‹ Chirurgie oculaireChapitre 42 sur 108 · Voy. Thèrap. ccul. , p · texte numérisé non relu

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faudra avec des pinces faire exécuter au globe oculaire une rotation forcée dans ce sens.

Parfois le corps étranger qui a séjourné très-longtemps dans le cul-de-sac s’entoure de végétations tellement saillantes qu’il échappe à l’exploration; mais la présence même de pareilles masses bourgeonnantes localisées en un endroit circonscrit est un indice qui permet de conclure à la présence d’un corps étranger, qu’on enlève aisément en fouillant les bourgeons avec la curette de Daviel. Toute excision est inutile lorsqu’on est sûr de n’avoir laissé rien d’étranger dans le cul-de-sac : car on voit rapidement se calmer l’état irritatif prolongé par lequel avait passé l’œil,

L 'ablation des tumeurs malignes de la conjonctive, choisissant de préférence pour point d’implantation, lorsqu’elles sont de mauvaise nature, le limbe conjonctival, peut dans certains cas être réclamée. Lorsque, en effet, il s’agit de tumeurs mélaniques ou d’épithéliomes très-peu étendus, une ablation pourra être tentée, attendu qu’on éprouve toujours quelque répugnance à énucléer un œil qui présente encore une vision parfaite, quoique, en réalité, si la nature maligne de l’affection a été reconnue, le parti le plus sage à prendre serait évidemment de se décider à l’énucléation.

Dans le cas où l’on a préféré la simple ablation de la tumeur, quelques règles doivent être strictement observées. D’abord il faut prendre garde de devenir soi-même le propagateur de l’affection par une inoculation : car, comme il importe de faire tous ses efforts pour enlever en totalité le mal, il est nécessaire de pratiquer l’ablation de la conjonctive jusqu’à une certaine distance de la tumeur (au moins i à 1 1/2 centimètre) ; mais la perte de substance devant être alors, autant que possilde, recouverte par la con-

Ijonclivc voisine, on conçoit combien il sera urgent, pour ce dégagement, de faire usage d’instruments qui n’aient pas servi à l’ablation du néoplasme, la plaie devant êtrepréala-

Ablalion des tumeurs malignes.

ciiiiumcii; ocuLAinr.

Opéra II on du ptérygion.

blement débarrassée de loul tissu épiscléral et nettoyée très soigneusement avec de l’eau carbolisée.

Une seconde précaution à prendre, c’est d’opérer l’ablation aussi loin que possible dans les tissus scléral et corncen. Dans ce but, on fait pénétrer un couteau lancéolaire, ou un couteau à cataracte très-tranchant, au-dessous du siège de la tumeur, et on enlève un feuillet équivalent au tiers de l’épaisseur des membranes, et comprenant toute l’étendue de leur implantation, qui doit même être un peu dépassée. Il est indispensable qu’une pareille ablation ne soit pourtant pas poussée au delà de certaines limites : car on a observé que, si l’on avait la mauvaise chance d’ouvrir le glohe oculaire, comme le fait s’est présenté d’ailleurs, en enlevant des tumeurs absolument bénignes de cette région, telles que le dermoïde, on pouvait voir se perdre l’œil.

Une opération que vous serez bien plus souvent appelés à pratiquer dans celte région, et qui est loin de présenter d’aussi grandes difficultés d’exécution, est celle du ptérygion. J’ai, dans les leçons précédentes1, déjà insisté sur Davantage du refoulement pur et simple de ce pli conjonctival attiré sur la cornée : ce que l’on obtient après avoir soigneusement détaché le ptérygion de la cornée avec un couteau à cataracte, et l’avoir isolé par deux sections latérales dirigées vers sa base, en exécutant une réunion très exacte de la plaie. La conjonctive ayant été détachée avec soin en haut et en bas, cette réunion peut être faite avec des fils de catgut très fins, ou avec des fils de soie anglaise qui, si les nœuds sont fortement serrés, n’ont pas besoin d'être enlevés.

Une cause encore assez fréquente de récidive pour le ptérygion, c’est lorsqu’ on ne réussit pas à très bien couvrir le bord de la cornée avec la conjonctive, ou, si l’on y est parvenu, que l’on détache de nouveau la muqueuse, qui y avait pris adhérence, en procédant aux manipulations nécessaires

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