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CHAPITRE II

POLYDACTYLIE

§ 1 . — Doig'ts surnuméraires.

Lorsqu'il y a un doigt supplémentaire, souvent gênant, toujours disgracieux, rien n'est plus simple que de le supprimer; on ne s'explique guère que les auteurs conseillent de conserver les doigts surnuméraires lorsqu'ils sont bien conformés et qu'ils prolongent la série normale. Dans ce cas même, nous sommes d'avis de faire disparaître une malformation qui est une véritable tare pour celui qui la porte. Si le doigt supplémentaire est bien conformé et tout à fait semblable à ses congénères, il y a généralement lieu alors de choisir, pour la suppression, le doigt le plus voisin du boi'd cubital de la main.

Si, au contraire, un des doigts est malformé et s'il gêne l'action des doigts voisins, c'est celui-là qu'il faut sacrifier sans hésitation, quel que soit son rang.

§ 2. — Bifidité du pouce.

A côté de la difformité qui consiste dans la présence d'un doigt supplémentaire, il faut en placer une autre, qui n'est qu'un degré moindre de la précédente et qui consiste dans la bifidité d'un doigt.

Cette lésion, qui siège surtout sur le pouce, se caractérise par la présence de deux phalanges terminales.

L'une d'elles est généralement malformée, incomplètement développée et située dans l'abduction par rapport à l'axe du doigt; c'est elle qu'il faut supprimer.

Jadis, redoutant les accidents d'arthrite suppurée consécutifs à la désarticulation de cette phalange supplémentaire, les chirurgiens en pratiquaient l'amputation dans la continuité. Cette manière de faire n'était pas sans

APPENDICES DIGITIFORMES

inconvénients, puisque on laissait sur le côté du doigt un petit noyau osseux, lequel, si l'opération était pratiquée chez un enfant, comme c'est le cas habituel, s'accroissait par la suite et reproduisait une véritable petite corne gênante et disgracieuse, dont l'existence a pu faire croire à la repullulation des doigts surnuméraires.

Il n'y a plus aucune raison aujourd'hui, sous le couvert de l'antisepsie, pour ne pas pratiquer la désarticulation totale de la phalange supplémentaire. On se conduii^ait de même s'il s'agissait non pas d'un pouce bifide, mais d'un pouce double, composé de deux pouces complets, pourvus chacun de deux phalanges, dont la première fut articulée avec la tète du premier métacarpien. En pareil cas, on doit comparer avec soin la disposition anatomique, la forme et l'utilité fonctionnelle de l'un et de l'autre pouce, avant de décider celui sur lequel doit porter le sacrifice.

§3. — Appendices dîg"îtîformes.

Il est encore un degré moindre de la difformité ; celle-ci réside uniquement dans l'existence d'un petit bourgeon charnu, sans squelette, appendu au côté interne du doigt, qui est toujours l'auriculaire.

Ces petits bourgeons s'enlèvent sans aucune difficulté, quelquefois leur pédicule est si petit et si mince qu'on pourrait être tenté de les faire tomber d'un simple coup de ciseaux; mais il faut savoir qu'ils possèdent une circulation très active et que l'on pourrait s'exposer à une hémorragie sérieuse si l'on ne faisait pas la ligature du petit vaisseau qui aborde leur pédicule.

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