Annal. il'Ocul., 1849, t. XXI, p. 73 el p
aurait infailliblement risqué de sombrer, si les opérations incomplètement exécutées (qui n’avaient pas abouti à un détachement musculaire complet) n’ctaient pas venues contrebalancer , en quelque sorte, celles qui ôtaient faites lerje artis d’après les idées de cette époque.
Les précieuses indications que Bonnet avait données sur les rapports anatomiques des muscles avec le globe oculaire, ne furent malheureusement guère utilisées en France, et c’est de Graefe 1 qui, le premier, sut tirer profit des travaux du chirurgien de Lyon. Mais il tomba dans l’exagération en pensant qu’un véritable dosage de l’effet opératoire pouvait être obtenu suivant la largeur de l’ouverture pratiquée à la capsule de Tenon. Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître que ce n’est que depuis vingt-cinq ans que l’opération du strabisme a pris les caractères d’une opération rationnelle, qu’il s’agisse de la ténotomie ou de l’avancement du tendon.
On devait penser que les travaux si méritants d cDonders sur les rapports du strabisme avec la réfraction de l’œil et que les éludes relatives à l’étiologie de cette affection étaient de nature à exercer une influence des plus marquées sur la manière d’envisager la guérison du strabisme par voie opératoire ; et, en réalité, ces progrès se sont manifestés en ce sens que le nombre des slrabiques, du moins dans les classes élevées de la société, a sensiblement diminué, car les parents soucieux savent actuellement qu’on peut par des moyens optiques empêcher leurs enfants de devenir louches.
D’un autre côté, les rapports intimes entre le genre de strabisme et le mode de réfraction, les différences que présente le pouvoir dynamique des muscles suivant la conformation des yeux, devaient déjà singulièrement ébranler l’assurance des opérateurs relativement à la possibilité absolue de doser exactement la strabotomie, et, chose importante, leur enseigner surtout qu’il ne fallait pas atteindre