LA CUBE RADICALE DES HERNIES
un bandage préventif, non pour réduire une hernie, mais pour en prévenir le retour, ce qui est bien (lifTérent.
3° Chez quelques sujets parlicuHëremenl faibles ou présentant une disposition très spéciale de la hernie, la récidive menace dès le premier jour et il est nécessaire de leur faire adopter immédiatement ce bandage préventif.
Mais, mOme dans ces deus dernières hypothèses de médiocres résultais, l'opéré a beaucoup bénéficié de l'opération. C'est une cho^e bien différente de porter un bandage pour empêcher une hernie de revenir ou de porter un bandage pour contenir une hernie existante. Le bandage est plus léger, pelote plus large, à moindre pression ; et surtout le sujet ne court aucun danger de complication de sa hernie.
admettre que la cure radicale guérit les sujets aussi bien et mieux que la plupart des optSralions que l'on n'hésite pas k faire pour des diiïormilés inliiiiment moins g;(^n3ntes et moins redoutables pour la santé et pour la vie (le pied-bot ou le bec-delicvre par exemple).
Si un très petit nombre de sujets n'obtiennent pas de l'opération les résultats aussi complets que ceux de la première catégorie, c'est qu'il s'agil de gens qui n'ont rien de commun avec l'Apollon du Belvédère et que, tout en les ayant soulagés, on ne peut songer à leur rendre une forme aussi parfaite qu'aux autres. Or, même à ces derniers, on n'a pas plus le droit de refuser l'opération qu'on n'a le droit de la refuser îi un sujet atteint de pied-bot ou de bec-deliévre, sous prétexte que la mauvaise jambe ne vaudra jamais la bonne ou parce que la cicatrice faciale empËctiera le sujet d'f^tre aussi joli garçon que ses voiaine.
Aucune opération ne donne des résultats aiis-:i parfaits, aussi bien au point de vue de la forme qu'au point de vue de la fonction. Mais il ne faut pas oublier que la cure radicale de la hernie, pour permettre d'atteindre ces résultats, doit être une opération complexe, difficile et qui pourrait devenir dangereuse sans certaines précautions. Elle ne me parait pouvoir être pratiquée couramment que par un chirurgien rompu à la chirurgie abdominale. Comme pour
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rovariolomie, l'hystérecLornie, la ni^phreclomie, il se peut qu'un chirurgien inaccoutumé oblionne quelques résultats favorables. Mais, pour avoii- des résultats assurés, réguliers, pour aborJer les cas difficiles, pour n'Otrc jamais embarrassé par l'impriivu, par les cas rares, il faut une pratique spéciale avec le lieu, le matériel, les aides. Le seul détail de fils mal préparés peut convertir une opération bénigne en une catastrophe ; et le moindre accident pour les manquements dans les détails serait l'insuccès de la cure.
Depuis que j'ai fait adopter la cure radicale en France, beaucoup de chirurgiens ont voulu traiter la cure radicale comme une opération bénigne, facile, et ont pensé qu'on pouvait se dispenser de suivre les conseils que j'ai donnés si minutieusement. Ils considèrent la cure radicale comme une intervention
iple, facile à opérer, avec Ruérison rapide e
En cela, cette opération restera comme beaucoup d'autres opérations de la chirurgie moderne, qu'on n*a vraiment le droit de pratiquer que dans des conditions tout à fait spéciales. Ce n*est pas, comme nous le disait un jour un mallre éminent de la chirurgie^ pour tout le monde. Je suis tout à fait de cet avis; mais ce n*est pas une raison pour ne pas la faire. C'est pour cela que j*ai établi avec tant de soin les conditions dans lesquelles elle doit être faite, et je suis convaincu que, dans ces conditions etTexpérienee aidant, il n'y a aucune raison pour que la cure radicale ne donne aux autres les excellents résultats qu'elle ma donnés et ne restitue aune quantité considérable de sujets difformes un véritable état normal.
On verra, au chapitre des indications, que j'ai infiniment multiplié celles-ci. C'est, en effet, que l'expérience faite, il faut considérer l'opération d'une façon assez différente de celle qui avait été admise. L'avenir de la chirurgie des hernies est considérable, parce qu'il permettra de prévenir les accidents. Il ne convient donc pas d'attendre, pour intervenir, que les sujets aient des hernies énormes ou aient souffert longtemps pour leur faire des opérations médiocres et dangereuses. On peut sans doute, dans ces mauvais cas, intervenir pour apporter un soulagement. Mais il faut voir de plus loin. J'ai cherché à déterminer par le menu les cas où l'opération est sûre et donne des résultats vraiment utiles, et j'ai reconnu que les indi-