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CORSETS PLÂTRÉS INAMOVIBLES

des actions mécaniques violentes que nécessite le redressement forcé, on peut, dans les cas de ce genre, porter par les manipulations et les pressions manuelles le redressement aussi loin qu'il est possible de le faire et fixer alors le corps dans l'attitude partiellement corrigée qu'on a pu obtenir au moyen d'un corset inamovible qu'on laisse quelques semaines en place ; on l'enlève alors, on soumet le sujet à une nouvelle séance de redressement qui permet de pousser plus loin encore la correction de la déviation et qui est suivie de l'application d'un nouvel appareil plâlré. De séance en séance on parvient de la sorte à un résultat qui se rapproche de plus en plus du but à atteindre et qui est toujours assuré par l'application immédiate du moyen de contention permanent et rigide : c'est le redressement par étapes auquel nous conseillons d'avoir recours quand le traitement par les mouvements de mobilisation ordinaires, la gymnastique orthopédique, les corsets amovibles, tarde trop à donner une amélioration.

Que ce soit dans l'un ou l'autre de ces cas d'application, le corset inamovible plâtré s'applique comme le corset plâtré amovible, mais avec les modifications què voici :

a) Comme le sujet doit rester des semaines et des mois enfermé dans cet appareil, il faut que les soins de propreté préalables soient minutieux et poussés jusqu'à ce que l'on obtienne presque l'asepsie de la peau, pour éviter que l'appareil ne s'infecte rapidement et ne prenne de l'odeur.

6) La pression sur les points saillants du squelette se faisant toujours sentir aux mômes endroits pendant tout le temps du port de l'appareil, il est nécessaire de protéger davantage ces points en matelassant l'appareil au moyen de petits coussins disposés à cet effet dans son intérieur ; il est prudent surtout de revêtir l'enfant d'un jersey double avant d'appliquer les tours de bande plâtrés ; c'est également dans le corset inamovible que l'on place, ainsi que Sayre l'a recommandé, une couche épaisse de ouate sur les régions hypogastriques et sous-ombilicales, au moment où on

FiG. 83. — Grand appareil plâtré, inamovible, comprenant le cou 'et fixant la léte (Redard).

CORSETS ORTHOPÉDIQUES

applique l'appareil ; en enlevant ce coussin après la dessiccation du corset, on laisse au niveau de ces régions un espace libre suffisant pour permettre l'amplialion de l'abdomen pendant la digestion.

c) Le grand appareil plâtré entoure le cou, le maxillaire inférieur et l'occiput ; il prend sur ces derniers points un point d'appui qui s'oppose aux déviations de la colonne cervicale ; pour appliquer cette partie de l'appareil, on entoure la tète d'un passe-montagne épais ou doublé d'une couche de ouate, et, l'enfant étant placé dans la suspension verticale modérée, la traction s'exerçant uniquement sur la tète au moyen de bandes qui remplacent la mentonnière ordinaire de l'appareil de Sayre, on entoure le cou et la tète jusqu'aux oreilles de tours superposés de bandes plâtrées qui passent en sautoir sur les épaules en s'entre-croisant sur la ligne médiane du cou et de la nuque : on renforce ces couches circulaires au moyen d'attelles plâtrées ; il faut veiller à ce que les épaules soient dégagées, mais ne pas trop échancrer l'appareil au niveau des aisselles, qui doivent prendre sur lui un point d'appui (fig. 83).

d) On peut, sur ce corset plâtré, pratiquer au niveau de la gibbosité une fenêtre de dimensions suffisantes, pour exercer sur celle-ci une pression directe au moyen de pelotes ou de coussins ou de plaques superposées de feutre sur lesquels on agit au moyen d'une bande élastique. Cet artifice ôte à l'appareil quelque chose de la rigidité qui est la condition même de son efficacité.

e) Le principe même de la contention par un corset inamovible exige que celui-ci soit placé sur le tronc dans l'état maximum de correction que l'on peut obtenir ou même dans la sur-correction des difformités existantes ; c'est dire que cet appareil doit toujours être appliqué dans la suspension verticale, dont l'effet sera complété par des tractions exercées en sens inverse de ces déviations par les moyens que nous avons indiqués (i).

(i) Certains chirurgiens, comme Brun, pour employer un redressement plus énergique et plus complet, ont recours au chlorofoi'me et placent l'appareil plâtré sur l'enfant endormi dans la suspension et l'cdressé fiar des pressions directes. M'"e Nageolle-Wilbouchewilch fait observer que, dans ces cas, le réveil est pénible, que l'enfant reste cyanose pendant plusieurs heures et que la gène est si grande qu'il faut souvent le surveiller pendant des jours entiers ; le petit malade finit cependant par se faire à sa carapace et il la supporte le plus souvent fort bien, sans que les fonctions essentielles en soient entravées ; mais c'est dire avec quelle réserve il faut recourir à un mode d'application du corset qui entraîne de semblables inconvénients immédiats.

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