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avaient déjà tenté, dans la conjonctive préalablement déta-
chée et sur le bord de la rondelle.
Évidemment l’emplacement des sutures de de Hippel , qui ne touchent pas le lambeau à greffer est de beaucoup préférable, tout détachement conjonctival donnant lieu plus tard à une irritation et à une sécrétion exagérée, qui sont bien à éviter, ainsi que le prouve à l’évidence le cas môme de M. Sellerbeck.
Ce que le procédé de ce confrère présente d’orignal, c’est que, craignant un manque de coaptation de la partie greffée, par suite des déplacements que lui fait subir le rétablissement de la chambre antérieure ou la sortie brusque de l’humeur aqueuse, ou encore une augmentation de pression, il pratique au voisinage de la greffe une fistule par l’excision d’un lambeau de un millimètre carré, en laissant cette plaie se cicatriser peu à peu, pendant que le malade garde un repos absolu, et qu’on évite autant que possible durant ce temps de lui ouvrir les paupières. Toutefois cette fistule n’est établie que dans les cas où le cristallin reste intact dans la plaie, ou si celle-ci est occupée par un corps vitré normal, mais non lorsqu’à la suite d’une sortie plus ou moins considérable de corps vitré liquéfié le globe oculaire montre un affaissement très accusé.
La greffe de M. Sellerbeck , comme nous l’avons dit, a tout d’abord réussi à merveille, mais le lambeau cornéen, large de 7 millimètres, et pris sur la cornée d’un œil énucléé chez un enfant de 2 ans 1/2 atteint de gliome, s’est un peu ratatiné (jusqu’à 6 millimètres), et a perdu sa transparence au point de ne plus permettre le moindre reflet émanant du fond de l’œil, lorsqu’on tentait de l’éclairer avec le miroir. L’obstacle ne venait-il pas ici du cristallin qu’on avait laissé
dans l’œil, et contre lequel devait rester longtemps agglutinée la partie greffée sur un œil fistulenx? Évidemment le cristallin offre en pareil cas un support excellent : mais peuton espérer sérieusement que, dans des conditions aussi anor-
males de nutrition, lorsqu’il est exposé à subir de faibles luxations, il conserve sa transparence ? A mon avis, il ne faudra jamais songer à pratiquer la greffe sans avoir laissé échapper le cristallin.
Ce malade fut examiné 5 mois après par M. Schweigger 1 . A celle époque, il comptait encore avec sûrelé les doigts à 40 centimètres, et avec incertitude à 1 mètre; en outre, il distinguait les gros caractères du 56 des échelles Schweigger. Le professeur de Berlin fait suivre cet examen de réflexions aussi injustes que peu pourvues de sens pratique : «Si nous trouvons, dit-il, une pareille vision chez un cataracté, nous l’appelons aveugle par suite de cataracte, et nous lui donnons l’espoir de recouvrer la vue par une opération ; nous devons donc aussi appeler un pareil œil aveugle, l’espoir d’une amélioration n’existant pas ici. Sic transit gloria mundi. »
Incontestablement, nous opérons un œil atteint de simple cataracte, lorsque la vision se montre aussi défectueuse, tout en n’appelant pas aveugle un malade qui compte encore les doigts à 1 mètre de distance. Nous faisons alors l’opération, parce que nous avons la presque certitude de lui rendre une bonne vision; mais, n’en déplaise à M. Schweigger, il serait aussi impérieusement indiqué d’opérer tout individu atteint de leucome complet, si on jouissait d’une égale assurance de substituer à la simple perception lumineuse la possibilité de compter les doigts à 1 mètre, en mettant par conséquent le malade à même de distinguer les gros objets qui l’entourent, et de s’orienter en des endroits peu fréquentés.
Si, contrairement à notre habitude, nous nous sommes longuement étendu sur les détails d’une opération qui, en réalité, n’est pas du domaine de la chirurgie courante, bien que M. Poiver ait eu le mérite incontestable de l’avoir fait revivre par sa communication au congrès de Londres, c’est