis et la crête iliaque et se trouve fixée à la tctc du lit par une corde.
voie de guérison. Nélaton a pratiqué aussi la même opération, mais avec insuccès. A cette époque M. Panas relatait neuf cas de ce genre
dans la science, dont deux guérisons. ...
c fracture de la cuisse. - Appareil à extension continue du Hennequin. - M. Panas donne la préférence à l’appareil de M. Hennequin que nous avons décrit dans le service de M . Désormpaux et que la figure 285 représente ici appliqué. La h0ure 286 représente l’appareil modifié dans lequel M. Hennequin (1) a mge- , eusem nt remplacé les pelotes G, H, I par la simple senne! e en cravate lacs contre-extenseur AB V (lig. 28* et 286)et le bracelet et àmo eliére par laservietleEen 8 de chiffre donll’anuM» supér.eur embrasse le fiers inférieur de la cuisse, et l’anneau mfér.eur la partie supérieure de la jambe.
,0 Hennequin, De Coxlemion coulis dam la Moment des fractura* do ouiooo,
1 vol., 1877.
l'ig. 285. — Appareil du Dr Hennequin, vu appliqué.
A, gouttière armée tl une tige coudée D. — D, tige coudée portant deux pelotes G.et 11. — G, pelote externe (point d’appui de la contre-extension sur la fosse iliaque externe). — H, coussin en boudin, interne (point d’appui de la contre-extension sur les branches horizontale et descendante du pubis). 1, coussin en croissant, inférieur (point d’appui de la contre-extension sur l’ischion). — - d, bracelet (point d’appui de l’extension sur les condyles du fémur). e, mol-
letière â'rigole (point d appui de l’extension sur la face postérieure du mollet).
Fig. 28G. — Appareil du Or Hennequin modifié, vu appliqué.
C, C, attelles latérales sur lesquelles s’enroule un drap fanon formant gouttière. ««elle antérieure maintenue comme les précédentes par trois lacs bouclés. A, I), chiflrc
seurs en cravate dont les extrémités se croisent en V. - lî, scry,ettc en ^cravak ^ c^en s de^tre dont l’anneau supérieur embrasse la cuisse et 1 anneau inférieur . ]. e cn nidcfcrpou- — 4K., poids faisant l’extensioo. — SS , bandes de suspension. ’’ g . .. ■ •f.s i„.xrai,.3
vaut remplacer la gouttière artilicicllc formée par le drap fanon et les attelles latcialcs.
P, poulie de réflexion pouvant se fixer au dossier d une chaise.
d. désarticulation tibio-tarsienne. — Appareil de M. Bainal. L’appareil simple et solide de M. Rainai, donL il s est servi dans un cas présenté à la Société de chirurgie (1), se compose d’une molletière en cuir moulé, lacée sur la jambe, et fixée à deux attelles latérales d’acier qui s’articulent sur un étrier teiminé pai une semelle. Cette dernière, également en acier, est recouverte de liège simulant exactement la forme du pied. La forme du talon est évidée, de façon à pouvoir loger l’extrémité du moignon, lequel prend son point d’appui sur un coussin dont la hauteur sert à suppléer au raccourcissement du membre. — Les mouvements de flexion et d’extension du pied artificiel sont obLenus au moyen de deux bandes élastiques se croisant sur le cou-de-pied, et embrassant à la fois le bas de la jambe et le pied artificiel. Un ressort placé sur la semelle au niveau de l’articulalion métatarsienne maintient la pointe du pied légèrement relevée et facilite la marche.
a. tétanos. — Traitement mixte. — M. Panas a employé souvent le chloral par la voie digestive et à haute dose; mais il est loin de considérer ce médicament comme un spécifique; il aurait plutôt tendance à faire usage d’un traitement mixte composé de bains de vapeur , A injections hypodermiques, de chlorhydrate de morphine (10 à 15 centigrammes par jour) et de bromure de potassium (8 grammes par jour).
b. névralgie trifaciale. — Névrotomie intra-buccale du nerf buccal. — L’opération est indiquée pour les névralgies rebelles et datant de longues années. La bouche est tenue largement ouverte : Y écarteur des joues de Lüer (fig. 289) peut dans cette circonstance rendre service. De plus, la bouche est bien éclairée à l’aide par exemple de V abaisse-langue réflecteur de Ricord (fig. 287). L’index gauche est porLé au milieu du bord coronoïdien de la branche du maxillaire : il pratique parallèlement à son ongle une incision verticale de la muqueuse de 2 centimètres et demi de long, commençant au milieu de la dernière molaire (2) supérieure jusqu’à l’inférieure correspondante : division des fibres du buccinateur, et, après avoir recherché
(1) Panas, Bull, de la Soc. de chir., 1er mars 1876.
(2) Panas, De la section du nerf buccal par la bouche. — Règles opératoires à suivre. — Opération chez une femme. — Note lue à l’Académie de médecine, séance du 23 déc. 1873. Arch. gin. de méd., févr. 1874, 1, p. 181, et Union médicale, 1874.
Cillettb. — Chirurgie journ. 24
avec un petit crochet mousse (fig. 288) le nerf qui se dirige d’arrière en avant, le chirurgien en fait la section ou l’excision avec des ciseaux courbes, sur le plat et à pointes mousses. Il suffit de tordre l’artériale qui l’accompagne pour arrêter l’hémorrhagie.
c. délire alcoolique. — Chloral et morphine. — Il emploie beaucoup le chloral dans le délire alcoolique, suite de traumatisme (de
Fig. 287. — Abaisse-langue articulé , avec réflecteur et porte-bougie articulés.
3è. 6 grammes par jour). Le calme lui paraît se rétablir avec d autant plus de rapidité, qu’on joint à l’usage de ce médicament l’usage
Fig. 288. — Érigne mousse à une branche.
ies injections sous-cutanées de morphine à une dose bien plus modérée quedansle cas précédent(l il 2 centigrammes de chlorhydrate).
il. paralysie du nerf radial (par compression). — Courants électriques continus. — M. Panas (1) a insisté sur un mode particulier de paralysie partielle du nerf radial, par compression, produite fréquemment dans une attitude habituelle pendant le sommeil ; certaines personnes, en effet, s’endormant en plaçant leur tête sur le coude fléchi à angle droit. Dans cette position, tout le poids de la tête reposant sur la face externe du bras, le coude et l’avant-bras étant appuyés par leur face interne sur un plan résistant (sol, table, etc.), il en résulte une compression du nerf radial dans le point où celuici, émergeant de la gouttière de torsion de l’humérus; devient superficiel dans une étendue de 8 à 9 centimètres, placé entre le long
Fig. 289. — Écarteur des joues de Hier (2).
supinateur et le premier radial externe d’une part et le brachial antéiieur d autre par. Le nerf, dans ce trajet, est sousaponévrotique, et singulièrement exposé à la compression, aussi M. Panas
1 n’hésite-t-il pas à rapporter certaines de ses paralysies uniquement à ce mode de compression. — La durée de cette sorte de paralysie est variable, un ou deux mois en moyenne. Il emploie, pour la combattre, les 1 1 ictions excitantes, les sinapismes, les vésicatoires, mais c est sut tout àl électricité {courants continus ou interrompus ) qu’il s’adresse, car, dans ces cas, le muscle est intact, et la contractilité volontaire du muscle peut être réveillée.
La paralysie des extenseurs des doigts abolit seulement l’extension
(*) Panas> Bull, de l'Acad. de méd., 1871.
(j) Bull, de L Acud. de 'méd., 1 SG l . Cet instrument est destiné à faciliter l’exnP r i[) de a pai't10 lnterne des joues et de la bouche. Il est formé de deux
parilLo I
Le manche et la partie buccale.
dn^nmUie* afCClC u."e foime demi-circulaire à. bords renversés en forme de gor^e ?bmser ,es bmds « '* *— •*« d.slèvresf c.1 U partie buccale nrésetio 0|,eilnes 3° trouvent ainsi logés dans cette rainure. m P , p lte une circonférence assez grande pour écarter large-
ment les lèvres et permettre d’explorer l’intérieur de la bouclie. S
des premières phalanges (1). Lorsqu’en effet on maintient, dans ce cas, le poignet relevé et que l’on dit au malade d’ouvrir la main on voit qu’il ne peut relever (fig. 290) les premières phalanges sur les
Fig. 290. — Figure démontrant que , malgré la paralysie des extenseurs des doigts, extension des deux dernières phalanges peut être exécutée volontairement par e malade , loi'squ’on lui maintient les premières phalanges relevées.
métacarpiens. Mais, si les premières phalanges sont maintenues dans l’extension, comme dans la figure ci-jointe, le sujet étend facilement ses deux dernières phalanges sur les premières. On constate alors par l’exploration électro-musculaire que cette extension des deux dernières phalanges est exercée par les interosseux et les lombric aux.
Un mécanisme un peu différent préside parfois au développement de ces paralysies : on les rencontre par exemple chez des personnes qui se sont endormies le coude appuyé sur une table, la tête reposant dans la paume de la main, la main et les doigts se trouvant donc dans l’extension forcée ; ou bien encore à la suite de l’attitude dans laquelle le menton repose dans les paumes des mains, les deux coudes appuyés sur un plan résistant. Tous ces mécanismes doivent être pris en considération en fait de paralysie radiale, qui est fréquemment à frigore , c’est-à-dire d’ordre réflexe ou périphérique.
a. êpithélioma DE la face. — Caustiques. — M. Panas serait
(1) Duchenne de Boulogne, De l’électrisation localisée et de son application à la pathol . et à la thérap., 3e éd., p. 9G5, 18*2.
porté à penser, d’après les nombreux faits de récidive qu’il a observés après l’ablation par le bistouri, que l’emploi de l’instrument tranchant, dans le traitement du cancroïde de la face et même des sarcomes des autres régions, favoriserait la repullulation du mal, soit sur place, soit dans les ganglions; aussi, lorsque le produit morbide n’a pas une marche rapide, il ne se hâte pas d’opérer. 11 préfère en tous cas le caustique , qui lui semblerait prédisposer bien moins à la récidive que le bistouri. — Si l’épithélioma est surtout étendu en surface, il se sert de la pâte de Vienne. S’il s’agit d’un cancroïde volumineux, il fait usage de la pâte de Canquoin plus apte à détruire la tumeur jusque dans sa profondeur. — Dans le cas où il emploie le couteau, il ne manque pas de cautériser immédiatement la surface cruentée avec l’un des deux caustiques que nous venons d’indiquer.
b. grenouillette. — Injection de chlorure de zinc. — M. Panas fait remarquer combien, dans certains cas, cette affection est rebelle aux traitements chirurgicaux. Chez un de ses malades (I) on avait essayé inutilement tous les moyens, ponctions et injections iodées, séton, excision, passage d’un drain; la tumeur s’était reproduite rapidement, et dans les derniers temps on était obligé de la ponctionner de temps en temps pour éviter les accès de suffocation qui devenaient menaçants pour la vie du malade. M. Panas lui fit une première injection de chlorure de zinc (solution au 1/10); on piqua la tumeur sans en retirer de liquide au moyen de la seringue de Pravaz, et on y injecta huit à dix gouttes de cette solution. Le volume de la tumeur commença à diminuer peu de temps après cette opération, et une nouvelle injection fut faite au bout de quelques jours avec la même quantité de liquide, mais en employant cette lois une solution au cinquième. — Guérison rapide et complète. — Dans plusieurs autres cas de grenouillette moins graves, M. Panas s en est servi avec les mêmes résultats et s’est assuré que l’injection, qui varie de trois à quatre gouttes (jusqu’à 8 à 10 gouttes) suivant le volume de la tumeur, la concentration de la solution et aussi suivant l’âge du sujet, n’amène pas d’accidents.
Cette méthode, employée parM. Th. Anger et par Dolbeau (2), n est pas exclusive au traitement de la grenouillette ; elle peut être appliquée, comme cherche à le démontrer M. Th. Anger, aux kystes séreux et muqueux en général.
S“’ Journ: rle méd- et de chir- Pral-> 1876, p. 253.
( ) Voir les services du professeur Dolbeau et de M. leD' Th. Anger.
a. staphylome. — Trépanation de la cornée. — Pour diminuer la tension intra-oculaire qui est la cause de la saillie de la cicatrice cornéenne, M. Panas (1) a vainement employé la ponction, puis l'incision transversale de la cornée et môme l’extraction du cristallin. Il préfère appliquer une couronne de trépan , sorte de trou pupillaire occupant la partie moyenne du staphylome et comprenant toute l’épaisseur du tissu cicatriciel et une portion de l’iris, en quelques jours la cicatrisation s’opère et la saillie cornéenne disparaît complètement.
b. cataracte. — Kératotomie à petit lambeau périphérique. — La kératotomie, devenue classique, deDaviel (grand lambeau périphérique) est une opération excellente en soi et qu’on n’aurait pas songé à abandonner si elle n’exposait trop souvent à la perte de l’œil par suppuration et panophthalmie. Ce sont les chirurgiens anglais el, en particulier, Travers qui cherchèrent à lui en substituer une autre connue, sous le nom de kératotomie linéaire ; vinrent ensuite la kératotomie linéaire modifiée de de Graefe, les procédés de Küchler, Notla, Liebreich, etc., qui exposent fort souvent à l’enclavement de l’iris : c’est pourquoi (2) M. Panas a abandonné les incisions, aussi bien les centrales que les paracentrales, pour se rapprocher de la kératotomie à petit lambeau périphérique, qu’il pratique de la manière suivante :
Le couteau de de Graefe (fig. 291) étant tenu horizontalement et le
Fig. 291. — Couteau de de Graefe.
tranchant dirigé en haut, il pénètre avec la pointe, juste à la jonction de la portion transparente de la cornée avec le limbe scléro-cornéal. En ce moment, le couteau est dirigé obliquement, comme si l’on se proposait d’atteindre le centre de l’œil ; après quoi on traverse rapidement la chambre antérieure dans un plan parallèle à l’iris, et l’on pratique la contre-ponction sur le point correspondant,
(1) Panas, Bull . de la Soc. de chir., janv. 1874.
(2) Panas, Leçons cliniques sur la cataracte faites à Lariboisière en 1876.
juste i\ la jonction du bord transparent de la cornée avec le limbe. Au moment de la contre-ponction, on prend soin de diriger la pointe du couteau en avant, en portant le plus possible le manche de l’instrument en arrière. La ponction et la contre-ponction, ainsi faites, se trouvent situées aux deux extrémités d’une ligne parallèle au méridien horizontal et dont elle reste distante de 1 millimètre.
La cornée étant embrochée, on incise de bas en haut, d’abord du côté de la pointe, ensuite du côté du talon, en suivant exactement le bord transparent de cette membrane. Une fois le couteau avancé de 2 millimètres et demi environ, on le tourne brusquement en avant et en haut, et l’on achève la section du lambeau en suivant, autant que possible, le plan d’un grand cercle de la sphère. L’inci-
I* ig. 292. — Pince-ciseaux pour saisir et exciser l’iris (Meyer).
Fig. ‘293. — Pinces à iridectomie.
penot
Fig. 294. — Kystitomes de de Graefe et de Maurice Perrin.
Fig. 295. — Curette de Waldau, vue de face et de profil.
.X’ÜBUL.
ULCÈRES
sion cornéale, ainsi tracée, représente un lambeau arrondi à sommet tronqué dont la base mesure 6 millimètres, et la hauteur de 2 millimètres à 2 millimètres et demi au plus. Il se trouve éloigné du plan de l’iris par deux extrémités d’un demi-millimètre à 1 millimètre de chaque côté. Le sommet du lambeau s’écarte un peu plus de l’iris. En ce point, il subsiste une espèce d’onglet cornéal de 1 millimètre de hauteur qui protège à la fois l’iris et la zone de Zinn, c’est-à-dire la région véritablement dangereuse pour l’opérateur.
Ce mode opératoire met à l’abri de l’hémorrhagie et de la perte de l’humeur vitrée. — Il pratique aussi l’iridectomie, pour laquelle il se sert de pinces courbes présentant à l’extrémité de l’une des branches une petite arête conique (fi g. 293) reçue dans une mortaise creusée dans la branche opposée. Il ne fait pas usage des pinces-ciseaux de Meyer (fig. 292). Emploi du kystitome de de Graefe et de la curette de Waldau (fig. 294 et 295).
Issue facile du cristallin, coaptation parfaite des lèvres de l’incision, défaut à peu près constant d’hémorrhagie intra-oculaire et du prolapsus de l’humeur vitrée, tels sont les avantages de ce procédé que M. Panas emploie maintenant et depuis bientôt cinq ans jusqu’à exclusion de tout autre, aussi bien pour les cataractes séniles et dures que pour les cataractes molles.
ULCÈRES
des ulcères (1). — Traitement par, les hypochlorites. — M. Panas trouve que pour les ulcères aucune médication (alcool, acide phénique, etc.) ne peut être comparée au chlorure de chaux : dix ou quinze jours de 1 application de ce traitement suffisent pour rendre la suiface de 1 ulcère très-belle, l’oxygène naissant qui se dégage de 1 eau chlorurée au contact des matières organiques rend compte de ces bons effets. Solution à un tiers ou une demie d’eau : application de plumasseaux de charpie trempée dans la solution.
hlllfhiffîî Du traUement des ulcères variqueux par l’ application locale des
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M. LE DOCTEUR TILLAUX (1)
a. abcès dis la voute palatine. — Incision de bonne heure. — Dans les cas de suppuration enkystée ou diffuse de la voûte palatine, on doit toujours craindre la possibilité d’une nécrose du squelette, parce que les artères palatines sont entièrement contenues dans la tibro-muqueuse de cette région et s’y ramifient avant de pénétrer dans les os. De là, indication à fendre ces collections purulentes le plus tôt possible pour éviter cette complication qui entraîne fatalement à sa suite la perforation de la voûte palatine.
b. Perforation de la voûte palatine. — (Jranoplastie ; méthode de M. Baizeau. — Il préfère, pour les restaurations du palais buccal, ■la méthode en double pont de M. Baizeau qui consiste à sculpter dans la muqueuse de la voûte palatine deux lambeaux parallèles au
Fig. 296. — Ruffine cle Fergusson.
grand axe de la perforation qu’on laisse adhérer par leurs extrémités antérieure et postérieure et dont on détache la face supéi ieuie à l’aide d’un corps mousse, la rugine de Fergusson, par exemple (fig. 296), de la partie correspondante du squelette : comme périoste et muqueuse adhèrent intimement dans cette région, on ne peut s’empêcher en quelque sorte de faire, malgré soi, une ostéoplastie, ce qui est du reste se placer dans les meilleures conditions de succès. Pour écarter toute espèce de chance de sphacèle, M. Tillaux dispose les deux grandes incisions latérales, de façon à bien comprendre, dans l’aire de chaque lambeau, l’artère palatine postérieure: les tissus, alors, loin de se gangréner, se gonflent et se boursouflent dans les premières vingt-quatre heures qui suivent l’opération, ce
(1) 1863, chirurgien du Bureau central. - 1865, hospice de Bicôtre. — 1867, hôpital Saint-Louis. - 1867, hôpital Saint-Antoine. — 1872, hôpital Lariboisière.
qui témoigne de leur grande vitalité. Le temps qui consiste à inciser, puis h décoller la muqueuse et son périoste est assez douloureux et fournit parfois une hémorrhagie assez abondante, puisque M. Legouest, dans deux cas, a été obligé de faire une application de glace sur la voûte palatine pendant vingt-quatre heures.
On n’endort guère ordinairement les patients lorsqu’on pratique
.Fig. 297 .—Erignes montées sur une pièce à verrou.
Fig. 298. — Tdnticulum fixe.
des opérations à la voûte palatine, à cause des dangers produits par a pénétration du sang dans les voies aériennes. Voulant faire J bénéficier un de ses opérés de l’anesthésie (1) (opération d’urano-
ltalianaLomba''di«’^ ^vrier, et Revue de thérap.
plastie), le Dr Arturo Menzel le plaça, après chloroformisation, dans la position suivante. Le malade étant couché sur le dos de manière que sa tête et son cou fassent hors de la table d’opération, un aide fut chargé de la maintenir fléchie en arrière pendant tout le temps de l’opération. De cette façon la voûte palatine était en bas, et le sang provenant de l’avivement s'écoula par les narines. Pendant l’opération qui dura trois -quarts d’heure, il n’y eut aucun symptôme inquiétant du côté de la respiration et du pouls, mais la télé était tellement congestionnée que sa circonférence était augmentée de 1 centimètre.
c. grenouillette . — Excision. — Cautérisation. — M. Tillaux excise la paroi du kyste après l’avoir attirée en l’embrochant soit avec un ténaculum, soit avec les petites érignes d’acier (fig. 298 et 297) imaginées par Charrière et disposées de manière à pouvoir glisser dans une rainure pratiquée sur les côtés des mors d’une pince à verrou. Cette dernière disposition est avantageuses en ce qu’elle permet de placer les érignes dans la trousse ordinaire sans en augmenter le volume. Il cautérise ensuite tout 1 intérieur de la poche avec le crayon de nitrate d’argent, et répète les jours suivants cette cautérisation. Il n’a jamais observé à la suite de cette méthode mixte les accidents de suppuration sus-hyoïdienne que nous avons vus pourtant se produire, dans le service de M. E. Cruveilhier à Saint-Louis à la suite de l’emploi du même procédé, chez deux femmes dont la guérison, bien que ralentie, n’en a pas été moins radicale.