HOPITAL DE LOURC1NE. — LE DOCTEUR THÉOPII. ANGER
atteint de luxation de l’épaule. "Voici quelle est la manière de procéder (1).
Pour établir la contre-extension, on fixe à un des montants du lit en fer d’hôpital les deux chefs, croisés derrière le cou du malade, d’un drap plié en cravate et passant sous l’aisselle par son milieu. Pour faire l 'extension, on applique comme d’ordinaire à la partie inférieure du bras une alèze dans l’anse de laquelle s’introduit un tube de caoutchouc, gros comme le petit doigt, long de 60 centimètres et qui va se fixer à l’autre montant du lit : il suffit, pour doubler ou tripler la puissance de ce tube, de le replier autant de fois sur lui-même. Cette excellente méthode, que nous avons employée nous-mêmes, bon nombre de fois, non-seulement dans le cas de luxation, mais contre les ankylosés, a pour elfet de combattre la résistance des muscles. La traction opérée à l’aide de ces tubes ne doit guère être prolongée au delà de 15 à 25 minutes dans la même séance : passé ce temps, le malade ne peut plus la supporter. C’est ainsi que M. Th. Anger avec quatre tours parvint sur un individu athlétique à réduire une luxation intra-coracoïdienne, datant de 48 heures, et ayant résisté la veille à des tractions vigoureuses pratiquées par trois aides ; 25 minutes de traction élastique avaient suffi pour vaincre la résistance musculaire.
b. luxation de l’astragale (complète en avant et en dehors). — Tractions continues par les bandes de caoutchouc. — Malade étendu sur son lit, contre -extension faite aumoyend une alèze passée dans la cuisse. — Il place des bandelettes de sparadrap autour du pied et
11 fixe la bande de caoutchouc au niveau de leur entre-croisement sous la voûte du calcanéum. Sur le malade dontM. Th. Anger a lu l’ohservation à la Société de chirurgie (13 janvier 1875), après
12 minutes d’une traction modérée, sentant que la force musculaire était épuisée, il a appuyé le genou sur la tête de l’astragale, en tenant la jambe d’une main et de l’autre l’avant-pied, et il a entendu bientôt le craquement caractéristique indiquant que la réduction était obtenue : dans ce cas, les suites furent des plus simple^ et aujourd’hui le malade marche parfaitement bien.
Nous devons faire remarquer que l’emploi du caoutchouc dans la réduction des luxations est un véritable procédé de douceur qui n’a absolument rien d'effrayant ni de douloureux dans son application. La seule chpse dont se plaint le patient est une sensation de fatigue et d’épuisement, et c’est là justement le moment qu il
(1) Tl). Anger et L. Legros, Nouvelle méthode pour réduire les luxations (Luxation intra-coracoïdienne), Gaz. des hôp., 18CG, p. 295.
faut choisir pour faire la coaptation. Ce moyen, aussi sûr qu’inoffensif, est appelé, dans bon nombre de cas, à remplacer le chloroforme qui malheureusement, et surtout dans lescas de réduction de
luxations, est loin d’être exempt de danger.
c. fractures des membres. — Extension continue avec le caoutchouc — M. Th. Anger a également préconisé remploi de cet ingénieux moyen contre les fractures pour prévenir le raccourcissement, et cela indifféremment sous formes de lanières, de bandes, de tubes, pourvu qu’on détermine une traction permanente et continue. Cette application convient non-seulement aux fractures récentes, mais encore à celles déjà un peu anciennes, mais dont la consolidation n’est pas encore assez avancée pour désespérer de les réduire. Il a employé le même moyen dans les fractures de jambe afin de' corriger le déplacement primitif ou consécutif des fragments, même après plusieurs mois, alors qu’il existait encore de la mobilité entre les fragments. Dans ces cas compliqués, outre l’extension continue destinée à surmonter la résistance musculaire, il est indiqué d’appliquer sur les extrémités brisées des tractions latérales
Fig. 499. — Traction continue appliquée à une ankylosé angulaire du genou.
A, traction horizontale au moyen de l’anse de sparadrap ; B, traction verticale descendante appliquée sur la saillie du genou au moyeu d’une écharpe; C, échancrure du matelas pour laisser passer la ficelle de la traction verticale; D, tube d4 caoutchouc pour la contre-extension.
en sens inverse, de manière à corriger le déplacement suivant l’épaisseur. Ce chirurgien insiste tout particulièrement sur la petite quantité de traction qu’il faut développer.
Dans toutes ces observations, on remarque qu’un seul tube de
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caoutchouc, rarement deux ont largement suffi pour maintenir la réduction.
M. Eug. Bœckel (1) a appliqué aux fractures de membres et à la coxalgie la traction continue au moyen de l’appareil à sparadrap qui a été appliqué en premier par Gilbert (fig. 499 et 500)
Fig. 500. — Détails de l'application de l’anse de sparadrap.
A, bande de sparadrap formant anse ; B, traverse en bois, un peu échancrée sur les côtés, qui écarte les deux chefs de l’anse des malléoles et donne insertion au crochet auquel se fixe l’extension; C, bandes circulaires de sparadrap qui fixent les deux chefs de l’anse.
de Philadelphie, et après lui par bien des chirurgiens américains : 1 Volckmann (de Halle) et de Mœschede ont vulgarisé cette méthode j qui, bien qu’elle ne prenne son point d'appui que sur la peau, est très-efficace et a l’avantage de n’exiger aucun appareil mécanique spécial coûteux et difficile à se procurer: — avec du sparadrap, une poulie et une ficelle on peut facilement l’improviser et l’adapter à • des sujets de toutes les tailles.
d. genu-valgum. — Appareil à traction élastique. — Ce chirurgien ne croit pas avec M. Lannelongue que celte déformation soit la maladie des misérables, il en a observé chez des enfants riches et il insiste particulièrement sur ce fait que, cinq ou six fois, il a rencontré l 'existence simultanéee du pied-bol et du genu-valgum : il
(I) E. Bœcknl, Des applications de la traction continue au moyen de l’appa^ reil à sparadrap [Bull. gén. de thérapeutique, 30 nov. et 15 déc. 1875).
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croit donc que le genou a tendance à devenir cagneux chez les enfants atteints de pied-bot. Il cherche à combattre celte complication à l'aide d’appareils qui ne diffèrent que par l’emploi d’une ceinture en coutil très-légère et l’insertion aux tiges externes de deux élastiques qui font l’abduction et tirent le genou en dehors : il a fait adapter à son appareil, suivant le conseil de Malgaigne, une semelle plus épaisse, en dedans qu’en dehors. Selon lui, le redressement du pied fait de bonne heure a pour avantage de prévenir la cagnosité du genou. Quoi qu’il en soit, cette concomitance du genu-valgum et du pied-bot n’est pas un fait démontré d’une façon irrécusable.
cancer de la l'.ngue. — M. Th. Anger, dans sa thèse d’agrégation (1), reconnaît comme variété la plus fréquente et de beaucoup
Fig. 501. — Ablation partielle de la langue, procédé Jaeger. La langue est fendue suivant son axe avec quelques coups de ciseaux, et il ne reste plus qu’à jeter une chaîne d’écraseur transversalement sur la base de la partie à abattre.
l’épithelioma (papillaire on interstitiel). La méthode (fig. 501 et 502) par l’écrasement linéaire, soit pour l’ablation partielle, soit pour l’ablation totale, est le procédé qu’il préconise le plus, avec la ligature
(1) Th. Anger, Du cancer delà langue, th. agrég. Paris, 1872.