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Archiv., t XIV, I , p

Procédé de M. Knapp

que, pour ressortir avant d’avoir atteint le méridien vertical (voy. fig. 55).

Une suture analogue est placée du côté externe de la cornée, et on renverse les lils sur le front et la joue, en ayant

soin que la partie moyenne de ces lils placée sur le globe de l’œil ne puisse pasgônerlorsqu’on procède à l’ablation du slaphylome. Celuici ayant été excisé (aa'j comme le fait M. Critchetl, et le cristallin étant sorti, on ferme tout d’abord la suture interne, en serrant les deux extrémités qui se correspondent, de façon que la partie qui avait été laissée en dehors de la conjonctive vienne se mettre en ligne droite au devant du trou pratiqué pour l’ablation. En procédant de la même manière pour l’autre fil, on obtient par le rapprochement des deux sutures vers le méridien vertical une fermeture à peu près complète de la plaie.

Cette méthode offre tout d’abord le grand inconvénient de ne pas fermer absolument la plaie, mais de laisser le plus souvent au centre une lacune par laquelle le corps vitré fait hernie. En outre, l’emplacement de ces deux sutures comprenant le tissu sous-conjonctival, et leur fermeture ayant pour effet de réunir la conjonctive adhérente au globe oculaire à la façon d’une bourse (car M. Knapp recommande expressément d’éviter le glissement de la conjonctive), il en résulte inévitablement qu’une certaine quantité de corps vitré est encore chassée en dehors de la vaste plaie laissée par l’ablation du staphylome. Aussi avons-nous pu, avec grand avantage pour nos opérés, modifier la suture ainsi que l’ablation du staphylome de la manière suivante.

Procédé Après avoir placé l’écarteur, et endormi le malade lors-

de 1 auteur. 1 .

qu’il s’agit d’enfants ou de personnes peu dociles, je détaché

tout autour de la cornée la conjonctive et le tissu sous-conjonctival, en ayant soin de pousser le dégagement jusque vers l’équateur de l’œil, de façon a former, surtout lorsqu il s’agit d’yeux qui ont passé par de longues .inflammations, et dont le tissu sous-conjonctival est épaissi, une véritable calotte. Je place alors, ainsi que le montre le dessin (voy. fig. 54), quatre sutures (a, b, c, d), de soie fine et de couleur

différente, permettant de reconnaître aisément les extrémités d’un même fil quand il s’agit de les lier ensemble. Les anses des deux sutures internes sont renversées sur le nez, et celles des externes sur la tempe. L’assistant a soin de placer sur le front et la joue les extrémités des fils dans un ordre parfait, de manière que la fermeture des sutures puisse être faite sans retard et sans confusion (en commençant par les plus internes) aussitôt après l’excision du staphylome.

Pour effectuer cette ablation, je traverse, avec un couteau de de Graefe dont le tranchant est dirigé en avant, la base du staphylome, et j’incise celui-ci d’arrière en avant. Saisissant chaque moitié du staphylome avec de petites pinces à

Fig. 5i

pupille droites, j’en opère avec des ciseaux courbes l’ublalion, en suivant très-exactement le bord de la cornée. Si le cristallin se présente dans la plaie, on ouvre la capsule avec le kystitome, et, sans se préoccuper de sa sortie, on lie les sutures qui se chargent d’en opérer l’expulsion.

Lorsqu’on a affaire à des malades dociles, on peut, ainsi que je vous l’ai fréquemment montré, Messieurs, fermer la plaie, sans qu’il s’échappe, tant le tiraillement est minime, la moindre parcelle de corps vitré. Ordinairement il suffit dequatre sutures ; mais, si l’on s’apercevait qu’une partie de la plaie n’est pas complètement close, on pourrait très aisément ajouter une nouvelle suture, que l’on aurait soin de placer comme les autres, en pénétrant à 2 ou 5 millimètres du bord de la plaie conjonctivale.

Ce que je veux obtenir, c’est non, comme le désirent MM. Critchett et Knapp, un rapprochement des lèvres de la plaie résultant de l’ablation du staphylome et d’une zone avoisinante, mais une cicatrisation sous-conjonctivale d’une plaie béante d’étendue plus restreinte, ayant pour résultat une conservation presque parfaite de la forme du globe oculaire; car M. Iinapp ne fait autre chose que de rapprocher la plaie scléroticale en utilisant l’union intime de la conjonctive avec la sclérotique, se souciant peu de la réduction du globe oculaire.

Pour éviter tout danger de suppuration, il est préférable de laisser le malade couché pendant quelques jours, en appliquant pendant toute la durée nécessaire à la guérison (8 à lOjours) le bandeau compressif et le pansement antiseptique. Après quatre ou cinq jours on enlève les fils, s’ils ne sont pas spontanément tombés. Loin d’avoir, comme avec la méthode de Critcliett , 9 à 1 0 pour 100 de suppurations, un semblable accident ne survient que si le malade a commis une grave imprudence, et n’a pas voulu se soumettre au repos nécessaire.

Comme j’ai pu à différentes reprises vous en fournir des

exemples, la conservation de la forme du globe oculaire est telle que l’on peut tatouer l’emplacement de la cornée, occupé par la cicatrice et la conjonctive attirée en ce point. On arrivera ainsi à éviter à bien des malades l’emploi d’un œil artificiel.

Toutes les fois qu’une dilatation staphylomateuse de la sclérotique vient se joindre à une semblable distension de la cornée, il faut renoncer à l’ablation de celle-ci, et recourir, ainsi que nous l’exposerons plus loin, au drainage où à l’énucléation.

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