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CHAPITRE II

TRAITEMENT DES DÉFORMATIONS CICATRICIELLES DU BRAS, DU COIDE ET DE L'AVANT-BRAS

Indications. — Les indications thérapeutiques varient dans ces cas suivant la forme, le siège et l'étendue des cicatrices.

On peut être amené à intervenir parce qu'il s'agit d'une brûlure presque totale et circonférencielle du membre supérieur, déterminant un véritable étranglement qui favorise les atrophies musculaires, les troubles trophiques de toute espèce; ou bien ce sont des ulcérations qui se forment sur la cicatrice; enfin, ce peut être une pseudo-ankylose cicatricielle du coude déterminée par une bride fibreuse fixant l'avanl-bras au bras par une sorte de palmure antérieure.

Il ne faut jamais tenter de remédier aux troubles consécutifs à ces diverses lésions par des opérations telles que de simples sections de brides. Lors(|u'il existait une bride tendue, par exemple, maintenant l'avant-bras fléchi sur le bras, et que celle-ci n'était ni trop large, ni trop épaisse, on a cru pouvoir obtenir un résultat satisfaisant en sectionnant en travers cette bride et en réunissant ensuite longitudinalement les bords de la perte de substance losangif[ue créée par leur écartement. Il est bien rare qu'il soit possible d'obtenir un redressement durable par un procédé de cet or(he.

Une incision de la bride en forme de V qu'on laisse remonter pour réunir ensuite en Y la pointe de cette incision est tout aussi insuffisante.

Pour remédier aux cicatrices puissantes, comme celles qui déterminent les pseudo-ankyloses du coude, il faut sectionner très largement la bride en divisant tous les tissus fibreux et en avivant de tous côtés dans les tissus sains et mobiles : telle est la première condition à remplir pour supprimer la traction exercée par la cicatrice sur les téguments du voisinage; mais alors il se produit, par suile de récartement des bords de l'incision large et j)rofonde que l'on esl amené à faire, une perte de substance toujours très vaste et <(U('](|uefois énoi me, qu'il s'agit de combler.

Comme en pareille circonstance on ne saurait trouver sur le membre la

TRAITEMENT DES DÉFORMATIONS CICATRICIELLES DU liRAS

matière nécessaire à la réparation, il faut l'emprunter ailleurs; les greffes' épidermiques ou dermo-épidermiques sont presque toujours insuffisantes ài remplir ce but. Si elles peuvent hâter la réparation de la plaie et diminuer, par conséquent, la tendance ultérieure à la rétraction de la surface qu'elles recouvrent, leur efficacité est à tout autre point de vue très limitée, et l'on voit en général, malgré leur emploi, la déformation cicatricielle se reproduire. On a pourtant signalé (Delbet) de bons résultats obtenus par le recouvrement de toute la perte de substance avec des grelfes de Thiersch, mais ces cas favorables doivent être considérés comme tout à fait exceptionnels.

Pour combler ces énormes pertes de substance consécutives à la libération des cicatrices vicieuses du coude, il faut avoir recours à Tautoplastieparla mélhode italienne de Tagliacozzi, ancienne méthode appliquée d'abord à la seule restauration de la face, modifiée dans son application à la rhinoplastie par Cari Ferdinand de Grtefe, oubliée depuis lors et reprise après plus de cinquante ans d'intervalle, modifiée et réglée dans tous ses détails' par l'un de nous; cette méthode est aujourd'hui d'une application tout à fait générale à la restauration des pertes de substance auxquelles ne suffisent pas les procédés ordinaires d'autoplastie.

Aiitoplastie par la mélhode ilalienne modifiée.

Cette méthode a pour but de combler les pertes de substarice, plus ou moins étendues, d'une région, au moyen de lambeaux taillés sur une région éloignée et laissés adhérents par leur pédicule à leur origine jusqu'à leur parfaite adhésion à la surface qu'ils sont destinés à recouvrir. L'application de la méthode d'autoplaslie italienne à la cure des cicatrices du coude et aux pertes de substance étendues du membre supérieur est peut-être celle qui donne les résultats les plus brillanls.

Nous rappelons seulement les conditions essentielles auxquelles doit satisfaire une autoplastie par la méthode italienne : il faut que la partie sur laquelle on emprunte le lambeau puisse être amenée et maintenue facilement au contact de celle sur laquelle siège la perte de substance ; il faut qu'elle puisse supporter sans en souffrir la perte de substance produite par la dissection du lambeau ; il faut même, s'il est possible, que cette perte de substance, ou plaie d'emprunt, puisse être fermée par la suture et se réunisse par première intention, de manière à éviter les cicatrices et les déformations qui pourraient en être le résultat. Il faut que la peau de la région à laquelle on emprunte ses téguments ressemble comme coloration, souplesse, à celle de la parlie sur laquelle on la transplante, qu'elle ne soit pas trop abondamment recouverte de poils. Il faut, enfin, que par un appareil très simple on puisse maintenir dans leurs situations réciproques, sans que le

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