‹ Chirurgie opératoire. Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deux cent soixante-quinze opérationsChapitre 48 sur 121 · CURE RADICALE DE LA HERNIE CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

CURE RADICALE DE LA HERNIE CHEZ LA FEMME

En étudiant les variétés de hernies propres à la femme, j'ai eu déjà l'occasion d'indiquer mes opinions sur la cure de la hernie chez la femme. Il m'a paru bon néanmoins de réunir en ce chapitre quelques considérations particulières à la cure des hernies chez elle, parce qu'elle se présente dans des conditions spécialement heureuses et avec des conditions d'urgence à elle propres.

La cure radicale de la hernie non étranglée pour la femme se présente dans des conditions assez différentes de celles que Ton observe chez l'homme. Elle offre des avantages et des facilités spéciales ; enfin, elle permet de remédier à une difformité plus pénible à supporter pour la femme que pour

(1) Cure radicale de la hernie sans étranglnraont chez la femme. Communication au Congrès pour ravancement des sciences, septembre 1891.

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rhomme et conduisant à des dangers propres que nous avons le devoir de prévenir.

Sur les 273 cas de cure radicale de hernie sans étranglement que j'ai pratiqués jusqu'ici, j'en ai opéré 16 chez la femme : 12 ombilicales, 19 inguinales, 14 crurales et 1 éventralion.

Sans exception, ces opérations m'ont donné une satisfaction complote. Non seulement je n'ai eu aucune mortalité, mais je n'ai observé aucun incident fâcheux, bien que j'aie opéré des cas d'une extrtîme gravité. Pour les résultats définitifs, j'ai obtenu des succès encore plus complets que pour rhomme.

Quelle que soit la variété de hernie dont une femme est affligée, sa situation au point de vue du bandage, au moins pour la jeune fille et pour la jeune femme, est encore plus pénible que celle de l'homme. La tare est grave, si bien que, pour beaucoup de jeunes filles, les parents se refusent à faire porter aucun bandage. Je pourrais citer des cas où cette nécessité de porter un bandage a cmpôché le mariage.

Même accepté, ce port du bandage est plus difficile que pour l'homme. La femme, ordinairement plus grasse, avec une peau plus fine, est plus sujette aux excoriations; les pressions sont plus pénibles chez elle, et le bandage, entraîné par le poids des jupes, se déplace sans cesse. Pour la hernie ombili-

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cale, si commune chez la femme, la valeur du bandage esl généralement n'ille. On peut dire que, sur vingt bandages ombilicaus que l'on observe en place, il y en a dis-huit au moins qui n'ont aucune valeur effective, mâmc quand ils paraissent soulager la patiente.

MCme chez les jeunes sujets, quand le bandage semble avoir déterminé la guériaon, il faut beaucoup se défier de cette apparence de guérison. Après l'abandon du bandage, aux premiers efforts, L la première grossesse, la hernie reviendra, La guérison spontanée ou par le bandage n'est souvent qu'apparente, etj'en ai donné une bonne preuve en montrant que l'immense majorité des hernies inguinales do la femme avaient tous les caractères de la hernie congénitale.

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hernie, on observe le mc^me fait, pluR manifeste encore que pour la hernie ombilicale.

Mais ce sont les dangers secondaires qui sont surtout redoutables. La hernie, chez la Temme, est le plus souvent douloureuse, irrt^Juctihle et progressive, si bien que les femmes qui les portent s'immobilisent de plus en plus, deviennent obôses, emphysémateuses, et un nombre vraiment considérable deviennent diabi^tiques. Au moins, j'ai èiiS frappi?, ayant eu l'occasion d'examiner avec soin au point de vue de l'opération un grand nombre de hernieux, de rencontrer des femmes diabétiques en proportion élevL'e. La déchéance organique qui menace la femme est plus proche et plus rapide à venir et plus grave que chez l'homme. Il y a donc urgence à opérer sans hésiter tout sujet jeune pour assurer sou avenir dans la mesure du possible.

Comme argument puissant pour décider à l'intervention dans la hernie chex la femme, on doit constater que l'immense majorité des hernies sont douloureuse». J'ai démontré pour la hernie inguinale de la femme que, probablement à cause de ses connexions avec les organes génitaux internes, les douleurs sont la rfegle, douleurs constantes, dues aux tiraillements réguliers, ou douleurs périodiques, dues aux congestions menstruelles. La hernie crurale contient très habituellement, dôs le début, des adhérences épiploïques qui la rendent douloureuse et particulière-

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ment dangereuse. Quanlà la hernie ombilicale, il est à peine besoin d'insister ponrrapjielor qu'elle constitue Lin ^upplico d(! tous lc« instants.

H paraît facile de démontrer ta «(îccssilé d'inlcrvenir dans la liernio do la femme pour la 9up[iniiiL'r le plus rapidement possiblo. Mais il ne faut pas oublier non plus que la hernie i^tant pour elle uue i-anso do déclioance organique rapide, il faut se lirtler et intiir\'cnir de pn^fdrence chez des sujets joitueii ai on veut consL-rver à l'opi^ration tous ,ses caracli^rcs de sécurité. Les malad(>s sont expusdcH à des dangers inutiles par les atermoiement» que l'on oppose le plus souvent àraccompHsBemonl de la cure radicale, et la valeur de l'opi5raUon en est sîngultbrement compromise.

Enfin, l'oramc argument des plus satisfaisants pour le cliinirt-'ien. cil outre de celte edcurilé aue ueut

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Pour la hernie inguinale, la destruction du ligament rond assure une réunion de paroi sans fissure aucune où puisse se faire une amorce de hernie.

Pour la hernie crurale, si on a le soin de se porter au-dessus du fasciacrébriforme, en ouvrant largement les tissus fibreux, on obtient aisément une destruction de séreuse sans infundibulum; et la cure est <rautant meilleure que, dans presque tous les cas, on a l'occasion d'enlever une masse plus ou moins importante d'épiploon adhérent.

Pour la hernie ombilicale mfme volumineuse, les chances sont encore excellentes, car on peut habituellement disséquer très haut, extirper de lepiploon, et la réunion de la paroi peut Hrc faite d'une façon comparable à celle que Ton obtient après les laparotomies qui sont si habituellement suivies de l'obtention d'une paroi solide. Même, on peut dire que les chances de solidité sont plus grandes que dans un grand nombre de laparotomies.

La persistance des résultats obtenus par le chirurgien est encore assurée par le mode des occupations de la femme. Pour Ihomme, les chances de rupture de la paroi de défense sont dues non pas au travail musculaire régulier, qui n'est pas si défavorable qu'on le pense pour la paroi abdominale, mais par les àcoups violents auxquels Fexpose la nature de son travail ou le désir d'affirmer sa force par des coups d'éclat. J'ai vu deux bouchers, qui avaient travaillé

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sans encombre assez longtemps, prendre uue rt^ci- (live de hernie en soulevant un demi-bœuf. J'ai vu un autre sujet qui ^talt rest^ longtemps indemne de hernie et chez lequel la rt-cidïve se fil à l'occasitin d'une rixe dans laquelle il fui piétiné par son adversaire. J'ai vu une femme opt^rée de laparotomie cliez laquelle ia paroi [paraissait bien solide et qui se fit une i5ventralion en voulant soulever et emporter un cadavre. Or, ces efforts violents par àcoups sont bien loin d'être aussi communs que chez l'homme, m^mc dans la vie des femmes qui travaillent; et ia paroi nouvelle a déjà des conditions de solidité plus satisfaisantes encore que celles des hommes. 11 resterait la grossesse, qui pourrait exposer aune distension fâcheuse de la paroi. Or, nous savons déjà, piirl'espëriencedes laparotomies, que les parois

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