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grande pénétration dans l’œil et contre la blessure de la capsule ». Cet instrument est au contraire d’une utilité incontestable, attendu qu’il est impossible de l’enfoncer au delà de son arrêt dans la chambre antérieure, et qu’on peut, en outre, si l’on donne au plat de l’aiguille une direction exactement parallèle à l’iris, exécuter la paracentèse sous la paupière supérieure, sans môme que l’on ait à surveiller la marche de l’instrument, et cela sans la moindre crainte, vu le peu de longueur de l’aiguille, de blesser l’iris ou la cristalloïde.

Il est très important que vous disposiez d’un pareil instrument, qui vous permet, sans avertir le malade, après vous être placé derrière lui et avoir appuyé sa tête sur votre poitrine, la paupière supérieure étant soulevée avec le doigt, de pratiquer ces ponctions de la chambre antérieure à l’instar de tout autre pansement. Aussi vous voyez avec quelle largesse nous usons de ce précieux moyen, qui, clans l’irilis, combat la douleur mieux qu’aucun autre, et qui trouve son emploi dans tous les cas d’abcès et d’ulcérations étendus de la cornée, avec tendance à la formation d’un hypopion, quelque minime qu’il soit. Ainsi que vous l’avez pu constater maintes fois, les résultats, dans ces dernières affections, sont merveilleux chez les enfants, que l’on couche pour cette petite opération. L’aiguille est enfoncée très rapidement, et, par de douces pressions exercées avec un stylet, on laisse écouler à diverses reprises l’humeur aqueuse.

Il est absolument inutile, en raison du siège dans la partie inférieure de la chambre antérieure d’une petite accumulation de pus, de faire la paracentèse en bas, c’est-à-dire dans un point où la conduite de l’aiguille peut rencontrer à cause du rebord orbitaire certaines difficultés. Il suffit de pousser l’instrument parallèlement à l’iris près du bord cornéen externe. Dans les cas de suppuration de la cornée, nous instillons aussitôt après la ponction 5 ou 4 fois de 1 csciine, et nous recouvrons alors 1 œil avec le pansement

Ki'i'atomie.

l)oralô, qu’on a soin d’humectcr très souvent en se servant d’une solution saturée à froid d’aride borique. Je vous rappelle ici que toutes les fois que ce traitement n’amène pas immédiatement un calme très accusé, en même temps que 1 examen à l’éclairage oblique nous démontre la participation de l’iris à l’inflammation, nous remplaçons alors l’csérine par l’atropine et nous avons recours aux fomentations chaudes.

La simple paracentèse, môme répétée plusieurs jours de suite, doit incontestablement céder la place à la kératomie , que M. Sœmisch a eu le grand mérite d’introduire dans la pratique de l’ophthalmologie, toutes les fois qu’il s’agit d’une forme d’ulcère rongeant, se caractérisant par son bord blanchâtre et soulevé, ainsi que par sa marche progressive. La kératomie, dont l’exécution a été exposée dans les précédentes leçons1, a pour objet de fendre d’arrière en avant, avec un couteau très étroit de de Grcæfe, la partie exulcérée, de telle manière que le bord blanchâtre soit divisé en deux parties d’égale hauteur, et que les extrémités de la section tombent un peu au delà des parties malades.

La kératomie n’est exécutable avec succès qu’à la condition qu’on ne se trouve pas dans l’obligation, vu l’étendue de l’ulcération, de faire une section plus grande que le rayon de la cornée. Lorsqu’il s’agit de petits ulcères, les extrémités de la section doivent forcément tomber au loin dans le tissu sain, mais il ne faut pas craindre alors cet empiétement, car il est indispensable que le fond de la section affleure dans une certaine étendue la chambre antérieure.

Afin de pouvoir bien aisément exécuter la section, il est nécessaire de faire choix d’un couteau de de Graefe très mince. Après avoir placé l’écarteur, on fixe l’œil du côté opposé à la ponction, en se tenant un peu au-dessus ou audessous de celle-ci, afin de n’être pas gêné par un mouvement de totalité de l’œil, et d’éviter de trop ménager la sec-

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