‹ Chirurgie journalière des hopitaux de ParisChapitre 82 sur 213 · PLAIES. — AFFECTIONS DES LÈVRES. — AUTOPLASTIE · texte numérisé non relu

PLAIES. — AFFECTIONS DES LÈVRES. — AUTOPLASTIE

dans les plaies fournissant des hémorrhagies secondaires. Dans le rapport qu’il a lu à la Société de chirurgie le 9 février 1875, sur un travail de M. Gaillard, qui conclut que les hémorrhagies de la paume de la main peuvent être arrêtées par la ligature d’une seule artère de l’avant-hras et qu’il n’y a rien d’absolu dans la conduite à tenir par le chirurgien; dans ce rapport, dis-je, M. Le Dentu a pensé que, sauf de bien'rares exceptions, il faut poser en principe la nécessité de rechercher les deux bouts de l’artère divisée et ne se rabattre sur les autres moyens qu’en cas d’insuccès. Cependant il est d’avis que, dans certains cas, cette ligature dans la plaie est sinon impossible, au moins fort difficile à effectuer. Un de ses malades avait été blessé au pli du coude : au bout de trois semaines survint une hémorrhagie secondaire. Il chercha à isoler les bouts de l’artère dans la plaie, mais il ne put y parvenir, et il est convaincu que, s’il avait insisté, son malade serait mort avant la fin de l’opération, tellement le sang coulait en abondance. Il-fit la ligature

Fig. 42'. — Opération du bec-de-lièvre.

( Procédé Sédillot.)

A, tubercule médian ; B, lèvre droite ; B', lèvre gauche ; C, incisive supérieure.

Fig. 422. — Le tubercule médian isolé.

C, incisive supérieure.

de 1 humérale a la partie moyenne du bras, et la guérison s’ensuivit.

b. bec-de-lièvre ( avec saillie de i os intermaxillaire). — Mortification de la cloison avec un instrument spécial. — Dans ce cas, Gensoul conseille le refoulement, Franco l’ablation du tubercule A(fig. 421), Blandin celle d une portion de la cloison en triangle pour permettre le refoulement : Sédillot remédie à l’atrophie et à l’insuffisance de la evre par un emprunt fait aux joues comme dans beaucoup d’autres

opérations anaplastiques. M. Le Denlu semble redouter beaucoup l’hémorrhagie à la suite de ces opérations sanglantes, et, pour mettre l’enfant à l’abri de cette hémorrhagie, il cherche à mortifier une portion triangulaire de la cloison en appliquant, sur celte dernière, une espèce d’entérotome dont les deux mors en forme de triangle enserrent, comme dans les mors d’une pince, un segment de cette cloison en se rapprochant, peu à peu à l’aide d’un petit écrou.

c. ÉriTnÉLiOMA des lèvres. — Peu partisan de l'autoplastie immédiate.— A Y exemple de M. Yerneuil (1), M. Le Dentu ne pratique que rarement et à moins d’indications toutes spéciales l’autoplastie après l’ablation des épithéliomas de la face.

Érysipèle phlegmoneux, inflammations profondes, gangrène ou enroulement des lambeaux, adhérences aux maxillaires sont autant d’accidents qui s’observent souvent et réduisent à néant le bénéfice immédiat, mais non de longue durée, que laisse après elle l'autoplastie. — La mort elle-même peut survenir comme dans un cas (autoplastie à la suite d’ablation de cancer de la lèvre et de la joue) que M. Le Dentu a apporté à la Société de chirurgie et qui date de 18/1. Si on se contente, au contraire, seulement d’enlever le néoplasme même dans une étendue considérable, les rétractions consécutives qui s’opèrent amènent parfois une amélioration étonnante qu’on n’aurait pas même espéré obtenir avec l’autoplastie.

d. symblépharon. — Autoplastie conjonctivale. — A l’Association française (2° session) de 1873, il a été communiqué par ce chirurgien un cas de symblépharon traité par une autoplastie conjonctivale qui mérite de fixer l’attention. — Un jeune homme, à la suite d’une brûlure par la chaux, conservait une adhérence cicatricielle de la paupière inférieure à la moitié du globe oculaire, remontant aux deux tiers et demi de la cornée. — M. Le Dentu eut l’ingénieuse idée d’emprunter à la partie supérieure de la conjonctive un grand lambeau en forme de pont pour le transporter sur la.partie intérieure du globe. Il procéda à la dissection de la partie de la paupière adhérente à la cornée, en l’isolant largement de chaque côté. De celte façon il fit un cul-de-sac et deux surfaces cimentées. Portant alors le bistouri sur la conjonctive, à la partie inférieure du bulbe, il détacha la muqueuse en remontant par une incision demicirculaire jusqu’à 2 millimètres au-dessous de la cornée. — Faisant alors une seconde incision curviligne au-dessous de la précédente, il détacha le lambeau conjonctival et le rabattit entre les deux faces -

(1) Voyez le service du professeur Verneuil.

saignantes de la première dissection. La partie supérieure du bulbe était alors privée de conjonctive, mais les surfaces cruenteés, répondant à la division du symblépharon, furent séparées l’une de l’autre. Ce lambeau transplanté fut fixé par cinq points de suture en bas et trois en haut; • — le résultat fut très-satisfaisant.

a. tétanos traumatique. — Chloral par les voies digestives. — 11 faut distinguer le tétanos, au point de vue de la gravité de cette affection et des chances plus ou moins grandes de guérison, en trois catégories principales, à savoir :

Les premiers sur-aigus très- graves;

Les seconds chroniques plus bénins ;

Les troisièmes de moyenne gravité.

Ceux de la première catégorie résistent à l’emploi du chloral comme à celui de tous les autres agents qui sont, du reste, extrêmement nombreux.

Ceux de la seconde catégorie sont susceptibles de guérir spontanément et aussi par toute espèce de méthode.

Enfin ceux de la troisième paraissent plus particulièrement justiciables du chloral. C’est dans ces derniers que ce précieux agent paraît devoir rendre de réels services. — Quant au mode d’administration du médicament, M. Le Dentu préfère de beaucoup l’introduction par les voies digestives aux injections veineuses, applicables seulement aux cas où la méthode naturelle serait impossible.

b. NÉVRALGIE TRAUMATIQUE DU NERF OBTURATEUR. — Injections et vésicatoires morphinés. — Celte névralgie est très-rare, car les auteurs gardent un silence absolu à son sujet. M. Le Dentu (1) en a observé un exemple chez une vieille demoiselle qui avait une contusion violente à la fesse et à la partie postérieure de la cuisse par suite de chute de cheval. — Élancements douloureux siégeant à la partie supéro-interne de la cuisse irradiant de là vers le genou et jusqu’au côté interne du talon (branche anastomotique avec le saphène interne) : la pression dirigée vers le trou sous-pubien provoquait de vives douleurs ; autre point douloureux au-dessus de l’anneau du grand adducteur.

Injections hypodermiques. Vésicatoires pansés au chlorhydrate de morphine, frictions avec le liniment chloroformé. — La guérison fut obtenue dans l’espace de deux mois.

(f) Le Dentu, Gaz. des Hôp., 2i févr. 1874.

cystite catarrhale. — Modificateurs thérapeutiques variés. — A. l’état aigu (1), usage de moyens antiphlogistiques ; à l’état sub-aigu et surtout à l’état chronique, usage interne des balsamiques et application de la méthode révulsive : — se garder toutefois de recourir aux vésicatoires. Malgré la précaution que Ton prend de les saupoudrer de camphre, ils exercent souvent une action nuisible sur un organe qui a plus besoin de sédation que d’excitation, il vaut mieux les proscrire complètement. S’adresser, comme dérivatifs, plutôt à la teinture d'iode en badigeonnage sur la région hypogastrique ou sacrée, à Y huile de croton, à la pommade stibiée conseillée par Civiale, même à la cautérisation ponctuée ignée.

Un excellent moyen consiste dans la pratique des injections vésicales à grande eau (sonde à double courant), eau froide contre l’atonie vésicale pour tonifier les fibres musculaires, eau chaude pour les vessies irritables et d’une sensibilité exagérée, injections répétées tous les jours ou tous les deux jours. On conseille également les injecLions effectuées avec une décoction de feuilles de noyer , d’écorces de chêne , avec l 'eau blanche, Veau de chaux, l 'eau de goudron surtout. Des modificateurs, dont l’action est beaucoup plus énergique, qu’il ne faut employer qu’avec de grands ménagements et dans les cas absolument rebelles, sont : Y alun, le sulfate de cuivre, enfin le nitrate d'argent ; pour ce dernier, il convient de ne guère dépasser de 0,03 à 0,10 de sel par injection de 230 grammes. C’est une médication substitutive il surveiller attentivement, car elle peut déterminer des accidents sérieux.

(1) Le Dcntu, Revue de thérapeutique médico-chirurgicale, 15 février 1S77.

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