TRAITEMENT DES TORTICOLIS SYMPTOMATIQUES
dienne, et que ses bords correspondent aux deux bords de la surface cruentée du cou sur laquelle il s'applique par sa face saignante.
Le lambeau taillé de la sorte est d'une vitalité moins assurée que celui de la nuque ; il s'adapte moins bien à la surface d'avivement ; sa dissection laisse des traces plus visibles : on ne doit y avoir recours qu'en cas de nécessité.
Quand on a remédié par une opération autoplaslique à la déformation produite par une cicatrice vicieuse du cou, il ne faut pas oublier de recourir à la mobilisation précoce et très active de la région pour maintenir et rendre durable le bénéfice quel on a obtenu.
|2. — Traitement des autres variétés du torticolis symptomatiquc
Le traitement des autres variétés du torticolis symptomatiquc n'est pas du ressort de l'orthopédie. Dans ce qu'on a nommé le torticolis osseux ou arti culaire, ce n'est pas la déformation que l'on traite, c'est la cause, c'est l'ar- Ihrile cervicale, la tuberculose vertébrale ; nous n'avons pas plus à décrire les moyens qu'on emploie contre celles-ci que ceux qui sont en usage contre le mal de Polt en général. Si la maladie guérie laisse une déviation cervicale, ce n'est qu'avec les plus extrêmes précautions qu'on cherchera à In pallier principalement avec des appareils de soutien.
A plus forte raison n'avons-nous pas davantage à décrire le traitement du torticolis spasmodique, du tic rolatoire. Sa nature, sa pathogénie même sont des plus obscures, et l'on discute encore si, à côté des formes spasmodiques proprement dites, il n'existe pas un torticolis mental, véritable psychose relevant de la psychiatrie plus que de la chirurgie (Brissaud). La supériorité que celle-ci s'adjuge dans le traitement du torticolis spasmodique est d'ailleurs plus que douteuse.
Jusqu'à présent, si l'action des antispasmodiques est restée le plus souvent inefficace, si le traitement par les massages et les appareils n'a guère donné de succès, les opérations n'ont guère mieux réussi. La section, la résection., Vélongation du nerf spinal, soit par voie rétro-mastoïdienne (Campbell, Filiaux, Morgan), soit par voie anté-mastoïdienne (Annandale, Ballance, Francis Owen, Noble Smith, Southam), n'ont, d'après les statistiques réunies par Kalmus ^ et par Isidor % guère donné de résultats complets. Souvent il a fallu lui associer la section ou la résection, difficile, dangereuse parfois et très incertaine, des premiers nerfs cervicaux (Letiévant, Gardner et Gilles,
» E. Kalmv^, Beilrafje z. klin. Chirurgie, igoo, t. XXVI, p. 189. 2 C. IsiDoii, Elude du torticolis spasmodique. Thèse Paris, 1896.
TRAITEMENT DES AUTRES VARIÉTÉS DU TORTICOLIS SYMPTOMATIQUES l5ç)
Weir Mitchell et Keen, Noble Smith, Barker, Pow ers, Wôlfler). Ces opérations seront décrites dans le fascicule consacré aux interventions sur le système nerveux.
Dans ces derniers temps, Kocher a attaqué le torticolis spasmodique par la section de tous les muscles que met en jeu le tic rotatoire, slerno-inastoïdien, trapèze, splénius et même parfois par celle du grand complexus et du grand oblique de la tête i. Les délabrements que produit ce mode d'intervention ne nous paraissent pas compensés par ses résultats ; comme les précédents, d'ailleurs, il ne s'applique qu'au syndrome clinique. « Quels fonds, dit M. Brissaud, peut-on faire d'une opération qui s'attaque à une névrose de localisation variable? Chez tel malade le spasme s'est transporté en quelques semaines du côté droit au côté gauche ; chez presque tous les autres, sinon chez tous, il se propage, par instants, soit vers la face, soit vers le membre supérieur. Où s'arrêteront les sections musculaires ? » On a d'ailleurs vu le tic spasmodique persister, quoique amoindri, après la résection de tous les muscles de la nuque et du côté gauche du cou, avec interposition de gaze iodoformée dans les incisions ; Nové Josserand, qui cite ce fait, se demande si, pour obtenir une guérison complète, il ne serait pas nécessaire « de répéter deux ou trois fois cette opération, ainsi que Kocher l'a proposé ». Quelle que soit d'ailleurs la méthode à laquelle on ait recours, il s'agit non plus de la correction d'une ditïormité, mais du traitement d une véritable névrose qui n'a de rapport que par son nom avec le torticolis essentiel, le seul qui relève de la chirurgie orthopédique.
1 De Quervai.n, Le Irailement chirurgical du torticolis spasmodique d'après la méthode de Kocher. Semaine médicale, 1^96, 11° 5i.