RAIDEURS TRAUMATIQUES DU GENOU
laires est permise et où elle doit être recherchée, il ne faut pas se faire d'illusion sur son résultat qui, trop souvent, est absolument négatif. A la suite des arthrites blennorragiques, de certaines arthrites rhumatismales, d'arthrites suppurées puerpérales, grippales ou autres, quand tous les phénomènes inflammatoires sont éteints, il reste parfois un certain degré de
FiG. 35o. — Bicyclette 'orthopédique ; appareil Courtault et Vermeulen. Mouvement par force centrifuge. Mobilisation passive des hanches et des genoux. L'amplitude du mouvement est réglée séparément pour chaque jambe.
mobilité du genou qu'il semble devoir être facile d'augmenter ou, tout au moins, de conserver; et cependant, malgré les soins les mieux conduits, l'ankylose se complète peu à peu ; mais comme celte évolution vers l'ankylose finale n'est pas une règle absolue, il n'est pas moins indiqué de chercher à conserver et à accroître par tous les moyens possibles les mouvements qui existent encore.
Pour amener à résolution les restes de l'inflammation qui a déterminé l'ankylose, il sera bon de recourir à un traitement thermal particulièrement actif. Les boues chaudes de Dax, de Saint-Amand, deCarlsbad, de Marienbad, 1 es bains de sable de Lavey ont, à cet égard, une efficacité toute particulière ;
MOBILISATION DES ANKYLOSES INCOMPLÈTES
on peut les prescrire à toutes les périodes du traitement, principalement lorsque Tankylose incomplète a été la conséquence d'une arthrite rhumatismale.
Les tentatives de mobilisation sont conduites méthodiquement d'après les règles déjà tracées, avec beaucoup de mesure, pour ne pas déterminer une réaction trop violente, mais en cherchant à gagner un peu, à augmenter petit à petit l'amplitude des mouvements ; on laisse ensuite le malade au repos pendant quelques jours, puis on procède à de nouvelles tentatives.
De tous les genres de mobilisation, le plus efficace est celui que le malade pratique lui-même en exerçant les mouvements actifs dont l'articulation enroidie est encore douée par la contraction des muscles qui la desservent. Ces séances de mobilisation active, complétées par le massage et par l'électrisation des masses musculaires, peuvent être associées avec profit à l'emploi des appareils mécanothérapiques que nous avons décrits (fig. 347 et 348).
Bien souvent ces tentatives échouent complètement : elles sont suivies d'une réaction inflammatoire qui oblige à les arrêter ; et, quand on veut les reprendre, on constate que, loin d'avoir gagné, le genou a perdu 'de sa mobilité.
Dans les arthrites infectieuses où il n'y a pas lieu de redouter le réveil de la diathèse et l'éclosion d'une nouvelle poussée, comme ce serait le cas s'il s'agissait de tuberculose, on peut essayer de la rupture des adhérences sous chloroforme.
La cuisse étant solidement fixée, on imprime des mouvements de flexion brusque à la jambe ; la sensation de résistance vaincue, l'augmentation de l'angle que peut faire la jambe avec la cuisse et l'amplitude plus grande des mouvements qui sont immédiatement possibles, s'accompagnent de craquements plus ou moins gros et multipliés qui annoncent qu'un certain nombre des adhérences articulaires ou péri-articulaires a cédé. Ces craquements sont quelquefois tellement violents que l'on peut croire qu'une fracture s'est produite; puis le membre est replacé dans une gouttière. Des douleurs vives, le gonflement du genou, persistant plusieurs jours, témoignent de l'importance des ruptures qui se sont produites dans l'ankylose.
Mais, quand cette période inflammatoire s'est éteinte et que les douleurs ont disparu, on constate, lorsqu'on sort le membre de la goultière, que l'on n'a rien gagné; les adhérences se sont reproduites, et l'on se trouve en présence d'une ankylose aussi serrée et même plus étroite qu'avant l'intervention. Cet insuccès de la mobilisation brusque est presque la règle quand il s'agit de raideurs consécutives à une arthrite blennorragique.
Malgré ces échecs, on ne saurait renoncer à ces tentatives qui donnent de