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VIN GT- QUATRIÈME LEÇON

BLÉPHAROPLASTIE

Si je n’avais pris à tâche de rendre ce cours aussi complet que possible, je ne vous fatiguerais pas, Messieurs, par l'énumération de nombreux procédés de restauration des paupières qui, pour la plupart, n’ont été exécutés que dans une quantité excessivement restreinte de cas, et dont la mise en pratique, d’ailleurs, sort tout à fait du cadre des opérations exécutées par le médecin praticien. Combien de spécialistes n’ont même jamais fait de blépharoplastie, bien que les manuels réservent à cette opération une place d’une importance tout à fait exagérée.

Du reste, on ne doit songer à restaurer une paupière détruite qu’à deux conditions bien déterminées qui en imposent l’urgence : d’abord, s’il y a manque de protection suffisante pour l’œil, celui-ci devenant le siège d’une ininflammation gênante et menaçante pour la fonction; en second lieu, lorsque, sur un jeune sujet , il s’agit d’une difformité choquante, capable de lui porter préjudice dans la suite. Dans le premier cas, il est évident que la blépharoplastie est absolument réclamée ; dans le second, on ne devra pas oublier que nous ne pouvons que pallier la défîguration, mais non y remédier véritablement : car, même dans les meilleures conditions de réussite, nous n’arrivons qu’à substituer à une paupière entièrement détruite un pli cutané dépourvu de charpente et dégarni de cils.

Il est incontestable qu’on a accompli un véritable progrès le jour où on a appliqué la greffe dermique à la chirurgie oculaire, et où on a pu, ainsi que je l’ai conseillé, remplacer les opérations autoplastiques par la tarsorrhaphie jointe à

Historique.

la greffe. Dès ce moment on n’a plus été exposé à ce très sérieux mécomple de laisser, à la suite d’une blépharoplastie manquée, le malade plus défiguré qu’il ne l’était auparavant. J’ai eu plusieurs fois occasion de vous montrer des sujets chez lesquels de pareilles tentatives n’avaient abouti qu’à l’établissement, en guise de paupière, d’un bourrelet de peau œdématiée et difforme; encore pour acquérir ce simulacre de paupière les opérés avaient-ils dû se résigner à porter de vastes cicatrices longeant le front ou les tempes.

La restauration des paupières est une opération qui ne remonte qu’à un demi-siècle à peine, à l’époque ou Dzondi 1 restaura partiellement avec un lambeau de peau empruntée à la joue la paupière inférieure. Une semblable opération paraît avoir déjà été exécutée dix ans auparavant par de Graefe père2 * 4; mais il n’en donna toutefois la description qu’après que Dzondi eut fait connaître son procédé. De pareilles restaurations furent aussi exécutées par Friche 5 6 7 8 et Jünken \ mais il ne s’agissait que de remplacer partiellement une paupière; tandis que la restauration complète de la paupière fut seulement pratiquée par Difjfenhach 5 en 1855. Ceux qui, en France, ont. particulièrement cultivé ce genre d’opérations sont Serre 0 et Dençnvilliers1 .

Après que M. Lawson 8 se fut servi de la greffe pour guérir un eclropion, en recouvrant le quatrième jour, dans le point où il avait détaché le tissu cicatriciel, la surface granuleuse de la plaie avec deux lambeaux cutanés de un centimètre et demi, je fis deux années plus tard la proposition

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