I-RÉPA DATION DtiS OPÉBÉj 49S
J'ai l'habitude de purger une ou plusieurs fois les sujets à opérer; je le fais toujourâ d'ailleurs pour toutes les opt^ratîons abdominales et m'orne pour la plupart de mes opi^ralions. Pour les heriiicux. cette pratique me parait plus utile enuorc. On vide ainsi l'intoi^tin, qui, chez beaucoup de sujets, se vide assez mal ; on s'assure de sa perméabilité.
Chei les enfants, celle purgatiun est plus nécessaire encore, et il faut priîter grande utlenlion à la présence possible des lielmînlbes chez eux. J'ai observé des accirleuis de haute gravité se rajiporlant il cette cause, et la fréquence de ces helminthes chez les enfants justifie celte précaution.
La purgalion, si utile avant l'opération, est bien plus utile encore «prés celle-ci. Aussitôt après l'opération, je fois purger le sujet. J'agis ainsi, du reste, pour tous les cas de chirurg;ie abdominale. Mais, pour la hernie, l'ulililé de celle mesure est tout particulièrement manifcslc. Comme pour les autres cas, oa simplifie les suites du chlorororme, les malades n'ont ni ballonnement ni douleur et les vomissements sont beaucoup plus rares et pins rouris. Mais, en outre, on s'assure ainsi imnii^diatcmcnt de la perméabilité de l'intestin. Or, j'ai appris par expérience que colle perméîibtlilé pouvait être altérée dans des circonstances diverses et il est très important d'en être assuré le plus tôt possible. Il ne faut pas oublier, en elTet, que le hernieus porte souvent, avec les lésions
-ilii.il Du.
PRÉI-Alt\TION DES OI'ÉltÉJ
I vitil. (les lésions unciciines qui peuvent i^tre I |iivfi ilissi milices ; le succi^s et surloul la 11' (In [inlieiit iiourraient ("-Ire compromis par la ïcm-c lie ces couipliciilions.
Il' fiiul pas, Jii leslc, (juc le cliirur^ieii s'exagère ii;!'!- eiïoctif do eus iiiativaîs ras. Toutes les fois ■ les ai observés, j'ai pu inlervenir et giiérif les
!■! Ji; seul cas mallioureu.\ que j'aie observé est i ciù je n'ai p:is (''ir' i)réveiiu du lout de la
; le Iraitement conséculif, j'altaclic égalemeot T's {rniiiiic impyrlauce à la diète. Quelque ses que soient les suilcs opératoires, je crois timeuUition du sujol ne doit pas èlre faite mont. On n'y gagne rien el on peut faii-c ik's accidents; aussi, ai-je l'Iiululude non seule-
TRAITEMENT GONSÉGlTIF 197
dehors (les vomissements chloroformiqucs, Topération
ne doit causer aucun incident fâcheux ou pénible. On
peut dire que les opér.s ne souffrent pas. Aussi,
remploi des remèdes pour eux doit ()tre bien rare-
Je n'utilise Topium ou la morphine que dans des cas
très rares. Il est bien exceptionnel qu'on fasse au sujet
une piqûre de morphine plus tard que le premier jour,
comme on le fait, du reste, pour calmer beaucoup
d*opérés et leur donner rapidement un peu de som-
meil.
Le seul accident qu on observe assez communément
et qui mérite tous les soins , c*est la rétention
d'urine. Elle est assez difficile à expliquer, mais elle
est commune et il y a lieu d'en être prévenu pour
prendre ses mesures en vue d'un cathétérisme pro*
prement fait, et, chez la plupart des sujets^ elle dure
peu; mais je Tai vue se prolonger pendant plusieurs
jours.
J*ai dit, à propos des complications, que celle que je
redoute le plus est la congestion pulmonaire. On
doit donc se préparer à la combattre. Or, ce que j'ai
vu de plus efficace avec la purgation immédiate, c*esl
lapplication d'un très grand nombre de ventouses
sèches, répétées souvent. C*estavec leur aide que nous
avons combattu les accidents les plus graves que
nous ayons observés, et toujours avec succès.
Les accidents de suffocation que Ton observe alors
ont une forme assez particulière. Ils s'accompagnent
i'.*8 l'REl'AnATION DES OPÉRÉS
sniivciil it'un ])oiiiL iloulourcux dans le cùté ou à IV|ii,L;yslro. Lapoïiilîoii assise, les ventouses, la piqûre ilo iii(i['[iliiiii>, soiil les pniici|)îiux moyens à opposer i"t ci's iicL'itIcnts.
.]<.' I(>.sni oliservûs prenant, chez quelques sujols, lu r<ii'nii> (le crises, comme dans l'asthme vrai, ût les niiiliiik's Olaictit aisément calmés avec un peu d'éther t't nue piqûre de morphine. II m'a paru que ces acciileiils rUiicnt plus communs avec les grandes résecliuiis i''pi{iloïqnes.
En s'immc, aucun de ces accidents n'a pris uq caracti'>re sérieux chez les sujets jeunes, atteints do )iernii''S peu volumineuses dans les conditions qu'on pi^ul dire moyennes et qui sont les v<5i*itablcs condiliiirM lie choix pour la cure radicale delà hernie. Mais il i>t sage de connaître toutes le? précautions h
r COKSECDTIP i'J9
lique, se trouvent miMaiigées avec loutesles licrnies. Elles appartiennent k la catégorie des plus graves laparotomies et, si on les abandonnait h elles-mCnies apr^s l'opération, la survie ne serait pas longue pour beaucoup fl'eiilre elles. Ce n'est qu'à force de soins et de surveillance qu'on arrive à les guérir régulièrement et sans complication inilamniatoire sérieuse.
Chez CCS sujets atteints do licrtiie grave, la surveillance du régime alimentaire est tout particulièrement importante. Ces malades ne dil^^rent pas. h cet égard, des femmes opérées de laparotomie pour des cas graves. Non seulement Je leur fais subir la première semaine de liiHe à peu pr^s complète, mais je les maintiens le plus longtemps possible au régime des aliments liquides, au lait, s'il est possible.
C'est pour ces sujets également qu'il faut Otre particulièrement sévère en ce qui coueerne le lever. Comme je l'ai dit plus haut, alin d'assurer la solidité de la cicatrice, j'impose régulièrement trois semaines de séjour au lit, ne dissimulant pas, du reste, que celle durée doit être insuflîsante pour les cas graves. D'un autre cûté. celle période est déjà longue pour les sujets obiises et emphysémateux qui supportent mal le Ut. .Vussi, la troisième semaine écoulée, on ne les maintiendra pas au lit plus que de raison. Mais on peut les faire lever sans marcher beaucoup el leur faire garder un repos relatif dans la position assise.
.■".00 PBÉPABATION DBS OrÉRÉS
En leur donnant une alimentation peu abondante, en los {lurgcniit fréquemment, on leur rend le repos plus facile à supporter et on leur fait gagner tout doucement le moment où leur cicatrice bien solide supportera les efforts de la marche ou les pelits it-coups (]ui peuvent survenir.
Eu co (|ui concerne le traitement de ces opérés, on pont cimsiilérer qu'au bout d'un mois le sujet rentre dans la vie commune. Il n'exige plus do soins spéciaux. La cicatrice, généralement petite, n'est pas cxubL-raiile. Le cordon cicatriciel profond dans la hernie inguinale peut conserver quelque temps une cei'taiite sensibilité. Il n'y n pas Heu de s'en préoccuper autrement. Toutefois, quand la cicatrice est };i'nssi; et un peu sensible, il est sage de la protéger (le larun à ce qu'aucun frottement ne vienne l'irriter.