TRAITEMENT DU TORTICOLIS CICATRICIEL
A partir de la nuque, on dessine sur Ja région scapulaire un vaste lambeau quadrilatère, dont le sommet, tourné en bas, descend au-dessous de l'épine, quelquefois jusqu'au niveau de la pointe de l'omoplate ; de ses bords verticaux, l'interne correspond à la région spinale, longeant de plus ou moins près la ligne des apophyses épineuses vertébrales ; l'externe aboutit à la plaie d'avivement du cou vers le bord externe du trapèze ; la base de ce lambeau (son pédicule) est située en haut à la partie supérieure de la nuque.
On dissèque ce lambeau, on le relève en comprenant avec lui tout le tissu cellulaire sous-cutané et même de l'aponévrose, mais en évitant d'intéresser les muscles, le trapèze principalement, et on lie les nombreux ramuscules artériels que l'on a divisés.
5° On relève le lambeau, on l'applique par sa face cruentée sur la perte de substance du cou à laquelle il doit correspondre à peu près par ses dimensions, soigneusement calculées d'avance. On le fixe dans sa situation nouvelle par un grand nombre de points de suture au crin de Florence.
6° Enfin l'opération, qui doit être conduite avec toutes les minutieuses règles de la méthode aseptique, est terminée par l'application d'un pansement stérilisé et compressif. La plaie d'emprunt a été auparavant fermée aussi complètement que possible par la suture.
Nous avons obtenu par ce moyen des résultais vraiment merveilleux dans les cas les plus graves de déformation cicatricielle du cou consécutive aux brûlures, aussi ne saurions-nous trop en recommander l'emploi.
Quand le lambeau postérieur ne suffit pas ou qu'il n'est pas applicable au cas dont ils'agit, on peut lui associer ou lui substituer un lambeau antérieur, taillé suivant les mêmes règles sur la région préslernale ou sur la région sous-claviculaire. C'est principalement dans le cas de cicatrices occupant toute la région médiane sus et sous-hyoïdienne qu'on peut être obligé d'y recourir.
En ce cas, après avoir corrigé l'ectropion de la lèvre inférieure, qui existe presque constamment, par la méthode italienne, dans une série d'opérations antérieures, on divise transversalement la cicatrice, au niveau de la région sus-hyoïdienne, d'un des angles de la mâchoire à l'angle opposé ; sur cette incision transversale, on fait tomber une incision verticale médiane, prolongée jusqu'à la région sternale. On dissèque, on écarte les bords de celte incision de manière à rendre au cou toute sa liberté et à transformer toute la région médiane antérieure en une vaste surface cruentée.
C'est pour combler celle-ci que l'on dessine sur la région sternale un lambeau en forme de quadrilatère allongé, dont la base correspond à l'une des régions sous-claviculaires, dont le sommet, obliquement dirigé, est pris sur la région mammaire opposée. Ce grand lambeau oblique, disséqué et relevé avec le tissu cellulaire qui le double, est infléchi et retourné de telle sorte que son sommet, dirigé en haut, vienne s'adapter à l'incision sus-hyoï-