‹ Chirurgie opératoire. Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deux cent soixante-quinze opérationsChapitre 96 sur 121 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

sujet et en repérant dans des conditions plus satisfaisantes. J*ai opéré des sujets en été, qu'il eût été impossible d'opérer en hiver. J'en ai opéré d^autres après les avoir soumis longtemps et patiemment à un régime qui m'a permis de faire disparaître toute complication pulmonaire actuelle.

En principe, on ne devrait faire d'opération que chez les jeunes sujets. Avant quarante ans, l'opération se présente dans les conditions les plus favorables. J'en ai néanmoins opéré un grand nombre plus &gés. Mais j'estime, quoiqu'ils aient guéri, que leur (ant pour cent de mauvaise chance devait (ftre sensiblement différent de celui des plus jeunes^ qui est absolument insignifiant.

Le gros volume des hernies ne passe dans la question de pronostic qu'après certaines questions d'adhérences et surtout après la question de la nature des viscères contenus.

Quant aux indications^ je crois qu'il ne faut plus les établir comme on l'a fait jusqu'ici. Pour les établir vraiment scientifiquement, il faudrait en quelque sorte prendre chaque sujet séparément, vu lextréme variété de ces sujets. Si on veut les considérer d*une manière générale, il faut diviser les sujets en deux groupes suivant l'âge. On peut faire deux groupes

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des hcrnieux de six ou sept ans à quarante ans» puis de ceux qui ont dépassé cet ftge.

On peut dire que, dans le premier groupe^ les sujets courent, du fait de la cure radicale des chances de mort extrêmement minimes. Aussi, pour eux, la cure radicale me parait devoir être la règle et ce sont plutôt les contre-indications que les indications qu*ii serait .utile de chercher, les contre-indications devant ^Ire de beaucoup les plus rares.

Pour ces sujets, il ne faut rejeter Topération qu en cas de cachexie, ou chez les individus présentant des hernies si petites qu'elles n'apportent aucune gtae ou que Topération serait impraticable, ou surtout chez les sujets dont les parois sont détestables, dont les hernies sont multiples et chez lesquels assurément l'opération n'aurait aucune chance de succès.

Ces réserves faites, il faut opérer toutes les hernies. Pour les unes, on devra presser lessujets, ceux dont les hernies ont des accidents actuels ou sont menacés d'accidents éventuels : hernies douloureuses irréductibles, incoercibles, les hernies qui s^engouent. Pour les autres cas, Turgcnce est moins marquée^ mais les bénéfices de l'opération ne sont pas moins évidents. Dans tous les cas, je ne vois aucune bonne raison pour refuser le bénéfice de l'opération à ceux qui sont porteurs des hernies.

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Après quarante ans, le danger de l'opération croit notablement, à moins que le sujet ne soit particulièrement vigoureux ; il faut ^tre un peu plus réservé et je ne conseille Topéralion que lorsque la hernie est manifestement gênante, incoercible ou douloureuse, ou lorsqu'elle menace d'accidents.

Chez les vieidards, il faut être encore bien plus parcimonieux, et je crois qu'il ne faut guère la faire si la vie du sujet n'est menacée plus ou moins prochainement, ou bien dans ces cas, assez, rares heureusement, où la hernie rend la vie insupportable.

En discutant les résultats de la cure radicale, il ne faut pas se placer seulement au point de vue de la maladie guérie ; il ne faut pas oublier non plus que si la cure radicale permet de soulager des douleurs, de remédier à une infirmité, elle permet aussi de remédier à une difformité grave.

Elle restitue au sujet une conformation à peu près normale qui lui rend des possibilités de travail et lui permet de reprendre comme valide dans la société des situations auxquelles il aurait dû renoncer. C'est un côlé considérable de la question, et je puis affirmer aujourd'hui qu'il est parfaitement résolu.

Des sujets ont été rendus aptes au service militaire , d'autres ont pu reprendre des travaux de

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force qu'ils auraient dû abandonner, ce qui éiquivalait pour eux à la misère. J'ai pu encore rendre à la vie commune, au mariage, dont leur infirmité les tenait éloignés, un bon nombre de sujets, hommes et femmes, dont la situation physique et morale a bénéficié de ce changement.

On ne peut dire toutefois que l'opération qui permet ces résultats est une opération simple^ ni que cette opération est exempte de dangers au sens propre du mot. La vérité est que cette opération grave peut être rendue inoffensive par une série de précautions assez difficiles à prendre constamment dans les circonstances extrêmement diverses qui accompagnent les hernies. Pour cette opération, comme pour beaucoup d'autres de la chirurgie moderne, on a tort de la présenter comme facile et non dangereuse, parce qu'on prépare des hécatombes de difformes qui seraient opérés sans les précautions ou sans les minuties qui font toute la solidité et toute la sécurité des résultats.

Pour faire cette chirurgie avec sécurité, avec des résultats positifs, il faut l'étudier et la pratiquer d'une façon spéciale, ainsi qu'on le fait pour toutes ies laparotomies.

Une intervention aussi puissante et aussi heureuse mérite bien une semblable application.

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