‹ Chirurgie journalière des hopitaux de ParisChapitre 92 sur 213 · M. LE DOCTEUR II. F. A. DUBRUEIL · texte numérisé non relu

M. LE DOCTEUR II. F. A. DUBRUEIL

1° AFFECTIONS DE L’ANUS ET DU RECTUM

a. fissure anale. — Dilatation au moyen du spéculum. — M. Dubrueil aobservé très-fréquemmentdansson service les deux variétés sous-el sus-sphinctériennc. Celte fréquence ne lient pas évidemment, comme le croyait Blandin, à ce que la fissure estime manifestation locale de la syphilis : elle résulte de ce que l’écoulement leucorrhéîque dont la plupart de ces femmes sont affectées vient contaminer la région anale, ainsi que l’a indiqué M. le professeur Gosselin, et agit comme un simple irritant, en enflammant la muqueuse qu’il altère dans son tissu et sur laquelle il entretient un état congestif prolongé. U a remarqué aussi l'étroite liaison qui existe entre cette affection et la constipation. Très-souvent au niveau de la gerçure se trouve un condylome.

C’est à la méthode de la dilatation forcée qu’il donne la préférence, dans le cas de fissure franche, le traitement par la cautérisation au nitrate d’argent et celui de Bretonneau et de Trousseau par la ratanhia lui paraissant au moins insuffisants la plupart du temps; il ne pralique pas cette dilatation à l’aide des doigts introduits dans l’anus, et écartés brusquement en sens opposés : il fait pénétrer successivement dans la cavité rectale trois spéculums de plus en plus volumineux qu’il retire au moment où les valves sont écartées. Le. dernier qu’il emploie est celui de M. Cusco, dont 1 écartement valvaire maximum est, comme on sait, considérable. Cetle dilatation agita la fois et sur la contracture sphinctérienne, et sur la fissure qu’elle déchire en la transformant en une plaie simple qui se cicatrisera ultérieurement.

(1) 18G9, chirurgien du Bureau central. — 1873, hôpital de Lourcine. — lSTo, démissionnaire, nommé professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Montpellier.

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b. végétations anales. — Cautérisation avec l'acide nitrique mono-hydratê. — Si elles sont volumineuses et plus ou moins pédiculées, il les enlève, soit avec l’écraseur linéaire, soit avec les ciseaux courbes, et badigeonne la surface cruentée avec la teinture d’iode pure. Si elles sont petites et surtout sessiles, il nôi pas recours à l’ablation directe, mais aux cautérisations. Après avoir essayé à différentes reprises, soit l’alun calciné, soit l’acide acétique, il s’est arrêté aujourd’hui à l’acide nitrique mono-hydraté dont il touche chaque végétation à l’aide d’un pinceau. L’emploi de ce liquide lui parait être suivi, d’une moindre tendance de ces végétations à la récidive, de leur destruction plus rapide et plus radicale. Il répète ces cautérisations autant de fois qu’il est nécessaire pour la mortification de la tumeur. Nous avons remarqué qu’elles étaient accompagnées de douleurs assez vives et nous donnerions plutôt la préférence à l’acide chromique, qui agit peut-être plus lentement, mais qui finit toujours après plusieurs applications successives par momifier ces végétations.

c. rétrécissement fibreux du rectum. — Rectotomie. — Si le rétrécissement n’est pas situé h une grande hauteur, et s’il est léger, il essaye la dilatation, bien que cette méthode ne soit pas toujours aussi inoffensive qu’ont bien voulu le dire plusieurs chirurgiens. L’ingénieux dilatateur de Beylard est composé d’une tige creuse (fig. 484) de la grosseur d’une sonde, à l’extrémité A de laquelle se trouvent six branches articulées, libres et maintenues par une rondelle de caoutchouc. Ces branches réunies ont la grosseur d’une olive. Une boule C force ces branches de s’écarter. M. Dubrueil préfère la dilation avec des mèches. S’il est valvulaire, il ne se sert ni du scarificateur (fig. 48o) d’Amussat père, ni du rectotome à trois branches (dans l’une desquelles se trouve une lame) d’Amussat, ni de 1 instrument de M. Tillaux, qui ne peut être efficace que pour les coarctations de peu de résistance; il emploierait plutôt, en pareil cas, l’écraseur emporte-pièce de M. Richet (1) qu’il fait suivre de la dilatation.

C est surtout la rectotomie linéaire qu’il applique dans ce genre d affections. Il considère ce moyen sinon comme facile, du moins comme plus efficace, pourvu que la coarctation ne soit pas située ù plus de o centimètres de l’orifice anal. Dans la section verticale de la paioi rectale de haut en bas, faite avec une chaîne d’écraseur, il comprend même une petite partie de la paroi saine au-dessus du

(I) Voyez service du professeur M. Richet.

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