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FORMES COMMUNES DE LA SYND.VCTYLIE CONGÉNITALE

étant absolument accolés par les téguments, qui passent directement de l'un sur l'autre.

Quand il s'agit d'une palmure lâche, il semble qu'il doit suffire de la sectionner au bistouri dans toute son étendue pour obtenir, une fois la cicatrisation effectuée, la libération des deux doigts.

Il n'en est rien ; on sait que cette méthode échoue presque toujours; la cicatrisation se fait à partir de l'angle de division de la palmure et, de proche en proche, la fusion se rétablit.

Pour éviter cette reconstitution cicatricielle de la palmure, appliquant dans l'espace interdigital des bandelettes de diachylon destinées à empêcher la réunion des parties molles de cet espace d'un côté à l'autre, Amussat renouvelait tous les jours les sections de l'espace interdigital.

Rudtorfer faisait, à l'emporle-pièce, au niveau de la commissure interdigitale, un trou dans lequel il plaçait un filde plomb qu'il laissait en place jusqu'à ce que la cicatrisation fût effectuée. Puis il sectionnait toute l'étendue de la palmure, espérant que la commissure étant épidermisée, la fusion ne se reproduirait pas.

Ces procédés n'ont donné que des résultats insuffisants.

Velpeau réalisa un grand progrès en suturant sur chaque doigt les surfaces de section dorsale et palmaire de la palmure.

Ce procédé peut donner d'excellents résultats lorsque la palmure est large ; mais il est rare qu'il soit applicable, car il est impossible, lorsque la palmure est très serrée, de recouvrir de la sorte, sans exercer une traction considérable, les surfaces de section ; les bords de la réunion s'écartent, les sutures coupent les téguments et les faces opposées des doigts, en contact par des surfaces cruentées, se soudent de nouveau.

Le procédé de Zeller consistait à tailler sur la face dorsale des deux doigts un lambeau triangulaire dont le sommet correspondît au niveau des premières articulations interphalangiennes et dont la base s'étendît jusque vers la partie moyenne des doigts fusionnés au niveau de leur articulation avec les métacarpiens correspondants (fig. 219). Le lambeau était disséqué et relevé, on traversait avec un bistouri le reste des parties molles, jusqu'à la face palmaire, et on venait fixer à l'angle terminal de l'incision palmaire ainsi pratiquée la pointe du lambeau dorsal.

Grâce à cette petite autoplastie, on gai^nissait d'un tégument épais et résistant la commissure interdigitale, tout en laissant la large perte de substance des parties latérales des doigts se cicatriser par bourgeonnement secondaire.

Félizet a modifié ce procédé, en taillant d'une façon analogue deux lambeaux : l'un dorsal, dont la base correspond aux articulations métacarpo-phalangiennes des doigts fusionnés; l'autre palmaire, tourné en sens inverse, à base inférieure correspondant à l'articulation interphalangienne de ces

THAITEMENT DE LA SYNDACTYLIE

doigts. Ces lambeaux sont disséqués par leur face profonde et rabattus, l'un

FiG. 219. — Traitement de la syndaclylie. Procédé de Velpeau. P, le lambeau palmaire rabattu sur la surface résultant de la séparation des doigts. Procédé de Zeller ; — abc, surface avivée par la dissection du lambeau triangulaire bcd, dont la pointe sera passée au travers de l'incision pratiquée au fond du triangle abc.

FiG. 220. — Procédé de Félizet : dis- Fig. 221. — Procédé de Félizet : dispoposition du lambeau dorsal D. sition du lambeau palmaire P, taillé en

sens inverse du précédent.

d'arrière en avant, l'autre d'avant en arrière, dans l'espace interdigital, où ils

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