‹ Chirurgie oculaireChapitre 95 sur 108 · Vov. Thcrap. ocul., p · texte numérisé non relu

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son état, et cela au point qu’il peut en résulter un véritable danger pour lui.

Un cas qui m’est resté profondément grave dans la mémoire, c’est celui d’un malade qui, étant atteint d’un léger larmoiement, s’adressa à un confrère d’une science éprouvée et fut sondé par lui à diverses reprises. Après quelques sondages exécutés, il est vrai, avec une certaine violence, ce malade fut pris d’une tuméfaction considérable de toute la région du sac. Il se forma un vaste phlegmon que j’eus à inciser largement, et le patient ne guérit que lorsqu’un large séquestre du rebord orbitaire inférieur se fût éliminé, cet accident l’ayant obligé à garder la chambre plusieurs mois. Les raisons d’après lesquelles je voulais que la nécrose ait eu pour prélude le larmoiement, affirmant que le sondage n’y avait été pour rien, n’empêchaient pas le malade de s’adresser chaque jour à lui-même les plus vifs reproches pour n'avoir pas supporté avec plus de patience la petite gêne que lui occasionnait un simple larmoiement.

Aussi combien de fois ne m’entendez-vous pas répéter qu’un appareil aussi délicat que celui qui préside à l’élimination des larmes ne comporte aucune violence, et que toute action brutale exercée sur lui doit être de prime-abord rejetée? Ce que j’avais prédit ne s’est-il pas en effet réalisé, lorsqu’au début de l’usage du laminaria comme moyen de dilatation, procédé autrefois accepté avec un véritable enthousiasme par les confrères qui préconisaient, ainsi que M. Weber le veut, la dilatation forcée, j’annonçai que ce mode de traitement serait absolument abandonné?

Ceux qui se vantent de guérir le larmoiement par le sondage prolongé avec des sondes de 5 millimètres et plus d’épaisseur ( Theobald l) peuvent obtenir un certain soulagement chez des malades atteints de véritable dacryocystite, mais c’est alors en atrophiant la muqueuse du sac, ou en

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