ALTOPLASTIE PAR LA METHODE ITALIENNE MODIFIEE
cile à supporter, et le bénéfice résidant dans l'épaisseur plus grande des téguments postérieurs du tronc n'est pas suffisant pour justifier ce surcroît de fatigue, si ce n'est chez les sujets très jeunes, qui le supportent aisément.
Pas plus que les autres procédés, celui-ci ne donne une garantie absolue contre les récidives, mais nous n'avons vu qu'une fois la rétraction se reproduire après cette opération, et la plupart des résultats que nous avons obtenus ont été très bons, quelques-uns même brillants (fig. 21 5 et 216) ; nous avons éprouvé quelques insuccès dans des cas où la rétraction, très prononcée et très étendue, s'était propagée de l'aponévrose aux gaines fibreuses des tendons fléchisseurs, qui se trouvaient elles-mêmes rétractées.
FiG. 2i5. — Traitement de la rétraction de l'aponévrose palmaire par l'autoplastie (méthode italienne]. État du malade avant l'intervention.
Pour obtenir l'extension des doigts, dans les cas de ce genre, il nous fallut non seulement débrider ces coulisses fibreuses, mais en exciser même une partie ; les doigts purent alors être replacés dans l'extension, mais les tendons, privés de leurs moyens de glissement, contractèrent des adhérences avec les parties environnantes et à la rétraction succéda une roideur plus ou moins notable dans l'extension.
Somme toute, il s'agit d'un mode d'intervention assez considérable, qui n'est destiné qu'aux cas de rétraction étendue de l'aponévrose palmaire ; quand la rétraction est circonscrite à une partie restreinte de l'aponévrose, on peut essayer de procédés plus simples, tels que ceux de Trélat ou de Busch ; en cas de récidive on aurait recours à la méthode autoplastique.
RÉTRACTION DE l' APONEVROSE PALMAIRE
Il est aussi des cas où rabslension s'impose : tels sont ceux où la rétraclion n'apporte pas d'obstacle à l'exercice de la profession, tels sont aussi ces faits de rétraction bilatérale qu'on voit se développer chez des sujets Agés, particulièrement chez des femmes, sous l'influence de l'arthrilisme.
Quand on est consulté dès les débuts de l'afTection, avant qu'il n'y ait de flexion permanente des doigts, mais que l'on constate seulement l'adhérence de la peau à l'aponévrose au niveau des plis palmaires, les petits enfonco-
Fk;. 21G. — Le même sujet après l'auloplastie : L, L, lambeaux empruntés au tronc et transplantés sur la paume des mains; résultat constaté après plusieurs années (P. Berger).
ments circonscrits qui en sont la conséquence, les épaississements et les nodosités qui indiquent la sclérose commençante des tissus fibreux, on peut s'efforcer d'enrayer la marche des lésions par des bains locaux, des douches chaudes et des douches de vapeur, des A^aporisalions et des applications émollientes employées d'une manière répétée et soutenue sur la région malade. Le port habituel de gants ou de mitaines rembourrés, protégeant la paume de la main des ouvriers astreints à des travaux manuels pénibles, peut également rendre quelques .services en supprimant les causes locales d'aggravation de la maladie.
ARTICLE VIII