‹ Chirurgie opératoire. Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deux cent soixante-quinze opérationsChapitre 2 sur 121 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

les faits dont la pratique de cette chirurgie nouvelle vient donner une notion certaine.

On pourrait s'étonner de l'étendue considérable de cette monographie. Mais on comprendra bien vite toute l'importance qu'elle doit avoir en réfléchissant & plusieurs points.

D'abord, extrême fréquence des hernies.

Que Ton prenne les chiffres de 1 sur 13 individus ou de i sur 20, ou ceux, plus modérés, de 1 sur 35 et de i sur 50, qui sont beaucoup au-dessous de la vérité, la hernie est d'une extrême fréquence.

L'opération qui peut remédier à. la grande généralité des cas de celle difformité doit pouvoir être fort commune et rencontrer des incidents et des accidents extraordinairement variés.

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ment établi, puis perfectionné la méthode quer j'expose.

Ce n'est pas, en effet, un procédé déjà connu de cure radicale que j'ai adopté .' c'est une méthode personnelle que j'ai instituée. Je n'ignore pas que chacun de ses éléments a été plus ou moins utilisé par les nombreux chirurgiens qui ont recherché la cure radicale. Mais, selon moi, leur groupement, leur succession, la perfection mathématique de certains détails et un bon nombre de pratiques nouvelles dans la conduite de l'opération constituent la méthode qui est mienne.

Pour se leurrer de cette pensée que l'on peut concevoir et exécuter de toutes pièces une œuvre scientifique et chirurgicale quelconque sans avoir eu de prédécesseurs, il faudrait bien peu connaître l'histoire de la chirurgie, il faudrait méconnaître absolument l'esprit d'observation et la puissance de conception de nos grands devanciers.

Mais il y a une raison pour admettre la large part de notre invention. Nous avons la bonne fortune de vivre à une époque où la chirurgie s'est régénérée, où toute une science nouvelle est née, où les moyens rêvés, entrevus par nos Maîtres, peuvent être pour nous une réalité. La chirurgie est devenue une science sinon certaine, du moins régulière, avec des prévisions précises, permettant une hardiesse

IBTBODUCTIOM

justifiée par la sécurité. II en résulte que nos opérations ne conservent qu'une parenté assez lointaine avec les opérations du même ordre que les opérateurs les plus hardis avaient projetées ou exéculées.

Quand on aura lu ce livre, on comprendra comment, tandis que bien des opérateurs ont conçu et exécuté la cure radicale par la destruction du sac de la séreuse des hernies, l'opération complexe que j'ai proposée et exécutée, avec la destruction de la séreuse du sac comme condition fondamentale, donne une méthode différente et complète, susceptible d'applications à toutes les hernies el répondant à tous les desiderata de la cure de chaque hernie.

Voici, rapidement indiquées, les époques

INTHODIJCTION

moderne : mes quatre premières observations, toutes heureuses, et un cas de mort appartenant à Gillette (1883).

Au premier congrès français de chirurgie, j'ai communiqué mes observations de cure radicale avec les réflexions que m'inspirait cette première expérience (1885).

En 1886, j'ai publié mon traité de la cure radicale des hernies, avec ma première série de dix opérations en dehors de l'étranglement.

Bientôt parurent, dans la Semaine Médicale, une leçon clinique sur ce sujet, avec une série de 48 cas (août 1887),

Au troisième congrès de chirurgie, août 1888, je doimai une série de 81 c:'3 et affirmai l'inutilité du bandage.

En décembre 1888, je publiai une nouvelle élude sur la cure radicale, avec une série de (120 opérations) Jom-ntd de Médecine et de Chirurgie pratiques.

Je cite encore mes communications à la Société de Chirurgie sur la cure radicale de la hernie inguinale de la femme sans étranglement (1891).

A l'Académie, sur 253 cas de cure radicale de hernie sans étranglement (1891).

Au congrès de Marseille, sur la cure radicale de la hernie chez la femme (1891).

Je passe sous silence, avec les nombreux

X INTRODUCTIOif

articles de mon Journal de Médecine et de Chirwgie pratiques, toutes les discussions de la Société de Chirurgie, qui se sont bien des fois reproduites.

Je pourrais, je croîs, joindre à cette énumération la propagande par le fait et l'assistance à toutes mes opérations, depuis onze ans, non seulement de mes élèves, mais de plusieurs de mes collègues et de nombreux chirurgiens français et étrangers qui ont bien voulu visiter mon service.

La science marche si vite de notre temps qu'il est difficile de se rendre compte aujourd'hui de la somme d'efforts qui m'ont été nécessaires pour faire accepter la cure radicale de la hernie, maintenant bien ù sa place dans notre chirurgie.

IMTMODUCTION

plus complète qu'une opération chirurgicale puisse rechercher.

On aurait peine à croire à l'ardeur et à la violence de cette polémique qui date d'hier et dont nos adversaires les plus décidés se soucieraient bien peu de se retrouver en face des opinions qu'ils ont solennellement exprimées.

Les comptes rendus, du reste très atténués, de la Société de Chirurgie n'ont pas gardé la trace de l'exclamation d'un de nos collègues les plus éminents, s'écriant qu'en présence de l'empressement que je mettais à ouvrir les hernies, on devrait me faire passer en cour d'assises.

Si je rappelle ce souvenir personnel, c'est qu'aujourd'hui que la cure radicale est admise comme légitime, un bon nombre d'auteurs sont tout disposésàoublierque, pendant des années, je l'ai préconisée et enseignée, soutenu seulement pur quelques amis.

Cependant, la période de lutte terminée, je n'ai pas déserté l'œuvre, puisque, avec mes 275 opérations en dehors de l'étranglement, je puis présenter un ensemble d'opérations tel qu'aucun chirurgien français n'en a de semblable et que bien peu de chirurgiens étrangers en peuvent donner d'approchant.

Non seulement j'ai fait accepter en France la cure radicale de la hernie sans étrangle-

lltTRODUCTIOH

ment, mais l'opération y est actuellement pratiquée très généralement, d'après les principes que j'ai exposés. Je ne veux pas dire par laque ce soit précisément mon opération qui est pratiquée, ma méthode qui est suivie. Cela ne serait vrai que d'un fort petit nombre de chirurgiens.

Beaucoup de chirurgiens contemporains considèrent la cure radicale comme une opération bénigne, facile, à la portée de tous.

Dans ces conditions, on pratique, non sans danger, une opération sans valeur, de nature à compromettre la véritable cure radicale cl à justifier l'opinion de ceux qui estimeni encore que l'intervention ne donne pas do résultats solides.

Je considère, au contraire, que, pour ôtn; efficace, l'opération de la cure radicale doit

ISTBODUCTION

Si j'ai toujours suivi les principes généraux que j'avais, dès le début, considérés comme des principes fondamentaux de la cure radicale, est-ce à dire que je n'ai, dans ces onze années, rien modifié, rien perfectionné dans ma méthode? Je ferai remarquer que, dans ces années passées, tandis que la cure radicale s'installait en France, elle faisait aussi singulièrement de progrès dans le inonde entier; el, si un grand nombre de chirurgiens étrangers m'ont fait l'honneur d'adopter ma mè- Ihode, c'était évidemment qu'ils estimaient qu'elle ne restait pas au-dessous de ces progrès.

ta publication de ce traité est destinée précisément à fixer ces progrès, dont j'ai publiquement fait connaître tous les détails. Son but est de faire connaître ce que m'a appris l'expérienc? de mes nombreuses opérations. J'ai tenu à n'y jamais parler que de ce que j'ai vu, de ce que j'ai fait, de ce que j'ai constaté.

Ce livre est avant tout une œuvre personnelle, avec les qualités et les défauts d'une œuvre personnelle. Je crois qu'en notre temps les chirurgiens qui ont une grande expérience sur un point déterminé rendraient toujours service en mettant à jour le fruit de leur expérience propre.

On me reprochera, sans doute, de n'avoir

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