PROCÉDÉS SPÉCIAUX DE RÉDUCTION
Il peut arriver que, malgré la désinsertion large de la capsule et les tractions les plus énergiques, la tète reste sur le bord du colyle, et qu'il soit impossible de l'y faire pénétre.-. On cherche alors s'il n'y a pas quelque bride de la capsule qui résiste, on la reconnaît avec le doigt et sur celui-ci on en pratique la section au bistouri.
II arrive aussi de constater parfois l'existence d'une sorte de bourrelet ou de bride transversale entourant le col et formé par la capsule entraînée par la têté fémorale ; on sectionne ce bourrelet, on l'excise ou on le débarrasse avec la rugine ; on ne doit s'arrêter dans cette libération que quand le col fémoral est libre de toute attache et de toute bride adhérente.
FiG. -262. — Appareil de Doyen pour abaisser la tète du fémur et la placer dans la cavité du cotjle (Collin).
Si la tête semble arrêtée par le bord postérieur trop saillant du cotyle, on complète l'évidement en abrasant ce bord saillant.
Si c'est la tête fémorale qui résiste et qui refuse de se laisser abaisser, on peut recourir à la flexion et à l'abduction forcée du membre.
Doyen utilise pour les rédactions dans ces conditions un appareil mécanique puissant, très ingénieusement construit par Collin (fig. 262). Le petit opéré est couché sur une planche percée d'un certain nombre de trous, dans lesquels on peut enfoncer des quilles en bois destinées à fixer le bassin, et une sorte de pivot métallique (1). Sous le sacrum sont disposées en croix deux tringles de fer, destinées à permettre ultérieurement l'application facile du pansement.
La capsule incisée, on fixe solidement la périphérie du bassin avec les quilles, et on applique le pivot entre les cuisses du malade, fournissant un
(1) Ce dispositif est celui qui a été proposé par Farabeuf pour la réduction des luxations anciennes.
RÉDUCTION DES LUXATIONS CONGÉNITALES DE LA HANCHE
point d'appui au périnée, tandis que les pieds sont fixés dans des sorles d'étriers flexibles adaptés aux tringles eu fer.
On procède alors à la réduction. Le pivot présente deux douilles, dans Tune ou l'autre desquelles on peut introduire une lige d'acier à l'extrémité de laquelle est placée une sorte de cuiller munie d'un manche. Par la manœuvre d'une vis sans fin pourvue d'un volant, en même temps que par le manche de la tige, on peut rapprocher la cuiller ou l'écarter du plan médian; le manche de la cuiller lui-même glisse dans une douille, ce qui permet de la déplacer dans le .sens vertical.
Parla manœuvre de ces différentes pièces, on amène la cuiller au contact de la tête fémorale d'une façon tout à fait précise; on actionne alors le volant de façon à faire descendre la tête de haut en bas vers la cavité cotyloïde; lorsqu'elle est arrivée au niveau de celle-ci, on imprime, au moyen du grand levier, un mouvement de rotation au pivot, de manière à rapprocher la tête du plan médian ; si elle remonte un peu par le fait de ce mouvement, quelques tours de vis l'abaissent encore un peu. On arrive ainsi, par une série de petits actes successifs, à ramener peu à peu d'une façon tout à fait précise la tête en face du cotyle.
Dans le but de réintégrer directement la tète dans la cavité cotyloïde, on peut utiliser une sorte de levier aplati et légèrement excavé en forme de chausse-pied, qui, prenant point d'appui par son extrémité au fond du cotyle, représente un plan incliné sur lequel on force la tète de glisser, lorsqu'on abaisse le manche de l'instrument, et par le moyen duquel on la conduit jusqu'à la cavité cotyloïde; avec des manœuvres et des instruments simples, on arrive dans la majorité des cas à obtenir la réduction, et il est inutile de se servir de l'appareil fort ingénieux, mais trop compliqué, de Doyen, qui, par la multiplicité des manœuvres qu'il exige, expose à des fautes d aseptie. Ajoutons qu'au cours de ces tentatives, il faut parfois revenir à plusieurs reprises aux débridements et aux évidements osseux.
4" Soins consécutifs. — Le premier pansement reste en place un temps variable ; on doit le renouveler quand il se produit une élévation de température et dès qu'il est traversé par le suintement sanguin. On le change donc en général le 4'" ou Séjour.
On se borne à renouveler le pansement extérieur tout d'abord; le tamponnement de la plaie, sauf indications spéciales, ne doit être enlevé que quand on peut le faire sans provoquer d'écoulement sanguin, c'est-à-dire vers le 8' jour au plutôt.
Ahlalion de Cappareil plâtré. — Celui-ci est généralement laissé en place jusqu'à la 5^ ou G* semaine. Il peut être utile de l'enlever plus tôt et de lui substituer, au bout de quinze jours, un nouvel appareil dans la même altitude, qu'on laisse en place 2 à 3 semaines.