CHAPITRE PREMIER ANKYLOSES INCOMPLÈTES — MOBILISATION DU COUDE
Dans les ankyloses incomplètes, consécutives à une affection articulaire non tuberculeuse, à une lésion traumatique, h une arthrite infectieuse, le traitement varie suivant le degré de la roideur articulaire et suivant l'attitude du membre.
La première indication est de ramener le membre dans la flexion à angle droit, quand il se trouve dans une attitude plus ou moins proche de l'extension complète ; on peut y arriver graduellement, par l'accroissement progressivement obtenu des mouvements qui existent encore. Cette mobilisation s'obtient par la gymnastique articulaire, aidée du massage, des douches chaudes et de l'éleclrisation des muscles. Celle-ci n'intervient que quand il y a de l'atrophie musculaire ; l'usage des courants continus de moyenne ou de faible intensité, joint à l'excitation faradique des groupes musculaires atteints par l'atrophie peut alors rendre de réels services ; les muscles du groupe antéro-interne de l'avant-bras, qui dégénèrent plus rapidement que les autres, méritent à cet égard une attention particulière. On ne saurait trop insister sur l'emploi des douches chaudes prolongées, appliquées sur l'articulation malade et dont on devrait toujours faire précéder les séances de massage ; les cures thermales, complétant le traitement, pourront être utilement prescrites. Le massage doit être pratiqué sur les muscles rétractés ou contracturés qui inmiobilisent l'articulation, et sur l'articulation elle-même, sous la forme d'abord de massages circulaires, en bracelet, de
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massage aneslhésiant, puis de massages profonds, consistant en des pressions faites avec insistance et une force graduelle au moyen des pouces, fouillant les interstices musculaires et les contours de Tarticulation. On associe aux massages les mouvements communiqués ; la mobilisation manuelle, succédant à une douche chaude prolongée et à une séance de massage superficiel d'abord, puis de foulage avec les pouces, est le moyen le plus sûr pour favo-
FiG. i65. — Appareil de Krukenberg : llexion et extension actives de l'avant-bras.
riscr le retour des mouvements : on procède par petits coups, en allant chaque fois jusqu'aux limites de la flexion possible sans exercer de douleur vive, en s'arrêtant ou en diminuant l'amplitude des mouvements communiqués, quand ceux-ci déterminent une sensibilité qui ne disparaît pas aussitôt après la séance de mobilisation.
Dans ces mouvements communiqués avec les mains, on entend parfois des craquements se produire : ce sont des adhérences articulaires ou périarticulaires que l'on vient de rompre ; si la douleur provoquée par ces ruptures partielles n'est pas considérable, on peut continuer la séance de mobilisation, que l'on termine toujours par quelques minutes de massage superficiel en bracelet.
On peut remplacer la mobilisation manuelle par l'emploi d'appareils mécaniques, dans lesquels la flexion et l'extension du coude sont exercées par des
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leviers munis de contrepoids, suivant le principe de Krukenberg (fig. i65) ; ces appareils peuvent servir à exercer les mouvements passifs de l arliculationet les mouvements actifs, auxquels les contrepoids dont ils sont pourvus opposent une résistance calculée de manière à développer leffort musculaire utile. Dans les établissements où est appliquée la méthode mécanothérapique de Zander, ces appareils permettent aux malades de mobiliser
Vie. lOG. — Appareil de Ilerz : mou\enient automatique ; mobilisation du coude.
eux-mêmes leurs jointures, sous la surveillance plus ou moins éloignée du chirurgien (fig. 166).
Dans l'intervalle des séances de mobilisation et de massage, le sujet atteint de roideur du coude peut agir lui-même, pour gagner dans le sens de la flexion ou dans celui de l'extension, au moyen de tractions prolongées exercées par des poids ou par des lacs élastiques ; pour favoriser Textension, on se borne à porter ù la main, pendant un temps plus ou moins long, des poids gradués placés dans un mouchoir que l'on fixe au poignet ; pour exercer la flexion, le malade tient une poignée se rattachant à une corde qui, passant i)ar-dossus son épaule, va se réfléchir sur une poulie placée derrière son dos et qui supporte ù son extrémité des poids dont on augmente |gra-