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PLAIES DES TENDONS. — I1ÉTÉROPLASTIE

de fer, d’autant plus confiant dans le résultat Que, les voies collatérales profondes étant bien dilatées, il y avait peu à redouter une gangrène du membre.

M. B. Anger fait remarquer que, dans son exemple, les collatérales sous-cutanées n’étaient point accessibles k la palpation et ne paraissaient pas plus développées que d’ordinaire. Rien n’est surprenant à cet égard, car, si on jette les yeux sur les planches de l’ouvrage de L. Porta (fig. 409), on reconnaît que les collatérales, qui rétablissent le cours du sang de la façon la plus active, sont des artères de nouvelle formation placées sur la partie externe du sac et, par conséquent,, situées très-profondément.

c. anévrysme cirsoïde. — (Membre supérieur.) — Injection de perchlorure de fer , gant élastique. — Ce chirurgien conseille d’attaquer, si c’est possible, la tumeur (fig. 410) par départements à l’aide d’injections de perchlorure de fer, en isolant bien séparément chacun d’eux. Souvent la ligature des artères principales est insuffisante. — S’il n’y a pas moyen d’intervenir, faire porter au malade un gant élastique exerçant sur tout le membre une compression uniforme.

3° PLAIES DES TENDONS- — HËTÉROPL ASTIE-

a. plaies des tendons. — Ténorr/tap/iie. — Pour les solutions de continuité récentes les sutures tendineuses doivent évidemment être toujours effectuées ; de plus, M. B. Anger croit (et il appuie cette assertion sur un fait nouvellement observé dans son service) que, pour les sections anciennes des tendons, il y a lieu de tenter une opération. On pourrait, selon lui, sinon pratiquer l’accolement des extrémités tendineuses (ce qui est trop difficile k réaliser d’une façon complète), du moins les rapprocher assez pour qu’il se fasse, comme dans les ténotomies ordinaires, un bourgeonnement des tissus intermédiaires : ce travail suffit à la soudure ou plutôt à la î léunion, à distance, des deux bouts du tendon, et, par conséquent, au î établissement au moins partiel du jeu de ces organes locomo teurs. — Dans l’observation qu’il a rapportée (1), il y avait eu section des tendons extenseur commun et extenseur propre du petit doigt, six mois auparavant. Leurs extrémités étaient écartées d’environ G centimètres et adhérentes au tissu fibreux cicatriciel. Il in- : cisa, isola les tendons, passa dans leur épaisseur un fil d’argent et étendant forcément la main sur une.palelte, il réduisit l’intervalle

(I) B. .Anger, Gazette des hôpitaux, IG février 1875.

qui séparait ces extrémités à2 centimètres : — fils noués, pansement aromatique dont ce chirurgien fait grand usage dans ses salles. — Les tendons furent réunis à distance, et cependant les doigts avaient recouvré, bien que d’une manière incomplète, leurs mouvements d’extension.

Il est bien entendu que, dans ces cas, l'avivement ne peut avoir qu’un bien faible avantage, puisque les extrémités tendineuses ne se juxtaposent pas d’une façon immédiate.

b. ulcérations rebelles. — Greffes dermiques et épidermiques. — Greffes hétéroplastiques . — M. B. Anger emploie fréquemment dans son service les greffes appliquées sur d’anciens ulcères dont la cicatrisation est trop lente, ou sur les larges plaies résultant de brû lures étendues. — Greffes dermiques, greffes dermo-épidermiques, auto-hétéroplastiques pratiquées d’abord parM. L.LeFort(1869-70), puis par M. Ollier, et qui paraissent avoir de grands avantages, surtout pour l’anaplastie des paupières.

M. B. Anger a appliqué également ( I ) les greffes véritablement hétéroplastiques dont parle M. Le Fort dans sa nouvelle édition de la Médecine opératoire de Malgaigne, quand il dit : « Ce qui mérite sur- « tout à celte méthode le nom d’hétéroplastique, c’est que, dans « les grands hôpitaux où les amputations sont fréquentes, on pour- « rait, lorsqu’on aurait besoin d’un large lambeau hétéroplastique, « l’emprunter à un autre malade au moment où l’on vient de lui « pratiquer l’amputation du membre ; ces opérations, rarement « urgentes, pouvant être différées jusqu’au jour où 1 amputation « doit être pratiquée. » C’est ce que M. B. Anger vient de faire avec succès.

Il s’agissait d’une plaie résultant de brûlure : des greffes cutanées hétéroplastiques, prises sur la face palmaire d un doigt amputé et comprenant toute l’épaisseur de la peau, furent appliquées et maintenues par du diachylon sur l’ulcère : ces greffes avaient de 1 a i centimètres de circonférence; trois jours après, elles étaient intimement unies à la surface ulcérée et manifestement vascularisées. Il a également réussi dans l’applicaLion de greffes analogues sur la solution de continuité qu’avait déterminée l’ablation d’une tumeur des lombes, et enfin dans un cas de circoncision.

Dans cette opération, il faut s’attacher à ce que les tissus du membre amputé, auquel sont empruntées les greffes, aient gardé encore une certaine température, et, pour cela, il est indispen-

(I) B. Anger, Acad, des sciences, novembre 1874.

IMPERFORATIONS. — TRACHÉOTOMIE.

sable d’amputer le sujet à côté de celui que l’on veut greffer.

Dans la communication qu’il a faite à l’Académie des sciences, ce chirurgien a insisté avec beaucoup de raison sur la grande attention que l’on doit apporter à la recherche des états diathésiques qui pourraient exister chez les sujets qui fournissent les greffes. — Cette méthode qui, certes, ne peut guère trouver son application que dans les hôpitaux, nous semblerait en tout cas préférable à cette autre bétéroplaslie consistant à emprunter un lambeau à une muqueuse ou à la peau d’un animal, comme l’a fait M. Houzé, Nous avons vu M. Dubrueil pratiquer une de ces hétéroplasties animales (téguments du chien) sur une vieille femme et pour une blépharoplastie, et nous avons constaté non-seulement une desquamation du revêtement épidermique, mais une résorption presque complète du lambeau greffé, de sorte qu’après la cicatrisation, l’ectropion s’était en grande partie reproduit.

4° IMPERFORATIONS.

Imperforation anale superficielle. — Incision cruciale. — Si cette imperforatiçn ne remonte pas haut (flg. 411), le chirurgien n’a qu’à

‘H. Incision cruciale dans l’imperforation de l’anus.

Miquer l’incision cruciale de la membrane quelquefois peu

épaisse. Explorer la vessie avec une sonde ; si l’ampoule rectale est élevée, entérotomie périnéale par la méthode d’Amussat.

trachéotomie. — Z7 v cxc h g o t oiïis dilatateur . Inciser la trachée et

dilaier : tels sont les deux temps qui se pratiquent à la fois avec un seul instrument, le trachéotome dilatateur construit par M. Collin, présenté à l’Académie de médecine et qui n’est, à proprement parler, que le dilatateur à trois branches de M. le Dr Laborde, dans lequel M. B. Anger a transformé (lig. 412) la lame médiane en lame tranchante dont la pointe dépasse d’un demi-centimètre les deux bran-

Fig. 412. — Trachéotome dilatateur du docteur Benjamin Anger .

ches latérales. Le chirurgien, après avoir fixé la trachée entre deuxi doigts, fait pénétrer aisément dans son intérieur l’instrument par sa pointe, en appuyant légèrement l’index sur le dos de 1 instrument, grâce à une crémaillère dont les branches sont pourvues; ill incise les anneaux du conduit aérien sur la ligne médiane et dilate; l’ouverture ; une crémaillère, adaptée aux branch es, 'permet de ren- I dre l’écartement permanent, d’où il suit que l’application de la canule se fait avec la plus grande facilité et aussi lentement qu on le; désire ; cet écartement restant permanent, on peut introduire la canule avec facilité; — bon instrument, applicable surtout dans les cas où, l’asphyxie étant imminente, il- faut se hâter de pénétrer dans' les voies aériennes; mais nous ne croyons pas qu’il. puisse remplacer définitivement le bistouri à l’aide duquel on agit toujours avec plus de sécurité.

En admettant qu’une circonstance quelconque engage le chirur-

5° TRACHÉOTOMIE-

gien à recourir à l’incision de la trachée avec le bislouri, le trachéotome en question pourrait cependant être employé encore à titre de dilatateur trachéal ; il rendrait exactement les mêmes services que le dilatateur à trois branches et, plus encore, permettrait, grâce à la crémaillère qui lui est annexée, de maintenir la plaie trachéale au même degré de dilatation pendant un temps très-long, disposition qui peut rendre de grands services.

large fistule YÉsico-VAGiNALE . — Épisiorrhaphie. — Quand l’urèthre a disparu dans la plus grande partie de son étendue, ainsi que la cloison vésico-vaginale, et quand le vagin est, dans une large portion de sa surface, converti en tissu de cicatrice, il ne paraît pas possible à M. B. Anger d’entreprendre une opération régulière con- . sistant en une suture oblitérant la fistule ou même le vagin dans son canal d’après le procédé de Vidai de Cassis (1), et il se décide à tenter l’oblitération vulvaire qu’il exécute de la façon suivante :

Un avivement pratiqué à droite et à gauche de l’orifice du vagin permet de réunir les deux moitiés droite et gauche de cet orifice ; puis une douzaine de points de suture métallique sont passés dans les lèvres des plaies obtenues, de façon à déterminer l’occlusion complète de la vulve. Il a soin d’introduire les sutures à 3 centimètres de la surface avivée, de façon à ce que les fils comprenant une grande épaisseur de chair puissent rester en place sans cependant couper les lèvres de la plaie ; — les fils sont retirés vers le quinzième jour; — si la guérison n'est pas complète, on l’achève patdiverses cautérisations.

f U episio) ) huphie, bien étudiée par M. le Dr 1a. Bourdon (2), a été pratiquée aussi avec succès par M. Th. Anger pour un abaissement de matrice.

hernie ombilicale étranglée. — Kélotomie. — La hernie ombilicale étranglée est une affection paraissant à beaucoup de chirurigiens plus grave que les hernies crurale ou inguinale étranglées opération de la kélotomie donnant d’après eux moins de succès ique pour les autres hernies. Iluguier considérait même le succès de

(1) Voirie service du professeur L. Le Fort.

® Emm- Bourdon> Des «"«Plasties périnéo-vaginales. Thèse inaug. , Paris, 1875.

la kélotomie dans la hernie ombilicale étranglée, comme si rare, qu’il préférait abandonner la maladie à elle-même, pensant qu’en laissant la tumeur se mortifier et l’anus contre nature se produire, on avait plus de chances de guérison . Pour M . B. Anger, ce chirurgien aurait été mal servi par les circonstances et se serait trouvé en face d’une série particulière d’observations malheureuses ; une observation de succès faite à la suite de kélotomie pour une hernie ombilicale étranglée par M. B. Anger (1) démontre tout au moins la possibilité de la guérison en pareil cas ; ci priori , M. B. Anger ne comprend guère pourquoi une hernie ombilicale étranglée présenterait une gravité beaucoup plus considérable que les hernies des autres régions. — MM. les docteurs A. Desprès à Cochin, A. Guérin à l’Hôtel-Dieu et Nicaise (2) ont également publié chacun un exemple de kélotomie ombilicale pratiquée avec succès.

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