‹ Chirurgie oculaireChapitre 96 sur 108 · Archiv für Augcii- u. Ohreiiheilli., t. VII, p · texte numérisé non relu

Archiv für Augcii- u. Ohreiiheilli., t. VII, p

déterminant l’occlusion complète des conduits vers le sac de façon à faire cesser tout contact entre la sécrétion de celui-ci et la conjonctive. Par l’emploi de ces sondes fortes on atteint le même résultat qu’avec la méthode délaissée de la prétendue oblitération; mais si je m’appuie sur ce qu’une longue expérience m’a enseigné, en me livrant sans le moindre parti pris à l’étude de cette question, je puis nier formellement qu’on ait jamais soulagé, soit par cette brutale méthode de sondage, soit par l’emploi de sondes à demeure, un malade atteint de simple larmoiement.

Je vous le répète, messieurs, le simple larmoiement ne saurait être guéri par une intervention brutale exercée sur un appareil d’une extrême délicatesse de construction telle qu’on l’observe pour celui qui est destiné à l’élimination des larmes, et la proposition de M. Otto Becker, tendant à sonder simplement par le conduit supérieur non dilaté, est basée sur une appréciation fort sensée de cette question. Toutefois, si vous ne me voyez pas accepter entièrement ce conseil, c’est que, pour des raisons anatomiques précédemment exposées1, je ne considère pas que l’on atteigne toujours ainsi l’obstacle que l’on veut faire disparaître, celui-ci pouvant siéger, en effet, dans le conduit inférieur, ainsi qu’il arrive dans un grand nombre de cas. En outre, je crois qu’une incision très circonscrite du sphincter des conduits facilite l’introduction répétée des sondes qui se montre moins blessante que dans le cas où l’on procède par simple dilatation. Mais où j’applaudis des deux mains, c’est lorsque M. Otto Becker nous apprend que, par ce simple sondage laissant intact l’appareil lacrymal, il guérit nombre de larmoiements en faisant usage de sondes fines.

Combien d’idées erronées ont encore cours sur le traitement du larmoiement, provoqué par des obstacles qu’on veut faire disparaître en détérioriant profondément l’appareil lacrymal! C’est ce qui ressort clairement du passage sui-

1, Yoy. Thérap. ocul., p. 748.

vant de la chirurgie oculaire de de Arlt \ emprunté à l’introduclion du chapitre concernant les opérations pratiquées sur les voies lacrymales : « Bowman 2 nous a appris ce fait intéressant que les conduits lacrymaux, après qu’on les a transformés en une rainure ouverte, dirigée vers le globe oculaire, et qu’on s’est opposé à la réunion des bords de cette rainure, assurent l’évacuation des larmes tout aussi bien que les conduits non fendus. Par ce procédé on transporte en quelque sorte le point lacrymal près du bord de la caroncule. » Eh bien, je n’hésite nullement à affirmer que pareil transport éternisera le larmoiement, si même il ne l’accentue pas sensiblement par la régurgitation des larmes au moment où le sac lacrymal est comprimé.

Sachez donc bien, messieurs, que l’on doit considérer comme absolument désastreux de fendre dans toute sa longueur le conduit inférieur, et que, ni la déviation des points, ni la dilatation qui devra être ultérieurement obtenue avec les sondes, n’autorisent à recourir à une pareille incision, qui, dans la plupart des cas, est encore exécutée d’une façon malheureuse par ceux qui croient devoir la mettre en pratique. Combien de fois, en effet, n’ai-jc pas eu l’occasion de vous montrer des malades qui portaient de pareilles rainures allant jusqu’à la caroncule, et chez lesquels une paroi élevée s’étendait entre l’œil et la rainure, celle-ci se trouvant tournée directement en haut ou même en dehors, par rapport à la surface du globe de l’œil, lorsque le malade tendait à fermer les paupières ! Si vous questionnez des personnes ainsi opérées, elles n’hésiteront pas à vous dire que leur larmoiement s’est sensiblement accentué depuis, qu’au lieu d’un point plus ou moins renversé, elles portent une semblable rainure.

Aussi vous ai-je conseillé toutes les fois qu'il s’agit d’un simple larmoiement, sans la moindre sécrétion provenant

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