‹ Chirurgie oculaireChapitre 87 sur 108 · Annales il' oculistique, t. LXX.I, p · texte numérisé non relu

Annales il' oculistique, t. LXX.I, p

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tilage tarse, dans le bord ciliaire, immédiatement en arrière de la rangée des cils déviés ou surnuméraires.

Il s’agit alors de fixer le bord supérieur de la bandelette ciliaire décollée au niveau de la partie supérieure du cartilage tarse. A cet effet, le lambeau cutané étant relevé par l’aide, on excise quelques fibres du muscle orbiculairc au niveau du bord tarsal supérieur, qui se trouve ainsi dénudé. Il ne reste plus qu’à placer les sutures qui doivent être au nombre de quatre. Chacune d’elles traverse d’abord de dehors en dedans le bord supérieur de la bande détachée, puis un petit faisceau de tissu fibreux sus-larsal ou môme une parcelle du cartilage lui-même. Les quatre fils sont ensuite liés.

Quant au procédé qu’exécute M. Lebrun , M . Wcuiomont en donne le résumé suivant :

« Le blépharospathe étant placé on fait, dans la surface cutanée, parallèlement au bord ciliaire et à I ou 2 millimètres en arrière ou au-dessus du point d’implantation des cils, une incision plus ou moins étendue, suivant la longueur de la bordure à redresser. On dissèque le lambeau supérieur, au moins jusqu’au niveau du bord supérieur, ou postérieur si l’on veut, du cartilage. Cela fait, on introduit successivement, à travers la lèvre ciliaire, trois, quatre ou cinq aiguilles, armées de fils solides, qu’on fait cheminer sous le tissu conjonctif et sous le muscle orbiculaire, en rasant du plus près possible la face antérieure du cartilage, jusqu’à ce que leur pointe sorte au bord supérieur de ce dernier, ou même un peu plus haut, si l’on veut obtenir plus d’effet. Les fils sont alors noués fortement, de façon à étrangler les tissus, et on les laisse en place pendant G à 8 jours : car une grande importance est attachée à la production d’un peu de suppuration partant du tissu cicatriciel, afin que celui-ci, se rétractant progressivement, fasse équilibre à la rétraction modulaire qui est, dans la grande majorité des cas, la cause de la déformation. Si le cartilage

Procédé de M. Lebrun .

tarse est déformé, on peut en pratiquer l’évidement ( Slreat feslcl). Si, d’autre part, on juge que les fibres musculaires contribuent au renversement, on en excise, d'un coup de ciseaux, un lambeau en feuille de myrthe, parallèlement au bord ciliaire et très près de lui. »

Je crois, messieurs, qu’avec les opérations que nous venons de passer en revue, vous aurez tous les éléments nécessaires pour faire dans chaque cas un choix approprié; d’ailleurs vous avez pu constater qu’à cette clinique les opérations de ce genre que l’on pratique sont fort peu variées. Aussi me parait-il inutile de charger votre mémoire en vous exposant des procédés tels que celui de de Graefe , par exemple, dans lequel il voulait combiner l’excision de la peau, la myotomie et la tarsotomie, en donnant à cette excision la forme d’un triangle verticalement situé par rapport au bord palpébral.

On peut dire qu’en ayant recours à de pareils procédés on se crée volontairement des difficultés, et l’on s’expose au danger de voir subsister des traces très apparentes (coloboma) à la suite d’une opéralion qui peut être exécutée sans qu’il en reste le moindre vestige (comme dans le procédé de Snellen, par exemple). Il ne faut pas oublier ici que toutes les incisions longitudinales ne laissent que des cicatrices parfaitement disposées pour être cachées dans les plis des paupières. Espérons que le temps est passé où, en voulant chercher des procédés nouveaux, on n’a souvent réussi qu’à accroître les difficultés, et que nous sommes actuellement arrivés à une époque de simplification, celle-ci portant toujours avec elle le cachet du vrai.

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