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lion dans les ulcères de très petite étendue par une pénétration presque verticale dans la chambre antérieure. Dans le but de se faciliter, en faisant usage d’un instrument étroit, l’exécution de cette opération, sur un œil fortement enflammé, et menaçant souvent déjà de se perforer, il est indiqué de se tenir toujours à la section qui tombe exactement dans le diamètre horizontal ou parallèlement à celuici au-dessus ou au-dessous, lorsque l’ulcère s’éloigne de la partie centrale de la cornée.
Les sections tombant tangentiellement au bord blanchâtre de l’ulcère rongeant, qui ont aussi été recommandées (Alf. Graefe), dans le but de s’opposer à la migration partant du bord infiltré, et qui doivent, à cause de la direction ordinaire de ce bord de haut en bas, concorder avec le diamètre vertical ou lui être parallèle, sont d’une exécution bien plus difficile, et n’offrent aucun avantage sur les sections horizontales.
Dans les précédentes leçons, je vous ai indiqué que, en se servant des instillations d’ésérine avant et après la section, et, lorsque le malade est soigné à domicile, en recouvrant l’œil d’une rondelle boratéeconslamment mouillée (voy. pour ce pansement p. 61), on pouvait s’abstenir de la réouverture journalière de la plaie, en y passant un stylet que l’on applique contre l’angle externe de la plaie, la tête du malade étant solidement appuyée sur la poitrine de l’opérateur, qui relève la paupière, mais je tiens cependant à faire à cet égard une réserve. Lorsque la kératomie n’apporte pas instantanément la cessation des douleurs, et que, en dépit de l’emploi de l’ésérine, il se reproduit néanmoins une cerlaine quantité de pus, nous avons alors recours, ainsi que le veut M. Sœmisch et comme vous l’avez vu récemment faire sur un de nos malades ambulants, à la réouverture de la plaie, bien que nous sachions que ces attouchements réitérés accentuent quelque peu la cicatrice, mais nous avons soin de ne pas répéter ces réouvertures au delà de six à huit jours, en nous
réservant d’y revenir au besoin, si une reprise dans la marche progressive de l’ulcère nous y obligeait.
Dans les premiers jours, en effet, la section reste si peu solidement agglutinée que, môme après qu’on l’a abandonnée sans y introduire le stylet pendant quatre à cinq jours, on peut aisément procéder à sa réouverture sans violenter le moins du monde l’œil, et sans causer de douleur au malade. Nous remplaçons, dans ces cas ordinairement compliqués d’iritis, l’ésérine par l’atropine.
Nous avons déjà dit que, si l’étendue de l’ulcère réclame une section qui comprend plus de la moitié du diamètre de la cornée, il faut renoncer à cette opération. On a alors le choix, ou de pratiquer une iridectomie qu’on doit de préférence, si l’emplacement de l’ulcère le permet, diriger en bas, pour pouvoir aussi ici procéder les jours suivants à la réouverture de la plaie et à l’évacuation du pus qui s’est de nouveau accumulé dans la chambre antérieure, ou bien de recourir à la sclérotomie exécutée autant que possible dans le même point. Mais ces deux modes opératoires perdent toute certitude lorsqu’un tiers ou la moitié de la cornée ont été rongés par un pareil ulcère.
Dans ces cas un praticien prudent s’abstiendra d’opérer. Il tentera, surtout pardes badigeonnages avec des solutions désinfectantes (eau chlorée, solutions d’acide salicylique ou de quinine) et par un pansement fréquemment renouvelé, de sauver l’œil ainsi affecté. Ce qui rend le traitement particulièrement difficile, c’est que cet ulcère du paupérisme et de la misère doit surtout être soigné dans des établissements où l’exécution rigoureusement exacte des prescriptions peut rencontrer des difficultés.
L’ablation de rondelles de la cornée, au moyen d’instruments appropriés à la trépanation de cette membrane, a été reprise dans la chirurgie oculaire par Bowman 1 et par moi a,