HOPITAL UE LOURC1NE. — LE DOCTEUR DUBRUEIL
muqueuse enflammée. — Ce topique modifie la surface et provoque une desquamation épitheliale nécessaire h la guérison.
Sî la leucorrhée s’accompagne d’anorexie, de troubles dyspeptiques et de .phénomènes d’anémie, il a recours, après avoir purgé plusieurs fois la malade, au traitement tonique, aux amers, aux bains sulfureux, aux eaux minérales et au sirop d’arséniate de soude. — Les injections caustiques et les cautérisations sont plutôt nuisibles, si l’écoulement est sous la dépendance d’une mauvaise constitution, et ne réussissent à la rigueur que s’il est symptomatique d’une altération du col de l’utérus : s’il emploie, ce qui est rare, dans ces formes chroniques d’écoulement vaginal, les cautérisations, c’est la solution de nitrate d’argent dont il se sert, parce que sur les parties génitales de la femme on en peut rationellement opérer et régler l’application.
b. folliculite vulyaire. — Lotions de sublimé. — Dans le cas de follieulile vulvaire s’accompagnant quelquefois de prurit insup-
Fig. 4 SG. — Folliculite vulvaire ( Huguier ).
portable (fig. 482), M. Dubrueil conseille des bains entiers alcalins ou des lotions émollientes ou additionnées de quelques cuillerées
AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX. t>o7
d’infusion de cerfeuil. — Il a obtenu aussi de très-bons effets de lotions avec 1000 grammes additionnées de 4 grammes d’une solution au sublimé au 1/10° — soins de propreté — poudre d’amidon ou de lycopode. Le repos des organes génitaux est encore le traitement le plus efficace, mais c’est là un point bien difficile à obtenir chez ces dames de Lourcine.
c. métrite du col. LEUCORRHÉE utérine. — Teinture d’iode sur le col et dans sa cavité. — M. Dubrueil se sert surtout, pour l’examen des parties génitales profondes de la femme, du spéculum (fig. 487 et 488) de M. Ricord, en maillechort, à deux valves, de grosseur et
Fig. 488. — Spéculum bivalve les manches repliées.
A, A, articulations dos manches.
M. Cusco, à deux valves larges à l’extrémité libre qui forme en quelque sorte embout et dans lequel l’écartement des valves peut être porté très-loin et permettre un examen plus facile et plus approfondi du col de l’utérus. — Nous l’avons vu faire aussi usage
Fig. 487.
Spéculum bivalve de Ricord.
de longueur variées, avec un embout en ébène et avec un manche à charnière à point d’arrêt : il emploie également le spéculum de
5t>8 ÜOPITAL DE LOURCINE. — LE DOCTEUR DUBRUEIL.
du spéculum plein de Récamier (fig. 489) avec mandrin en buis, du spéculum plein d’A. Richard coupé obliquement à son extré-
Fig. 489. — Spéculum de Récamier garni d'un mandrin ■ ,
milé utérine comme celui de Fergusson dont il ne diffère que parce qu’il est en maillechort (fig. 490 et 491). Le spéculum à
Fig. 490. — Spéculum de Fergusson.
Fig. 491. — Spéculum plein d’A. Richard.
trois valves et à développement plein de Charrière lui semble moins commode (fig. 492), aussi l’emploie-t-il moins souvent que ceux de Ricord ou de Cusco. Dans le cas de folliculite du col et d’exulcération de cet organe, M. Dubrueil commence par nettoyer la partie malade avec un tampon de coton saisi à 1 aide d une longue pince, puis il préfère loucher la partie malade avec un long pinceau de charpie trempé dans la teinture d iode pluLôt que d employer le per-
affections des organes génitaux. 5o9
chlorure de fer, le tannin, le nitrate d’argent ou le nitrate de mercure. Comme la présence de ces érosions, de ces ulcérations
granuleuses du col est due non-seulement à un état congestif de l’organe, mais encore à une inflammation de la muqueuse intérieure du col qui verse au dehors un liquide corrosif agissant à l’extérieur, M. Dubrueil porte son pinceau imbibé de teinture d’iode dans la cavité du col dont il badigeonne largement l’intérieur et ne craint pas d’aller jusque dans le corps de l’utérus. Ces accidents donnant lieu parfois à des troubles névralgiques et pouvant dépendre eux-mémes d’une mauvaise constitution, il soumet la malade à un traitement général approprié. La congestion du col augmentant et les ulcérations, qui se trouvent à sa surface, devenant plus turgescentes au moment de la fluxion cataméniale, il faut redoubler de précautions à ce moment, éviter les fatigues et les excès.
Pour pratiquer l’exploration de la cavité utérine soit dans le cas de métrile interne, soit surtout dans ceux de rétroversion ou de polype (lig 493 et 494), il fait indifféremment usage prudent soit de la sonde de Valleix, soit de celle d’Huguier.
0HAKR1ERL.
Fig. 403. — Sonde intra-utérine de Valleix.
A, vis de pression fixant la tige pour l’empêcher de rentrer dans le manche B, où elle peut || être refoulée quand l’instrument ne sert pas.
d. plaques muqueuses des ghandes lèvres. — Cautérisation avec | la solution de nitrate d'argent. — Ces plaques muqueuses, surtout
SUO IlOPITAL DE LOURCINE. — LE DOCTEUR DUBRUEIL.
si elles s’accompagnent des mômes désordres du côlé de l’anus, ce
A, extrémité du manche perfore pour laisser passer la tige CB, qui supporte le curseur B.
qui est fréquent, se compliquent assez souvent de fissures sons
sphinctériennes très-peu douloureuses et ne nécessitant aucun des traitements qui s’appliquent à la même affection siégeant plus haut. Il n’est pas rare de voir les plaques muqueuses donner lieu à l’hypertrophie, l’induration, le sclérème des grandes lèvres. — M. Dubrueil cautérise avec la solution de nitrate d’argent à parties égales ; il emploie aussi, comme dans les affections qui suivent, les bains de sublimé (2 gr. pour un bain ordinaire): c’est là un moyen très-fidèle et un des mieux tolérés ; rarement il détermine le gonflement des gencives et les autres accidents dits mercuriels, s’il est administré avec contrôle et prudence. Les bains de sublimé, qui ont été employés depuis longtemps avec succès par MM. Verneuil et Depaul, sont aussi mis en usage par M. Dubrueil chez la plupart des malades de son service atteintes de lésions secondaires à forme ulcéreuse, et aussi dans les exemples de dermatose où la couche épidermique plus ou moins désagrégée permet une absorption que l’on ne peut plus nier aujourd’hui.
e. éléphantiasis de la vuLve. — Excision. — Ces tumeurs ne sont pas très-rares et, si elles atteignent un poids et un volume considérables comme dans la figure 496, si elles sont pédiculées, ce qui est assez fréquent, la seule guérison possible est l’excision. M. Dubrueil circonscrit deux petits lambeaux, l’un antérieur, l’autre postérieur, enlève la tumeur et pratique des sutures métalliques — la récidive est fréquente.
f- esthiomène rongeant de la vulve. — Tvaitement interne. — > Iodoforme. — Traitement chirurgical. — Ce chirurgien croit qu’avant d avoir recours à une des opérations chirurgicales sur lesquelles ont insisté, dans leurs travaux, Huguier (1) et M. A. Guérin (2), il Aaut mieux tenter tout d’abord une thérapeutique générale comme dans le bel exemple, suivi de succès, qui a été communiqué par M. Polaillon à la Société de chirurgie en 1872. Cette affection n’étant souvent qu une manifestation de la diathèse scrofuleuse (fig. 497), il est d avis de s adresser à la constitution (huile de foie de morue, amers, teinture d iode et surlouL iodure de potassium, vins généreux, bains sulfureux). Ce traitement antiscrofuleux devra être même continué quelque temps après la cicatrisation de l’ulcère rongeant. Comme applications locales, soins de propreté minutieux, bains répétés, injections ordinaires ou astringentes, badigeonnage avec la teinture d iode ou pansement à l'iodoforme. Si l’affection résiste à
Ci) A Guérin, Maladies des organes génitaux de la femme, p. 410, 1864. Gillette. — Chirurgie journ. oe
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