‹ Chirurgie oculaireChapitre 54 sur 108 · Gaz. méd., p · texte numérisé non relu

Gaz. méd., p

5. Jahresberich der friiher Ewers’chcn Klinik, Berlin 1878, p. 54.

Névrotomie

ciliaire.

Névrotomie

optico

ciliaire.

Procédé de M. Schoeler.

était le seul qui lut encore apte à fonctionner. 11 se présente en effet dés cas où un œil blessé provoque une ophthalmie sympathique rapidement destructive pour la vision de son congénère, lundis que le premier conserve une vue relativement satisfaisante. Connaissant les minimes ressources que la chirurgie oculaire offre pour le traitement de l’iridochoroïdite sympathique, personne ne songera à sacrifier l’œil blessé s’il a encore conservé partiellement ses fonctions ; mais pour faire cesser l’influence sympathique, calmer les douleurs de la blessure, et arrêter la marche de l’inflammation sympathiquement développée, on pourra ici, comme vous m’avez vu le faire récemmenl, messieurs, pratiquer, aussi complètement que possible, l’abrasion des nerfs ciliaires dans leur trajet extra- sclérotical, en mettant en usage les mêmes indications opératoires qui seront données tout à l’heure pour la combinaison de celte section avec celle du nerf optique.

L’abrasion, que l’on pourrait plus largement pratiquer que ne l’indique M. Snellen1, doit seule trouver ici son emploi, tandis que la section sclérale de M. Meyer, susceptible de menacer l’intégrité de l’œil et de faire perdre ainsi le dernier espoir qui peut encore subsister, ne saurait être applicable dans ces conditions.

M. Schoeler décrit son procédé de la manière suivante : « Ayant obtenu l’anesthésie la plus complète2, et l’élévateur à ressort étant mis en place, enfin, l’aide muni des pinces à fixation ayant attiré fortement en dedans le globe oculaire, je commence par sectionner le droit externe, après avoir

\. Voy. Thérap. ocul., p. 270.

2. Notons ici que, comme M. Mautliner, nous procédons aux énucléations sans endormir les malades, bien que nous ne considérions pas l’opération comme étant aussi peu douloureuse que le prétend notre confrère de Vienne, d'après lequel la section des nerfsjciliaires et du nerf optique serait moins douloureuse que celle de la conjonctive (Voy. Arcliiv. für Augen- ». Ohreitheilkunde, t. VIII, p. 185). Ce qui rend l’énucléation pénible, ce sont incontestablement les quatre premières ténotomies que le malade doit subir, puis la luxation du globe oculaire.

ouvert la conjonctive. J’introduis alors à travers le tendon du muscle reculé, en même temps qu’à travers la conjonctive sus-jacente, un fil de catgut. Attirant légèrement avec la main gauche le muscle et la conjonctive, je sectionne en haut et en bas jusque vers l’insertion des muscles droits la muqueuse, puis je détache celle-ci en arrière en me tenant strictement à la surface du globe oculaire.

« Ayant ainsi atteint l’entrée du nerf optique, j’introduis une paire de ciseaux anglais, à pointes mousses, dont le plat a été tourné contre l’œil, jusque vers le nerf optique ; j’ouvre alors les ciseaux et je coupe, en les enfonçant davantage, le nerf optique d’un seul coup. Au moment de cette section, j’ai soin de m’éloigner de la surface de l’œil, afin d’obtenir un moignon aussi long que possible restant attaché à l’œil.

« Si à ce moment l’hémorrhagie est considérable, c’està-dire que le globe oculaire soit fortement poussé en avant contre les paupières, on retire rapidement l’écarteur, et on comprime au moyen d’une éponge jusqu’à ce qu’on ne constate plus une nouvelle propulsion.

« Alors l’aide écarte les paupières, et attire de nouveau avec les pinces à fixation le globe de l’œil en dedans, puis j’introduis de la main droite un couteau mousse ayant la forme d’un crochet à strabisme. Ce névrotome est muni d’un support flexible auquel je puis imprimer une courbure correspondante à la surface du globe oculaire. Lorsque cet instrument a pénétré dans la profondeur de la plaie, je m’assure par des mouvements excursifs qu’aucune fibre nerveuse n’est restée intacte.

« Le nôvrolome étant retiré, j’exerce avec l’indicateur et le médius une pression sur la commissure externe des paupières de manière à faire rouler fortement en dedans le globe oculaire, à ce point que je mets à découvert la section du nerf optique. Après avoir inspecté cette région, on procède à la réduction de l’œil, et l’on fixe avec des sutures de

catgut le muscle et la conjonctive. Au moyen d’attouchements exercés sur la cornée et la conjonctive avec une sonde, on se rend compte de l’insensibilité obtenue. Cette môme exploration est nécessaire pour la région ciliaire avant de placer le bandeau. »

Ce qui est surtout à surveiller dans cetlc opération, c’est que la section du nerf optique ne soit pas suivie d’une hémorrhagie telle qu’elle amène une propulsion considérable du globe oculaire, car il en résulterait une certaine difficulté pour l'achèvement de l’opération.

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