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HOPITAL COCHIN

M. LE DOCTEUR Armand DESPRÉS (1)

a. fracture du sternum. — Immobilisation. — Lorsqu’elle esl transversale, sans déplacement et sans aucune complication soit du côté des poumons, soit du côté du cœur, le traitement est des plus simples : compresses résolutives pendant les premiers jours s’il y a un peu de gonflement et d’ecchymose, puis immobilisation de la poitrine au moyen d’un bandage de corps ordinaire. Gomme il est impossible ici, pour percevoir la crépitation caractéristique de la solution de continuité, de saisir les fragments et de les mouvoir l’un sur l’autre, M. A. Després fait bomber en. avant le sternum en mettant sous la région dorso-lombaire un coussin un peu dur : alors, deux doigts appliqués au-dessus et deux autres au-dessous

Fig. 423. — Appareil pour f raclure cle l’extrémité inférieure du radius , récente. Courroie élastique sur le lacs moyen.

du point fracturé, figurant le mouvement que l’on exécute pour chercher la fluctuation dans une poche liquide, font basculer les deux fragments en sens opposé, ce qui donne lieu à la crépitation.

(1) 1804, Chirurgien du Dureau central; — 1SÜ5, Sainte-Périne ; — hôpital Lourcine. — 1872, hôpital Cochin.

b. fracture du hadius ( extrémité inferieure). — Appareil de Nélaton modifié. — M. Després applique au bout de trente-six ou quarantehuit heures l’appareil Nélaton (fig. 423) maintenu par des lacs de diachylon et une courroie élastique, sur le lacs moyen, en ayant soin

Fig. 424. — Appareil silicaté ou dextriné pour la fracture de é extrémité

inférieure du radius.

de fléchir les doigts. Cet appareil ne doit être laissé en place que dix jours, puis application (fig. 424) d’un appareil silicaté ou dextriné avec couche épaisse d’ouate. Ne pas emprisonner le pouce; se garder d’immobiliser trop longtemps le poignet de peur des roideurs consécutives.

C. LUXATION COMPLÈTE (PAR ÉNUCLÉATION) DE L’ASTRAGALE SANS PLAIE. Temporisation , puis extirpation consécutive de l’astragale. — L’absence de solution de continuité des téguments engage M. A. besprés à tenter la réduction, puis à placer le pied dans rimmohilité la plus absolue en le recouvrant de cataplasmes. S’il survient ultérieurement, par suite de la compression des téguments, une plaque noire de gangrène sèche, il attend que cette mortification, qui, à sa chute, doit déterminer une plaie pénétrante de l’articulation tibio-larsienne, se soit entièrement éliminée : et, si l’état général est bon, il •croit nécessaire alors d’avoir recours à une opération radicale ; il ■ne pratique, en ce cas, ni la désarticulation tibio-tarsienne secondaire qui ne lui semble guère aujourd’hui préconisée que par M, J. Roux et quelques autres chirurgiens militaires, ni l’amputation sus-malléolaire. Il préfère pluLôt l’extirpation consécutive de i’as- Iragale qui paraît avoir été faite jusqu’àp résent avec assez de succès, puisque M. Broca en 1861 annonçait à la Société de chirurgie que sur vingt-six cas il avait eu vingt-quatre guérisons, et queM. Dubrueil(I)

(1) Dubrueil, Des indications que présentent tes luxuations de l’astragale ; These sinaug., Paris, 18C4.

en a réuni trente (les précédents compris), sur lesquels vingt-neuf

ont eu une terminaison heureuse.

d. mal de pott. — Corset lacé au silicate dépotasse. — M. A. Després emploie assez souvent pour maintenir la poitrine et la colonne vertébrale un nouveau genre de corset bien facile à fabriquer : il est obtenu à l’aide de linges enduits de silicate de potasse et disposés en forme d’une cuirasse dont l’ouverture longitudinale antérieure a les deux bords percés d’œillets : un lacet passant par ces orifices permet, comme dans le corset ordinaire, de serrer les deux côtés à volonté; cet appareil bien simple dans sa confection présente tiois grands avantages : la facilité d’exécution, la solidité et 1 économie.

e. ENTORSE terminée par suppuration. — Incisions multiples , compression. — Lorsque l’entorse se complique de phlegmon de la jambe (gaines des péroniers et des extenseurs), comme nous en avons vu un cas dansson service chez un jeunehomme de 17 ans, M. A. Després traite d’abord par le repos et les cataplasmes : au bout de quelques jours, quand au gonflement et à la rougeur viennent s ajouter 1 oedème puis la fluctuation, il fait des ouvertures multiples sur le trajet des gaines des tendons, en môme temps une compression méthodique, exercée sur les tissus œdématiés et indurés, contribue à diminuer le volume du membre.

f. luxation de l’épaule {récente). — Traction continue. — Ce chirurgien emploie exclusivement, pour la réduire, le procédé à traction continue, avec deux aides tirant par leur propre poids, comme le représente la figure 425, et se renouvelant quand ils sont fatigués, de façon à obtenir, sans chloroforme, la résolution des muscles du bras et de l’épaule du malade. M. Desprès n’a jamais employé d’autre moyen depuis 1865 (1) : huit luxations en moyenne ont été réduites par an, et Un' a jamais échoué , moyenne de dix minutes pour la réduction; deux fois il a fallu une demi-heure et trente-cinq minutes ; ce moyen de plus, selon ce chirurgien, épargne bien des souffrances ua malade.

g. fracture de la jambe au tiers moyen. — écrasement. — Amputation de la cuisse au tiers inférieur. — M. A. Després croit que la désarticulation du genou n’est pas, comme l’ont avancé plusieurs auteurs, moins grave que l’amputation de cuisse au tiers inférieur, et cela à cause des complications sérieuses immédiates ou consécutives qui peuvent en résulter, telles que suppuration profonde et étendue, gangrène, inflammation suraiguë de ce qui reste de

(1) A. Després, La Chirurgie journalière ( Leçons de clinique chirurgicale professées à l’hôpital Cochin, p. 128, 1817).

HOPITAL COCIIIN. —

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